16 juillet 2026

Des rêves de la nuit, tout ce qui reste c’est que, vers la fin, je marche d’un bon pas avec la jeune femme arabe aux longs cheveux noirs, la caissière qui est si gentille avec moi au marché et qui m’accueille toujours comme si j’étais sa vieille grand-mère chérie et qui me dit toujours en me rendant la monnaie après la pesée de mes quatre fruits et trois légumes “prend bien soin de toi”, à quoi je répond toujours “toi aussi”, cette promenade-santé se déroule dans un grand parc au fond d’une vallée encaissée dans laquelle, en rêve toujours, je me promène seule habituellement, et à l’autre bout.

En écrivant ces mots, la chanson Walk On se met à tourner dans ma tête, chanson qui me semble si bizarre comme “hymne” d’une équipe sportive en Angleterre. Mais il faut dire que je ne suis pas portée sur les sports d’équipe, ni sur l’espèce de moment comme celui dans une messe sacrée lorsque la foule entière d’un stade chante “You’ll never walk alone”...pour ensuite éclater en échaufourées à la sortie si la “mauvaise” équipe a remporté le match. (Sans doute en raison d’une visite hier de l’amie dont le plus jeune des trois fils fait partie d’une équipe de volley-ball dans la hiérarchie de celles formant des jeunes pour l’équipe nationale. Elle me parle longuement de sa mère profondément dépressive, refusant toujours les traitements recommandés par les psychiatres, dont l’un lui avait dit, un jour, “malheureusement, on ne peut pas traiter un tempérament”. Elle me parle d’un podcast (que j’écoute) par un journaliste de la radio souffrant de bi-polarité. J’écouterai sans doute la série complète.)

Tout comme je suivrai la série de conférences de l’historien Timothy Snyder , “Hitler et Staline, Aujourd’hui” dont la première était diffusée hier. Il s’agit des dix cours qu’il a prononcés cette année à l’université de Toronto où il professe dorénavant, lui et sa femme, l’historienne Marci Shore, ayant quitté l’université Yale pour le Canada, comme bien d’autres universitaires américains d’ailleurs. Deux parmi tant d’autres parmi les “signes des temps” dont l’ampleur prend des dimensions effarantes, chaque jour apportant des éléments de son accélération aux Etats-Unis et ailleurs. En Israël, c’est la notion même de l’Etat de Droit qui est mise à mal par le vote de la coalition menée par Benjamin Netanyahou limitant les pouvoirs de la procureure générale et faisant de la Knesset le juge suprême du bien-fondé de ses propres lois. Ceci, après avoir passé une loi qui obligerait l’armée à accorder des dispenses de service militaire aux étudiants religieux de l’ultra-droite, puisque leurs études seraient les “fondements du pays” tel qu’ils le conçoivent. Athés, laïcs et agnostiques divers, allez vous battre, tuer et mourir pour que les “religieux” puissent caillasser en paix celles et ceux troublant la “paix” du sabbat, et chasser leurs voisins, arabes ou chrétiens à coups de pierres ou d’armes à feu. Comment caillasser le voisin est permis du vendredi soir au samedi soir alors qu’il est interdit d’appuyer sur le bouton d’appel d’un ascenseur dépasse mon entendement, mais ces étudiants nous l’apprendront sans doute en temps voulu.

Alors, merci, cerveau, pour cette promenade de santé en conclusion des rêves, cette nuit, avec cette jeune femme que je verrai dans une heure ou deux lorsque j’irai acheter de la pastèque et quelques courgettes et aubergines, sans doute, car il me reste des tomates de dimanche.

Dans le rêve, la vallée était verte et florissante, le contraire de celle dans l’histoire de L’Horloger où se trouve des prisonniers du récit et dont les deux jeunes parviennent à s’échapper. Mes meilleurs voeux les accompagne. Dans la forêt de Tchernobyl, certains animaux prospèrent, dit-on, et d’autres, non. Si je pouvais seulement me remettre au récit de leur histoire… La narration, la bonne narration, pas l’une des attendues, “happy end” ou histoire d’horreur totale et absolue…

(Je ne sais pas de qui est l’illustration ci-haut. Si quelqu’un le sait, je rajouterai le © voulu.)

*

Of the dreams of the night, all that remains is that, toward the end, I was walking briskly with the young arab woman with the long black hair, the cashier who is always so kind with me at the market and always greets me as if I was her beloved old grandmother, and always hands me back my change after weighing my four pieces of fruit and three vegetable, with the words “take good care of yourself”, to which I always answer “you too”, this bit of healthy exercise takes place in a huge park in deep recessed valley in which, in dreamtime again, I usually walk alone, and at the other end.

And as I write this, the song Walk On starts playing in my head which always strikes me as so bizarre as a “hymn” for a sports team. But then, I’m not a team sports type of person and don’t relate to the kind of holy mass moment of an entire crowd in a stadium singing “You’ll never walk alone”…only to break out in fistfights and worse when the “wrong” team wins. (After the visit yesterday of a friend no doubt, the youngest of her three sons being part of one of the volley-ball teams training youngsters for the national team. She spoke at length about her deeply depressed mother, constantly refusing the treatments recommended by psychiatrists, one of them telling her once that “unfortunately, we cannot treat a temperament”. She told me about a podcast (to which I listened) by a radio journalist who suffers from bi-polarity. I’ll probably listen to the complete series.)

Just as I’ll follow the series of lectures by historian Timothy Snyder’s lecture series “Hitler and Stalin Today”, after watching the opening one yesterday. They consist of the ten lectures he gave this year at the University of Toronto where he now teaches, he and his wife, historian Marci Shore, having left Yale University for Canada, as have done several American academics, as a matter of fact. Two among many others “signalling the times” taking on frightening dimensions, with daily accelerations in the States as elsewhere. In Israel, the very notion of a State under the Rule of Law being under attack with the vote by the coalition led by Benjamin Netanyahu limiting the powers of the chief prosecutor and making the Knesset surpreme judge of the righteousness of is own laws. This after passing a law that would force the army to allow military service exemptions for ultra-right religious students, since their studies are “foundational” as far as their notion of the country goes. Atheists, seculars and various agnostics, you go and fight, kill and die so the “religious” can go peacefully a-stoning those troubling the “peace” on the Sabbath et chase down their neighbors, Arabs or Christians with stones or firearms. How stoning the neighbor is allowed from Friday night to Saturday night while it is forbidden to so much as press on the call button for the elevator is beyond my understanding, but I’m sure these students will let me know in due time.

So, thank you brain, for that healthy walk closing the dreams, last night, with that young woman I’ll be seeing in a hour or two, when I’ll go buy some watermelon and a few zucchini and eggplants, no doubt, since I still have some tomatoes left from Sunday.

In the dream, the valley was a lush and green park, the very opposite of the one in the tale of the ones in L’Horloger, locked into the fictional one from which the two children manage their escape. My best wishes go with them. In the forest around Chernobyl, we’re told, some animals are thriving and others not. If only I could get back to the writing of the story. The narrative, the right narrative, not one of the standard happy-happys or ones of absolute and total horror…

(I don’t know whose drawing that is in the illustration. If someone knows, I’ll add the required ©.)

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