
Un peu d’air plus frais nous arrivant vers les 1 heure, je m’endors enfin vers 2 heures et je rêve que le jeune garçon m’ouvre enfin la porte alors que je suis poursuivi par des salauds, “c’est bon, il est à l’intérieur,” dit-il à quelqu’un, ” par contre, s’ils foutent le feu à la baraque, nous sommes cuits,” ajoutant “littéralement” lorsqu’il réalise ce qu’il vient de dire. Puis, de 3 heures à 6 heures, je m’éveille d’heure en heure et le même rêve se poursuit, d’une course-poursuite interminable, opiniâtre. Comme si la boucle de la violence la plus irrationnelle, une fois lancée, il devenait impossible d’y échapper.
Lavrov, en somme, EXIGEANT qu’on cesse d’aider l’Ukraine à résister. Le bourreau disant à la victime “regarde ce que tu m’obliges à faire ! Cède, à la fin !”(Coïncidence ? En Europe, deux fabriques de munitions ont explosé hier, l’une en Italie, l’autre en Allemagne.) Pendant qu’en France, le président toujours aussi imbu de sa personne batifolait sur son jet ski alors que le pays brûlait et rissolait et se demandait quand ses dirigeants se souviendraient en quoi consiste les tâches de gouvernance dans un régime qui se considère encore comme démocratique.
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En arrière-fond : le son mat, définitif que fait la pomme en tombant sur un sol qui en absorbe le bruit sans le répercuter. Un son signifiant : fin de la chute. Début d’une séquence différente. Avant l’insomnie, en l’honneur du 15 août — fête de l’Assomption dans la tradition chrétienne, où la Vierge Mère est élevée au ciel dans sa condition corporelle — j’avais relu le poème suivant dans Assomption de Françoise Morvan* :
Pommier
Par les jours de soleil et de ciel bleu
Comme on entend le choc des pommes dans l’herbe
On pense au pain brûlé du conte
Au gros pain qui se plaint et craque dans le four
Puis on repense aussi au vieux pommier
Le dos courbé sous la lourdeur des pommes
Gémissant suppliant qu’on le soulage
Avec ses gestes de ramure et sa voix douce
Bons compagnons bons amis de hasard
Connus au gré du sort dans la traversée de ce monde
Qui vous protègent vous hébergent
Et qu’il faudrait prendre à pleins bras.
Avant cela, il y avait eu les références à Mandelstam, à la pomme, iabloko, la vraie, mais aussi son évocation dans le globe oculaire sous la paupière. Ici, dans le jardin asséché, le pommier se débarrasse de petits fruits durs, devant se concentrer sur le maintien de sa structure.
Nuit dont je m’éveille plus fatiguée qu’au moment de l’endormissement. Aujourd’hui, nous aurons, ou n’aurons pas, les orages prévus.
*Françoise Morvan, Assomption, Editions Mesures 2019
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Bon, et voilà Facebook qui disjoncte. Impossible de commenter ou de partager la page d’André Markowicz. J’avais tout de même réussi à me faire une copie de sa chronique du jour. Soumy, et Les abeilles grises d’Andreï Kourkov, et “la pauvre richesse du travail d’une vie” que la Russie de Poutine et de sa clique s’emploient à massacrer. La simple beauté, la simple bonté, ils ne supportent pas.
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A bit of cooler air finally reaching us toward 1 am, I fall asleep at last around 2am et dream that a young boy finally opens the door as I am chased down by bullies, “OK, he’s inside now”, he calls out to someone, “however, if they set the house on fire, we’re cooked”, he says, adding “literally” when he realizes what he just said.
Then, from 3 to 6 am, I wake up every hour and the same dream goes on, a relentless run in front of those chasing me down. As if, once begun, it became impossible to escape the circle of irrational violence.
Lavrov, in other words, DEMANDING that we cease helping Ukraine to resists. The torturer telling the victim “look at what you’re forcing me to do! Give up already! “. (Coincidentally ? In Europe, two arms manufacturing plants exploded yesterday, one in Italy, another in Germany. ) While France’s eternally full of himself President cavorted on his jet ski while the country burned and fried and wondered when its leaders might remember what the business of governance was supposed to be about in a regime still considering itself as a democracy.)
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As a backdrop : the dull, definitive thud of the apple falling to a ground absorbing the sound without reverberating. Sound signifying : end of the fall. Beginning a of different sequence. Prior to the insomnia, in honor of August 15th — in the Christian tradition, the feast of the Assumption when the Virgin Mother is carried up to the heavens in her bodily condition – I re-read the poem to the apple tree in Françoise Morvan’s Assomption. The old apple tree groaning under the weight of its branches loaded down with fruit, begging and pleading for relief, and which ends on an ode to the fine companions chance placed along the way, the ones that offered protection, shelter, the ones you wished you could all gather in a warm embrace.
Prior to that, there had been references to Mandelstam, to the apple, iabloko, the real one, but also its evocation by the globe of the eye under the eyelid. Over here in the dried out garden, the apple tree is shedding small hard fruit, needing to concentrate on maintaining its structure.
A night from which I awake more tired than when I went to sleep. Today, we will have the predicted rain showers. Or not.
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So, and now, Facebook is on the blink. Commenting or sharing André Markowicz’ page is impossible. But I had managed to make a personal copy of today’s copy. Soumy and Andry Kurkov’s Grey Bees, and “the poor riches of a lifetime’s work” that Putin and his clique are busy massacring. Plain and simple beauty, plain and simple kindness, they can’t stand.