21 septembre 2026

Rêves : Dans le premier, je disais “ils sont tellement stupides qu’ils ne savent même pas ce que veut dire le mot “milligramme” et comme ils croient que ça veut dire “exclusif”, ils s’en servent pour tout, les vêtements “milligramme”, les objets “milligrammes”, les idées “milligrammes” pour les gens “milligrammes”, dont je ne suis pas et j’en suis bien contente; puis, je travaillais dans un hôpital, j’en étais fort aise puisque j’y avais aussi un rendez-vous, jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais raté l’heure du rdv, qui était dans un autre hôpital, et commençait alors la tentative de sortir de celui-ci, errance à travers des corridors débouchant sur d’autres corridors, n’y manquaient que les ascenseurs des cauchemars de mon père — ascenseurs se déplaçant toujours à l’horizontal, sans monter, ni descendre, c’était comme dans la chanson Hotel California, “you can check out anytime you want, but you can never leave”.

Donc. Mon 80e anniversaire, hier. J’aime à dire que j’ai bloqué le compteur intérieur à 36 puisqu’il n’y a rien à faire concernant le vieillissement du corps. Quand je suis rentrée chez-moi après un repas gentil et agréable chez une amie, une autre amie s’est présentée pour venir offrir ses voeux à la “doyenne” avec un livre que l’auteur avait aimablement dédicacé avec les mots ; “80 ? Pas mal. Encore 100 ans et cette Lucie sera un épicéa !” Ah oui, c’est une façon de voir, sauf que le livre au titre de Bûcheron s’adonne à parler du métier de l’auteur qui a une véritable passion pour l’abattage des… épicéas. Bon, comme j’ai aussi appris que l’épicéa est un favori pour la fabrication de la pulpe de papier, je dois reconnaître les sacrifices de la tribu des épicéas, bien que j’aimerais aussi saluer ici l’aulne glutineux, un arbre de la famille des bétulacées dont le profond enracinement aide à préserver les rives des rivières (information sur un panneau le long du sentier que j’ai découvert récemment.)

Les clients de L’Autrucherie rapporte leurs journaux après lecture et Charlotte les utilise pour les emballages-cadeau. Lorsqu’elle connaît les centres d’intérêt du client, elle choisit une feuille qui peut y correspondre. Cette fois-ci, elle a hésité sur ce qui serait le recto et le verso avant de se dire que, de toute façon, les deux m’intéresseraient. Le recto fut donc, tiré du Monde Diplomatique de juillet “Comment les marchés prédictifs prennent le contrôle de tout — Parier sur la guerre comme sur un match de foot” et le verso : “Révoltes en série contre les machines — Tout le monde déteste l’IA” (y compris leurs fabricants, apparemment, mais…voir le recto. Et comme les risques d’anéantissement complet de l’humanité par des IA “superintelligentes” ne sont qu’entre 10et 20%, droit devant sur nos Messerschmitt, n’est-ce pas ? Ah, le frisson dans tout ça ! On va gagner des zillions ? On va perdre ? Vite, vite, quel suspense !

Puis, j’ai traduit et mis en ligne sur Facebook le second des articles qu’a rédigé l’historien Timothy Snyder, à bord du train Kyiv-Chelm, après la seconde évacuation pour alerte au drone. Oui, parce que les Russes entraînent leurs opérateurs de drones en les faisant s’exercer contre des trains de passagers et des civils déambulant dans les rues. On a vraiment un besoin pressant de super-intelligences fabriquées par des imbéciles, n’est-ce pas ? Nos idiots actuels ne suffisent pas.

Et comme dit le chercheur en littérature à barbe blanche, rentrant chez-lui par le train de nuit, après avoir donné une conférence à Kyiv sur un poète ukrainien; il marche aux côtés de Snyder lors de la seconde évacuation, guidée par une conductrice souriante aux chaussures peu adaptées pour une crapahutage à travers les gravillons : “Il faut y être pour le croire.”

En guise d’exergue à cette entrée en ma 81e année.

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Ah oui, les autres cadeaux d’anniversaire : un cordon fort élégant pour mes lunettes, fabriqué avec des retailles de cuir laissées par les mégissiers quand ils ont vendu leurs équipements, et abandonné les travailleurs locaux à la débrouille individuelle, et un séjour de deux jours en octobre “quelque part à la campagne”…

Dreams : In the first one, I was saying “they are so stupid that they don’t even know what the word “milligram” means and since they think it means “exclusive”, they use it for everything, “milligram” clothes, “milligram” objects, “milligram” ideas for “milligram” people, of which I am not, and most pleased about that; then, I was working in a hospital, and that struck me as a good idea since I also had an appointment there, until I realized I had missed the time of the appointment that was in another hospital, and there began an attempt to leave this once, wanderings through hallways leading to other hallways, the only thing missing were the elevators from my father’s nightmares — elevators always running sideways, never up or down, it was like in the song Hotel California, “you can check out anytime you want, but you can never leave.”

So. My 80th birthday yesterday. I like to say that I’ve blocked the inner counter at 36 since there’s not a thing I can do about the ageing of the body. When I came home from a kind and pleasant meal at a friend’s house, another friend came by to offer greetings to the “deaconess” and offer her the gift of a book whose author had kindly drawn a birthday greeting that reads : “80 ? Not bad. With another 100 years, this Lucie will be a spruce tree !” Now, that’s a thought, except for the fact that the book, titled Lumberjack, happens to be the author’s trade and he has a passion for chopping down…spruce trees. Now, as I also learn that spruce is a favorite for the pulp used for paper, I have to acknowledge the sacrifices of the spruce tribe, although I’d like to give a nod here to the black alder, a tree from the birch family whose deep roots help to keep the shores of rivers in place (I learned this from a sign posted on one along the path I’ve discovered recently).

Customers at L’Autrucherie bring in their newspapers after reading them, and Charlotte uses them as gift wrapping. When she knows the customer’s interests, she choose a sheet related to them. This time, she hesitated over what would be the top side before deciding that, in any event, I would find both sides interesting. So the top side ended up being from the July edition of the Monde Diplomatique that reads “How the prediction markets are taking control of everything — Betting on war like one does on a football match” and the other side : “Series of rebellions against the machines — Everybody hates AI” (including their makers, apparently, but…see the reverse side. And since the risks of total annihilation of humanity by “superintelligent” AIs are only at bteween 10 and 20%, straight ahead we go on our Messerschmitts, right ? Ah, the thrill of it all ! Will we earn zillions ? Lose ? Quick quick, oh, the suspense…

Then I translated and published on Facebook the second of the columns historian Timothy Snyder wrote aboard the Kyiv-Chelm train, following its second évacuation for a drone alert. Yes, because the Russians train their drone operators by having them practice against passenger trains and civilians walking down the street. We are really in a pressing need for super-intelligences manufactured by imbeciles, yes ? Our current idiots are not sufficient.

And as the literature scholar with a white beard says, returning on the night train from a conference he held in Kyiv about a Ukrainian poet; he’s walking next to Snyder during the second evacuation, guided by a smiling conductress in shoes unsuited for a scramble through gravel : “You have to be here to believe it.”

As an epigraph for my entry into my 81st year.

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Oh yes, and the other birthday gifts : a most elegant neck chain for my glasses, made out of some of the leather remnants abandoned in the local tanneries when their owners sold their machineries abroad, leaving the local workers to fare for themselves, as best they could, and two days “somewhere in the country” in October.

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