30 septembre 2026

Ouf. Une fois n’est pas coutume, j’ai d’abord consulté mon mail ce matin pour les deux pdf du projet (présentation et résumés avec illustrations) préparés dans la nuit par Camille et, après une dernière entourloupe technologique, envoyé le tout à une maison d’édition laquelle acceptera, refusera, ne dira rien (signifiant un refus) ou ce qu’elle voudra bien. Et vogue la galère.

Avant cela, je m’étais réveillée d’un rêve se déroulant dans un camp de vacances au Mexique où une femme s’employait à distraire les enfants pendant que leurs parents ses saoulaient la gueule, l’expérience se terminait sans qu’elle se rende compte que deux des enfants qu’elle avait connus “meilleurs amis du monde” s’étaient quittés “ennemis à jamais” en raison d’une dispute.

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Dernières images enregistrées par le cerveau hier soir: des policiers tabassant des adolescents, certains âgés de 13 ans, manifestant devant des écoles françaises contre l’absence de profs, des immeubles crados, et une flopée d’autres problèmes. Les matraquer et les arroser de lacrymos en plein visage est ce que le gouvernement a trouvé de mieux comme solution, apparemment. Entretemps, ma copine l’instit’, en congé maladie, ne sait pas si elle sera encore payée à compter de janvier parce que le site de l’Education Nationale a vu son système informatique hacké pendant l’été; certaines academies ont récupéré toutes leurs données, mais pas celle de Toulouse, donc elle ne réussit pas à passer la barrière du message enregistré “toutes nos lignes sont occupées…” ou autres charabia…et l’agente qui s’occupait de son “cas” a pris sa retraite, impossible de connaître le nom de la remplaçante qui n’a pas accès au dossier, de toute facçn… 57 ans, un dos en capilotade et aucune autres perspectives d’emploi. “Bon”, me dit-elle, “j’ai un toit, des enfants que j’aime et qui m’aiment, des amis, il y en a dont la situation est pire que la mienne.” Certes. Mais j’imagine sans difficulté ce que ça donne au milieu de la nuit, les yeux fixés au plafond.

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Et si j’étends le regard un peu plus loin ? Je vais résumer avec la décision inique de la Cour Suprême américaine en 2010 concernant le financement des campagnes électorales par des corporations, des syndicats et autres abstractions constituées : invoquant le Premier Amendement de la Constitution du pays, portant sur la liberté d’expression, les honorables juges nommés à vie ont jugé que “les corporations, syndicats et autres sont constitués d’humains”, ils ont donc statut d’humains, et l’argent “étant une forme de discours”, alors oui, je vous en prie, financez le candidat de votre choix, achetez votre droit à un électorat qui vous conviennent, selon vos moyens.

Une façon originale de comprendre la métaphore “money talks” (l’argent parle), appliquée au démantèlement de ces entités agaçantes, qu’on appelle démocraties. Et que de progrès réalisé dans cette direction depuis 2010… Je crois que c’est cela que Peter Thiel veut dire lorsqu’il parle de la “compétence du Mal”. “L’argent parle” et certains se font un plaisir de suivre là où il mène.

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Phew. Once does not a custom make, first I consulted my emails this morning for the two pdf versions of the project (presentation and summary with illustrations) prepared by Camille during the night and, following a final technological glitch, sent the whole thing to a publishing house which will either accept, refuse, say nothing (meaning refusal) or do whatever it wants with it. And the ship sails on.

Prior to that, I’d awoken from a dream taking place in a holiday resort in Mexico where a woman was busy distracting children while their parents were getting plastered, the experience ended without her realizing that the two children she had known as “the best friends in the world” had split as “enemies forever” because of an argument.

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Last images recorded by the brain last night : cops beating teens as young as 13, demonstrating in front of French schools, protesting over lack of teachers, filthy buildings, and a slew of other problems. Beating them and spraying them with tear gas straight to their faces being what the government has found best as a solution, apparently. Meanwhile, my friend the school teacher who is on sick leave doesn’t know if she’ll still be paid come January because the Education website(s) was hacked this summer: some regions have recuperated all their files, this one in Toulouse, not, so that she can’t even get through the answering service saying “all our lines are busy…” or whatever; the agent who handled her file has retired, replaced by someone whose name she can’t even discover and who wouldn’t have access to her file anyway…57 years old, a screwed-up back and no other employment possibilities. “True,” she tells me, “but I have a roof over my head, children I love and who love me, friends, there are some who are much worse off than I am.” True enough, but I can well imagine how that plays in the midnight of the night, while staring at the ceiling.

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If I extend my gaze a bit further ? Let me summarize with the infamous decision rendered by the US Supreme Court in 2010 on the matter of election financing by corporations, unions and other such constituted abstractions : invoking the First Amendment concerning free speech in the Country’s Constitution, the honorable judges, nominated for life, opined that “corporations, unions and such are made up of humans” and therefore hold the status of humans, and “money is a form of speech”, so yes, by all means, finance the candidate of your choosing, in other words, buy your way to the electorate that suits your means.

An original take on the metaphoric “money talks”, applied to the nitty gritty of the dismantling of annoying democracies. And such progress made in that direction since 2010…I think this is what Peter Thiel means when he speaks of Evil being competent. “Money talks” and some are only too happy to follow the trail.

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