
Dans le rêve, je suis avec des connaissances dans une ville inconnue, je les perds de vue et comme je n’ai pas noté leur numéro de téléphone, j’erre par les rues, le temps passe et je ne sais pas ce que je vais devenir
mais la première image, au réveil, c’est celle, bien réelle quoique surréaliste, captée l’autre jour par une caméra en Suisse, sur le lieu fort luxueux des négociations entre les Etats Unis et l’Iran : tout ce beau monde était à se saluer comme des bons copains se retrouvant après les vacances, sauf pour le vice-président américain, JD Vance, supposément envoyé pour résoudre les questions qui fâchent. Il était au fond de la scène, l’air désemparé, ignoré de tous et, se croyant hors de vue des caméras sans aucun doute, il se curait le nez d’un doigt rapide, puis l’essuyait sur le fauteuil le plus rapproché. L’humoriste Jon Stewart a diffusé la scène, je suppose qu’elle a fait le tour des réseaux sociaux.
Minables, des temps minables. Salut à vous, ô puissants. Et cette déclaration par ce même “grand homme”, rapportée par Haaretz, dans le style “ouais, un de nos gars va passer du temps avec un des gars des gardiens de la révolution pour régler les questions qui fâchent”. “Un de nos gars” avec un des gardiens de la révolution islamique iranienne, ils vont “passer du temps” ensemble, en bons copains, vous allez voir, des problèmes, moi, je n’en connais que les solutions. Et de me curer le nez lors d’une rencontre officielle où tout le monde m’ignore et je crois ne pas être dans l’angle de la caméra.
Pendant que la Cour Suprême s’aplatit comme une crêpe devant les décisions d’un président voyou. Oui, bien sûr allez, qu’il annule la protection temporaire des réfugiés haïtiens et syriens aux Etats-Unis, aucun souci malgré ses propos racistes à leur endroit et les mensonges qu’il a repris de ce même vice-président, racontant que ces réfugiés mangeaient les animaux domestiques des braves américains, des bons américains, ceux-là même que décrivait le roman de 1958, sous le titre de The Ugly American. Sans oublier cette même Cour Suprême approuvant le refus d’accorder l’asile à des gens craignant pour leur vie, puisqu’ils ne sont pas encore “arrivés dans le pays” quand le garde-frontière leur interdit l’accès.
Ne souhaitant pas être en reste, sans doute, des représentants de l’Union Européenne viennent de rencontrer des représentants des talibans à Bruxelles, en prévision du renvoi de réfugiés afghans dans leur pays. Je pourrais continuer, la liste des horreurs grandit tous les jours. Alors, perdue dans une ville inconnue, avec un téléphone mais sans numéro pour contacter les gens que je connais, comme image, ça peut le faire.
Oh, et tant qu’à y être: jeudi, lorsque mon voisin m’a offert un transport par véhicule jusqu’au supermarché “discount”. À l’intérieur, le passage dans l’une des allées était bloquée par le caddy énorme de deux femmes occupées à détailler la liste des ingrédients sur des pots de confiture. “Non, pas celle-ci”, a décrété l’une d’elles, “ça dit que les myrtilles sont d’origine de l’Europe de l’est, de Scandinavie et de France”. Ah, braves françaises qu’elles étaient, pas question d’ingérer de ces myrtilles “étrangères” ! D’après leur apparence, je dirais que ces deux femmes voteront pour le petit bellâtre de l’extrême droite plutôt que pour le Roi des Gros Grognons de la gauche aux prochaines élections mais, d’une façon ou d’une autre, ils sont tous deux bons copains de la Russie, le brouillard s’épaissit de jour en jour et le soporifique dans la sauce tomate fait son effet (évocation d’un film de Pedro Almodovar).
Hier soir, portes et fenêtres ouvertes sur un air aussi lourd et chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans la sarabande des moustiques, brève incursion dans ma chambre d’un jeune merle affolé. Il a retrouvé la sortie avant d’attirer l’attention de Rosa.
Droit devant alors, Kadima, Davaï, ne serait-ce que pour le sort des jeunes merles terrifiés.
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In the dream, I’m with acquaintances in an unknown town, I lose sight of them and since I don’t have their phone number, I wander through the streets, time goes by and I don’t know what will become of me
but the first image when I wake up is the very real although surrealistic one grabbed by a camera in Switzerland, on the mmost luxurious surroundings where negotiations are being held between the US and Iran : all those fine folks were busy greeting one another like the best of buddies meeting up after school break, except for the American vice-president, JD Vance, supposedly sent there to resolve the tricky questions. He was in the back of the room, looking lost, ignored by every one and, thinking no doubt that he was out of the camera’s angle, he picked his nose then wiped his finger on the closest chair. The humorist Jon Stewart published the scene, I guess it must have made the rounds on social media.
Dismal dismal times. Hail to thee, oh powerful ones. And that declaration by this same “great man”, reported by Haaretz in his breezy nose-picking style of “yeah, one of ours will spend some time with one of theirs from the Guards of the Revolution to settle some of the sticky points.” One of our guys, you know, with one of their Iranian guards of the Islamic Revolution, they’re gonna “spend some time” together, like best of buddies, you’ll see, problems ? Me I don’t know nuthin but solutions. And how to pick my nose at an official gathering where everyone is ignoring me and I think I’m out of the camera’s angle.
While the Supreme Court lies as prone as a pancake in front of the rogue president’s decisions. Yes, of course, let him rescind the temporary protection for Haitian and Syrian refugees in the United States, no problem despite his racist comments about them and the lies he picked up from this same vice-president, saying that these refugees were eating the pets of brave Americans, good Americans, the very same ones that were described in the 1958 novel under the title of The Ugly American. Oh and lest we forget : this same Supreme Court opining that even people claiming asylum under threat of life can be turned away since they haven’t set foot inside of the country when a border guard turns them away.
Not to be undone, a meeting just occurred in Brussels between representatives of the European Union and the Taliban, in preparation for the return of refugees to Afghanistan. I could go on, the list of horrors grows every day. So, lost in an unknown town, with a phone with no number to contact folks I know, as an image, it can work.
Oh, and while I’m at it : on Thursday when my neighbor gave me a ride to the “discount” supermarket. Inside, one of the aisles was blocked off by two women’s huge shopping cart while they carefully examined the list of ingredients on jars of jam. “No, not this one,” decreed one of them “it says the blueberries originated in Eastern Europe, Scandinavia and France.” Just wouldn’t do to ingest those “foreign” blueberries. From the two women’s appearance, I’d say they’ll be voting for the far right’s pretty boy candidate rather than the leftist King of the Grumpies but either way, they are both best friends with Russia, the fog grows thicker by the day and the tranquilizer in the tomato paste is doing its job.(Reference to a movie by Pedro Almodovar.)
Last night with doors and windows open on air as warm and muggy inside as out, in the saraband of mosquitoes, a terrified young blackbird erupted into my room, and managed to escape before attracting Rosa’s attention.
Onward, Kadima, Davaï, if only for the sake of terrified young blackbirds.