7 mai 2026

Rêves : J’en ai marre de ces rêves de salauds et des facilitateurs les entourant pour leurs propres avantages, alors je ne note ici que le dernier rêve de la nuit dans lequel je pratiquais des enchaînements de pas de danse, en avancées, puis à reculons, dans un long corridor, mais comme s’il s’agissait d’une classe de ballet – un pas devant (ou derrière) du pied gauche, puis pas de côté avec le pied droit, virevolte complet, répéter.

Les salauds — que ce soit pour les dénoncer ou pour les glorifier, j’en ai marre d’eux, tous et toutes. Marre d’en parler, marre de les ignorer, marre de leurs pompes et de leurs oeuvres, marre de la fascination /résignation qu’ils inspirent.

Hier, au hasard d’un passage sur facebook, une “photo de famille” de la juge de la Cour suprême américaine avec son époux, leurs enfants (5, 6 ou 7, je ne sais plus), et les deux enfants noirs qu’ils ont adoptés, tout ce beau monde arborant le sourire d’une fausseté intégrale supposée signaler l’amour, la bonté et le bonheur intégral régnant parmi eux sous l’oeil bienveillant de leur Dieu. Un après l’autre je les ai regardés, une fois, deux fois, trois fois et je me suis demandé ce qu’il adviendrait de ces enfants.

Ensuite, j’ai lu au sujet de Nadejda, l’épouse du poète russe Ossip Mandelstam; puis j’ai gribouillé, traduit un article de Haaretz sur le “cesser-le-feu” au Liban durant lequel les destructions et déplacements de population se poursuivent. Ensuite, j’ai lu au sujet de Nadejda, l’épouse du poète russe Ossip Mandelstam; puis j’ai gribouillé, regardé des émissions de cuisine sur Arte, puis longuement contemplé le plafond au-dessus de mon lit pendant que le chat bondissait sur le lit, venait me regarder dans les yeux, puis réclamait la porte. Dehors, du côté du jardin : il y a de nouveaux chats dans le voisinage, concurrences, feulements, miaulements rageurs, Miss Rosa défend son territoire. Sur le trottoir devant le parc : deux groupes de 5 jeunes garçons — 13, 14 ans, un groupe de noirs, un groupe de jeunes dont les parents sont venus du Maghreb — s’échangeait des injures par la voix de leurs “chefs” respectifs, avant de se séparer et de partir dans des directions opposées. Dans le groupe des noirs, le dernier traînait un peu derrière les autres, se retournait pour lancer une dernière vanne “comme celle du chef”, puis se hâtait de se fondre dans son groupe. Ils sont comme ça, à cet âge et après six, sept années d’école en plus, ils ne sont guère portés vers la réflexion personnelle. Ils ont plutôt tendance à se fondre parmi leurs semblables, et quiconque leur paraît le plus impressionnant, ils le copient. Suivre le chef, se réchauffer aux reflets de sa gloire, et profiter des avantages que cela t’apporte. Un jour, tu marcheras peut-être carrément à ses côtés ?

“In the fatness of these pursy times,” écrivait Shakespeare dans Hamlet, “virtue itself of vice must pardon beg”. Je l’avais cité dans une chronique l’année dernière, au sujet des facilitateurs entourant Trump, chronique que quelqu’un a consulté depuis mon dernier passage sur ce blog, hier.

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Bon, et bien fixer l’écran n’est pas mieux que de fixer le plafond, alors, droit devant vers les non-sens qui attendent.

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Dreams: I am fed up with these dreams of scumbags and of the enablers around them for their own benefit, so I’m only jotting down here the last dream of the night in which I was practicing a series of dance steps forward, then backward, in a long corridor, but as if at a ballet class — one step forward (or backward) with the left foot, then one sidestep with the right foot, full turn, repeat.

The scumbags — whether it be to denounce them or to glorify them, I’ve had enough of them all. Fed up talking about them, ignoring them, fed up with their pomp and circumstances, fed up with the fascination/resignation they inspire.

Yesterday, during a brief foray on facebook, a “family photo” of the judge from the American Supreme Court with her husband their children (5,6 7 of them, I forget) plus the two black children they’ve adopted, all these fine folks wearing the phoniest smiles imaginable, meant to signal the love, kindness and total happiness reigning among them under the benevolent eye of their God. I looked at them, one by one, once, twice, three times and wondered what would become of those kids.

After which, I read about Nadejda, the wife of the Russian poet Osip Mandelstam; then I scribbled, translated an article from Haaretz concerning the ongoing destructions and removals of populations in Southern Lebanon during the “cease-fire”, watched food shows on Arte, then spent a long time staring at the ceiling above my bed while the cat jumped on the bed, came to look me in the eye, then asked to be let out. Outside in the garden : there are new cats in the neighborhood, much competition going on with growls and violent yowlings, Miss Rosa is defending her territory. On the sidewalk in front of the park : two groups of 5 young boys — 13, 14 years old, one group of blacks, the other of kids whose parents came from the Maghreb — were busily tradingg insults through the voices of their respective “leaders “, before splitting up and heading in opposite directions. In the group of black kids, the last one strayed a bit behind the others, turned around and threw a last taunt “like that of the chief”, then hurried to lose himself in his group. They’re like that, at that age, plus with six, seven years of schooling behind them, they’re not much given to personal reflection. They rather tend to glomp together and whoever strikes them as the most impressive, they copy. Follow the leader, bask in his reflected glory and grab whatever that provides you in benefits. Some day, maybe, you’ll get to walk right beside him ?

“In the fatness of these pursy times,” Shakespeare wrote in Hamlet, “virtue itself of vice must pardon beg”. I had quoted it in a column last year that someone looked up since my last presence on this blog yesterday.

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All right, staring at the screen is no improvement over staring at the ceiling. So, onward to whatever nonsense awaits.

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