
Quelqu’un avait décelé la présence d’un double dans mon entourage, il avait tendance à se tenir dans les miroirs, à hauteur des yeux, prêt à se substituer à moi, si je m’y regardais, et si on me demandait qui et quoi allait par les rues, ces jours-ci, j’aurais répondu “le double”, incontestablement.
Nauséeuse au réveil. Cause ? Inconnue. Ce “double”, peut-être, provoquant cette impression d’oeuf pourri avalé par erreur.
Dernière séance d’écriture dans le local de Volubilo, hier. Mais pas seulement dernière séance d’écriture : la commune récupère le local, les activités d’art “pour tous” ne faisant plus d’adeptes (et surtout, ne recevant plus de subventions). Restait encore quelques livres et revues, dont cette délicieuse revue pour enfants, la hulotte que je me suis appropriée avec une revue “féminine” de 2009, hymne aux fabricants de fringues et de maquillage et dans laquelle une sélection d’hommes donnaient leur interprétation de ce qui faisait qu’une femme était belle, à leurs yeux. Et bonjour le festival d’inepties — dont celle d’un bonhomme répondant qu’elle ne devait pas être “trop grande” parce qu’il aimait bien “dominer la situation”. Bonjour, je m’appelle Situatzia, je mesure 1m52, je sais que vous préférez les blondes mais à défaut, faute de grives et tout ça, peut-être saurais-je …des inepties. Ah, qu’est-ce que j’adore lever les yeux vers vous…La revue en question est encore et toujours dans les kiosques à journaux, avec ces idioties, genre “cet été, la jupe se porte courte !” et “quel est le bon âge pour une première chirurgie esthétique ?” et autres balivernes de “femmes libérées” et de mecs décérébrés qui se réunissent en foule, hommes d’un côté, femmes de l’autre, tous et toutes soulagés du boulot ennuyeux de composer leurs propres pensées (et surtout, de les exprimer, à dieu ne plaise !)
“la hulotte”, publiée depuis 1972, “le journal le plus lu dans les terriers”.
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bouh, cette nausée…
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Someone had detected the presence of a double in my surroundings, it had a tendency to keep itself in mirrors, at eye level, ready to substitute itself to me, if I looked at myself, and if I was asked who and what walked the streets these days, I would have answered “the double”, undoubtedly.
Nauseous upon waking up. Cause ? Unknown. That “double”, perhaps, creating this impression of a rotten egg swallowed by mistake.
Last writing session in the Volubilo premises yesterday. But not only last writing session : the town is recuperating the premises, activities of art “for everyone” no longer making the grade (and mostly, no longer being funded). There were still a few books and magazines lying around, including that wonderful children’s magazine, la hulotte (the tawny owl), which I appropriated along with a “woman’s magazine” from 2009, a all-out celebration of clothes and make-up manufacturers and in which a selection of men gave their interpretation of what made a woman beautiful in their eyes. And off and away in a festival of stupidities — including that of the guy answering that she mustn’t be “too tall” because he liked to “dominate the situation”. Oh, hello ! my name is Situatzia, I’m 1m52 cm tall, I know you prefer blondes but half a loaf is better than none, perhaps I might… and so on. Ha-ha, ho-ho how I love looking up to you… The magazine in question is still on sale, with stuff such as “this summer, skirts are short!” and “what is the right age for a first plastic surgery ?” and other gobbledygook about “liberated women” and decerebrated males – the kind gathering in throngs, men on one side and women on the other, all of them relieved of the tedious job of thinking their own thoughts (and especially of saying them out loud, god forbid!) .
“The tawny owl”, published since 1972, “the magazine most read in burrows”.
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berk, this nausea…