
Rêve : il s’agissait d’un exercice de mémoire : la personne présentait différentes mises en page d’information et il s’agissait de les répéter ensuite, dans l’ordre de leur présentation, avec description des mises en page et de leur contenu.
Ce qui est un peu rigolo, c’est qu’ici, on a consulté une chronique de 2023 où je parlais de traduction, or, la dernière réflexion avant de m’endormir, hier soir, était justement à ce sujet, et sur l’immense avantage que représente l’exercice personnel sur les traductions par moteur numérique. Déjà, vu le temps qu’on y consacre, ça oblige à se concentrer sur les questions qui nous importe le plus et, ce faisant, à les comprendre davantage que si on publiait/partageait un foisonnement de toutes les informations croisées en l’espace de quelques minutes, débitées en tranchounettes, entre les pubs de restaurants, de sous-vêtements, de gestionnaires IA…C’est presque garanti, d’ailleurs, qu’une information sur la plus récente horreur sera immédiatement suivie d’une invitation guillerette à déguster un produit présenté au ralenti, question d’en apprécier pleinement le dégoulis du fromage. Ah, facebook et associés !
Bien. Outre la traduction d’un article du Guardian dans lequel le journaliste résume les propos du journaliste Gil Duran dans son livre qui sortira dans deux semaines au sujet des milliardaires de la crypto-monnaie et de l’IA — que d’aucuns liront, ou pas, je ne suis pas gestionnaire de l’attention des autres — j’ai terminé une version du récit de L’Ingénieur des collines dans L’Horloger des Brumes. Enfin, je dis “terminé” et j’ajoute “inch’ allah”, expression qu’à peu près tout le monde utilise dans la ville où j’habite. “On se voit ce soir ? — Oui, je crois bien, inch’ allah.” De quoi déclencher des crises d’urticaire chez Jordan Bardella, l’image en carton pâte des affiches de l’extrême droite dans ce pays. (Il mange probablement pizzas et kebabs comme tout le monde, mais je suppose que s’ils sont préparés en France, par des “français de souche”, ça va.)
Allez. Hier, en écoutant sur youTube l’intégrale de la version filmée de Bergman de La flûte enchantée (sans pubs ! Miracle !) j’esquissais la silhouette d’un chat vu de dos, la queue dressée en point d’interrogation. La musique est merveilleuse, et le livret reprend toutes les inepties imaginables sur l’Homme Gérant le culte de la Vérité, de la Mère diabolique, de la fifille Innocente et Vertueuse, du Jeune Homme au Destin de Futur Gérant du culte de la Vérité… Bergman se moque gentiment de cet aspect avec les panneaux qu’affichent les personnages lorsqu’ils débitent la Vérité qui s’impose à ce moment du récit. Pour l’heure, j’ai dans la tête l’air de Papageno lorsqu’il se présente, au tout début, lui et ses talents d’oiseleur sans succès auprès des filles.
Par la fenêtre ouverte, hier soir, paroles d’une femme passant sur le trottoir et parlant au téléphone: “attends, j’lui dis, c’est toi qui est venu vers moi et là tu retournes vers elle, pour toi, c’est quoi, bar ouvert ? tu…” le reste, des intonations s’éloignant. Après quoi, je suis sortie dans le jardin contempler les étoiles.
Papageno. L’hexagramme 30 du Yi Quing, Le Filet de l’Oiseleur. Lumière. Voir sans s’éblouir. Ou quelque chose du genre.
Illustration : sur la page qui suit dans le carnet, premier commentaire au sujet du chat : Pour le chat domestique, un aspect de la vie ressemble à ce moment dans les contes de fées: le chat mange, il vide le bol de nourriture, et va dormir. Quand il se réveille…le bol est a à nouveau plein. Un peu comme les zillionaires, en fait.
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Dream : it consisted of a memory exercise: the person presented different layouts of information and you had to repeat them, in their order of presentation, describing the layouts et and their content.
What is a bit funny is that someone looked up a column from 2023 where I mention translation, when the last reflection I made to myself last night before falling asleep was precisely on that topic, and on the huge advantage represented by the personal exercise of translations over those done digitally. Already, the time it takes to do so forces one to concentrate on matters that truly matter personally, and in so doing to understand them better than if one published/shared a slew of random information one came across over a matter of minutes, sliced in slivers, between ads for restaurants, underwear, AI managers…The ads are almost guaranteed to follow the latest horror with jolly invites to come savor slow motion depictions of melted cheese dripping down the page. Ah, facebook and associates !
OK. Beside translating an article in The Guardian in which the journalist summarizes the words of journalist Gil Duran whose book will be published in two weeks concerning the bilionaires of crypto and AI — that some will read or not, I’m not the manager of other people’s attention — I finished a version of the Hill Engineer’s tale in L’Horloger des Brumes. I say “finished”, adding “inch’ allah”, the expression almost everyone uses in the town where I live. “See you this evening? — Yeah, I think so, inch’ allah”. Enough to set off an attack of hives in Jordan Bardella, Mr Poster Boy for the radical right in this country. (Who probably eats pizza and kebabs like everybody else, but I guess if they’re prepared in France by native-born French people, that’s OK.)
Fine. Yesterday while listening on youTube to the complete filmed version of Bergman’s Magic Flute (with no ads ! A miracle !) I drew the silhouette of cat seen from the rear, its tail raised in a question mark. The music was marvelous, and the libretto reproduces every imaginable stupidity concerning the Man Managing the cult of Truth, of the diabolical Mother, of the Innocent and Vertuous Damsel, of the Young Man Destiny has singled out as Future Manager of the cult of Truth…Bergman makes light fun of this aspect with the panels the characters hold up when they mouthe the Truth called for in that part of the tale. At the moment, the melody playing in my head is that of Papageno when he introduces himself, with his talents bird-catcher, unsuccessful with the girls.
Through the open window last nights, words by a woman passing by on the sidewalk and speaking on her phone: “wait I told him, you came toward me and now you’re boing back with her, what is this for you, open bar? you…” the rest, intonations moving away. After which, I went out in the garden to gaze up at the stars.
Papageno. Hexagam 30 in the I Ching, The Bird-catcher’s Net. Light. Seeing without being being dazzled. Or something like that.
Illustration : on the page following the sketch, the first comment concerning the cat : for the domestic cat, one aspect of life resembles a moment in fairy tales: the cat eats, empties the bowl of food and goes to sleep. When it wakes up…the bowl is full again. Something like zillionaires, in fact.