
Les rêves se sont dissous. Mes pensées, au réveil, oscillent dans le champs des gros mensonges. Ils vont du gros mensonge que me lance ma fille lorsqu’elle fonde toutes ses injures sur l’énorme mensonge qu’elle se raconte, à elle-même, et au monde, du “tu ne m’as jamais aimée !” (malentendu fondamental sur ce que veut dire “aimer”, pour elle et pour moi), aux constructions à l’échelle mondiale des entreprises de démolition de vérités fondement des relations humaines.
Dont acte hier, avec la traduction d’une enquête réalisée sur l’entreprises moscovite appeléeA7 dont le propriétaire se vante ouvertement, se fait même un honneur, de permettre au Kremlin de contourner les sanctions occidentales et de nourrir sa machine de guerre. Le bonhomme ayant fait ses preuves en 2024 en détournant $1 milliard des banques moldaves, il opère dorénavant à partir de Moscou où, grâce à l’IA d’un chatbot de OpenAI* et la crypto-monnaie (et des sociétés-écran réparties à travers le monde), les factures pour des pièces électroniques essentielles pour les drones-tueurs déferlant sur l’Ukraine se transforment en innocentes factures pour des éléments d’éclairage pour une société au Kyrghistan, par exemple; et des paiements en roubles se transformant en dollars ou en euro. Ce dernier tour de passe-passe, grâce aux pays qui font encore affaire avec la Russie, en payant avec de telles devises. L’Allemagne auprès de Gazprom, par exemple, ou la France pour l’uranium nécessaire à l’alimentation de ses centrales nucléaires. L’autre jour, lorsque le président français a prétendu avoir “sauvé” les sanctions européennes en acceptant le dé-listage de deux grands voyous fournisseurs de service à Poutine, on a raconté qu’il s’agissait d’obtenir la libération de deux touristes français détenus en otages quelque part en Asie Centrale. Je m’étais dit alors qu’il y avait de plus fortes chances qu’il y ait eu un chantage à l’uranium. Chantage qui pourra se répéter, à la pièce, pour le démantèlement d’autres sanctions. De toute façon, A7 est là pour les contourner et ça n’est pas l’administration américaine sous Trump qui l’en empêchera. L’article du New York Times : ici. Traduction française sur ma page facebook Maria Damcheva.
*Interrogé à ce sujet dans le cadre de l’enquête, OpenAI aurait affirmé que cette fonction n’était plus disponible sur ses modèles. Libre à chacun de le croire, ou pas, mais, confirmation de la possibilité du bidouillage par le logiciel de A7, n’est-ce pas ?
Il court une veine très très profonde de méchanceté dans la conscience humaine. Il y court aussi un veine très très profonde de bonté et de nécessité de joie. En ce qui concerne la second, il y a une longue conversation possible qui peut se dérouler avec les anciens qui ont vécu d’autres temps sombres dans l’histoire.
J’aurai peut-être plus à dire sur ce sujet, une fois que j’aurai lu le livre sur l’illustration. Quant au repas on-paie-si-on-peut du jeudi soir au Tir-Chaille, hier soir, il était délicieux : sur un lit de lentilles et de riz noir (le riz, un don de copains thaïlandais), une sauce à la butternut et et au beurre d’arachide, nappée d’oignons caramélisés, avec un dessert de pommes sauvages en compote et des cookies à l’avoine.
Et, sérieux, là, aujourd’hui : révision, révision, révision, n’en déplaise à Gilou et à son carnet avec son “Gimr aux Braies velues ne fut pas le papa de Grimr à la joue velue, qui lustucru…”les sagas viennent et les sagas repartent. et “rien en périt dans le vaste monde, crois-moi”, comme l’a dit Ovide un jour.
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The dreams have dissolved. Upon waking, my thoughts run through the field of Big Lies. They go from the big lie my daughter tells herself and the world when she bases all her insults on the huge lie of “you never loved me !” (basic misunderstanding of what “loving” means for her and for me) to the huge world-sized demolition enterprises to the basic truths on which rest human relationships.
Duly noted yesterday, with the translation of an investigation on the Moscow business called A7 whose owner openly claims what an honor is his in helping the Kremlin evade Western sanctions to feed the Kremlin’s war machine. The guy showed his mettle in 2024 by lifting $1 billion from Moldovan banks, he now operates from Moscow where, thanks to an OpenAI chatbot*, cryptocurrency (and shell companies distributed around the world), essential materials for the killer-drones hitting Ukraine, for instance, become innocent invoices for lighting fixtures for an entity in Kyrghistan; and payments in rubles become dollars or euro by a run through the crypto-currency mill. This last trick thanks to countries still doing business with Russia and paying with these currencies. Germany with Gazprom, for example, or France for the uranium required to feed its nuclear powered stations. The other day, when the French president claimed he had “saved” European sanctions by accepting to remove two of Putin’s thugs from the sanctioned list, we were told this was done in order to obtain the liberation of two French tourists held hostage somewhere in Central Asia. I told myself chances were likelier that there had been some blackmail involved concerning uranium. Blackmail that can be repeated for the dismantling, piece by piece, of other sanctions. In any event, A7 is there to evade them et under Trump, the American administration isn’t about to stop him. The New York Times article : here. The French translation on my Maria Damcheva facebook page.
*Questioned on the topic, OpenAI claimed that feature was no longer available on its models. You are free to believe it or not, but it does serve to confirm that A7 could use it for a tinkering with its own app, no ?
There’s a deep, deep seam of nastiness that runs through the human psyche. There’s also a deep, deep seam of kindness and need for joy. As concerns the latter, there’s a long, ongoing conversation available with kindred spirits from other dark periods of history.
I may have more to say on that topic, once I’ve read the book featured in the illustration. As for the Thursday night pay-if-you-can meal at the Tir-Chaille, last night, it was delicious : on a bed of lentils and black rice (the rice donated by pals from Thailand), a butternut and peanut butter sauce topped by caramelized onions, with a dessert of stewed wild apples and oatmeal cookies.
And get serious now : revision, revision, revision, never mind Gilou and his notebook informing that Grimr of the Hairy Breeches was not the papa of Grimr with the Hairy Cheek, who would’ve thought…sagas they come, and sagas they go and “nothing perishes in the wide world, believe me” as Ovid once said.