
Rêve : sur l’autoroute recouverte d’asphalte fraîche, les voitures, la mienne y comprise, filent à toute allure vers la Nouvelle Suisse, avant que ma voiture s’engouffre dans la voie d’accès sous le tunnel, j’ai le temps de remarquer qu’on a abattu encore un autre des grands séquoias, mais qu’est-ce qu’on y peut, je suis attendue dans les étages d’une immense tour à bureaux où je dois remettre mon plan pour le prochain discours d’Elon Musk, son secrétaire corrige ma copie au crayon, il faudra modifier la section sur le budget, Elon a un autre projet à ce sujet, me dit-il, je repars en remarquant tous les bureaux vides sur cette étage, une femme sort du sien et emprunte les escaliers plutôt que l’ascenseur, ses pas résonnent, elle descend à toute vitesse, je décide de faire comme elle
j’ouvre les yeux sur la chanson “il était un petit navire”…”les vivres vinrent à manquer...ce s’rait donc lui qui serait mangé...” ah oui, les provisions chez l’ingénieur des collines…une image du dîner d’apparat à la Maison Blanche, les mots en titre “Bombances chez le Roi Famine”; et la réalisation de tout ce qu’il me reste à faire pour livrer notre projet à la nouvelle maison d’édition dont nous ne savons rien, alors que Camille, elle, se débrouille avec son déménagement (aujourd’hui), son installation, ses cours...Vaya con dios.
“Excellences”, oui, Salim et les deux garçons de Guinée qui tentèrent d’atteindre l’Europe dans le train d’atterrissage d’un Boeing.
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Et le cou raide, raide, de plus en plus raide. Et le bordel intégral sur mon bureau…et les teintes pastel du ciel à ma fenêtre, comme celles des images anciennes, colorisées à la main.
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Dream : on the highway covered in fresh asphalt, the cars, including mine, are streaming full speed toward New Switzerland, before my car enters the tunnel leading into town, I notice that more of the big sequoias have been chopped down but what can you do about it, I’m expected in the upper stories of a huge office tower where I’m to hand in my plan for Elon Musk’s next speech, his secretary corrects my copy in pencile, I’ll have to change the section on the budget, Elon has another plan on the topic, he tells me, as I’m leaving I notice all the empty offices on this floor, a woman comes out of hers and takes the stairs instead of the elevator, her steps resound as she goes down as fast as she can, I decide to do the same
I open my eyes on the song “il était un petit navire”…”the supplies ran out…” (and the sailors draw straws, the youngest pulls the short straw, he’s the one who will be eaten)…oh yes, the supplies at the engineer’s in the story…a view of the State dinner at the White House with the title “Feasting at King Famine’s House”, and the realization of all that I still have to do in order to deliver our project to the new publishing house we know nothing about, while Camille is embroiled in moving (today), settling in, her classes..Vaya con dios.
“Excellencies“, yes, Salim and the boys from Guinea who attempted to reach Europe in a Boeing’s landing gear.
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And neck, so stiff, stiffer and stiffer. And the total mess on my desk… and the pastel shades of the sky at my window, like hand-colorized old photos…