
À 2 heures du matin, ça conversait encore dans le parc, de l’autre côté de la rue, et mieux encore, en devisant sur le trottoir juste devant ma fenêtre ouverte. Les moustiques étaient à la fête (ils le sont encore). À 6h, lorsque j’ai fermé les fenêtres après la récolte de fraîcheur relative de la nuit, les travailleurs municipaux étaient au travail avant les pics de chaleur annoncés dans les 40°, 41° cette semaine. Sonnet 30 de Shakespeare When to the sessions of sweet silent thought lors des séances de songeries silencieuses convoquant les souvenirs du passé, et revoici les examens de conscience-labyrinthe sans issue si seulement si seulement si, faisceaux d’insinuations lassitude lassitude au son lancinant d’une suceuse de sang solitaire un soir t’en souvient-il, pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes, Rodrigue, as-tu du coeur ? Nul autre que vous, mon père, l’eut su sur l’heure si seulement si, je ris quand je pleure, je pleure quand je ris, au marché, l’apiculteur avait du miel à dominante d’acacia. When to the sessions of sweet silent thought I summon up remembrance of things past I sigh the lack of many a thing I sought, j’avais cru bien faire, pensez donc, eh oui. “La vie est un tissu de coups de poignard que l’on boit goutte à goutte” — paroles célèbres du Sapeur Camember. (Aussi: “Il est des limites qu’on ne saurait franchir sans les dépasser.”)
Ce sera une autre journée à l’intérieur. Dans la chronique du 19 juin 2023 d’André Markowicz, il était question d’Alexandre Blok et il se disait “qu’entendre la musique des mots composer une musique du souffle, c’est aussi une façon de dire “non”, et d’être libre.” On ne saurait être plus d’accord. Et le 21, il était question des félicitations que Poutine adressait au groupe Wagner de Prigozhine. (On se souvient encore du “cuisinier du Kremlin” ?)
Hier, ou avant-hier, Trump en était à faire arrêter les citoyens s’attardant près de “l’étang-miroir” devant le mémorial de Lincoln à Washington, pratiquant son nouveau mantra : le désastre de cette réfection virant au cauchemar, c’est l’oeuvre des horribles gauchistes, arrêtez les tous avant les élections de mi-mandat qu’on puisse les remporter en paix. C’était juste avant de se lancer dans un nouveau délire contre les iraniens lesquels, ni une ni deux, se sont retirés des pourparlers en Suisse. Qu’est-ce que ces larbins obligés à la JD Vance doivent trouver le temps long, parfois. (Obligé, s’entend, dans le sens d’obligé de prendre son mal en patience, en attendant le jour béni qui le propulsera président d’office, opérant sous les conseils avisés de Peter Thiel.)
Allez.
Allez ? Vraiment ? Oui, d’ici à là (cuisine). Ensuite, j’irai de là à ici (chambre-bureau).
C’est parti.