
Rêve : Dans un lieu en pleins travaux de réfection, je porte un gros sac pour quelqu’un (comme ces sacs en papier très épais dans lesquels on livre la farine aux boulangers), je cherchais un endroit où le planquer avant de faire mon numéro, moi aussi, comme nous devions tous le faire avant d’être congédiés, la personne pour laquelle je portais le sac interprétait une danse composée de mouvements en déséquilibre et de chutes, je réussissais à planquer son sac dans un racoin avant de devoir interpréter mon numéro dont j’ignorais tout.
Hier, alors que j’étais en train de traduire un article du Nerd Reich concernant la dernière marotte de Trump, accusant les libéraux de communisme, la page que je composais a disparu dans sa version écrite pour ré-apparaitre sous forme de code, puis se rétablir sous sa forme écrite. L’article en question relie ce “communisme” imaginaire à un bestseller américain qui prétend que les “libéraux” gauchistes ne sont pas des humains et qu’il faut se débarrasser d’eux avant qu’ils n’éliminent les “bons américains honnêtes”, c’est-à dire, les fidèles du mouvement MAGA. Exemple classique d’accusation inversée, la victime désignée se faisant attribuer les intentions de son accusateur.
Tout ceci avant l’annonce en grande fanfare d’un “discours à la nation” de Trump hier soir, contenant supposément des “révélations” sur la façon dont il se serait vu voler l’élection de 2020, qu’il a perdue (mais, curieusement, n’aurait pas eu à subir les mêmes votes frauduleux dans l’élection de 2024 qu’il a remportée, du moins, à ce qu’il paraît.) Tous les commentateurs s’employaient à tenter de désactiver les mensonges avant ce discours, dont il sera sans doute question ce matin sur tous les réseaux. Je lirai tout ça, entre nouvelles séances au téléphone avec mon “fournisseur de service” menaçant toujours de me couper la ligne pour non paiement d’une facture jamais reçue, nouvelles menaces après qu’on m’ait assurée que le problème en était un au service de facturation du fournisseur en question. Ah, splendeurs et merveilles du merveilleux monde du virtuel où le faux dame le pion au vrai. Personnellement, ça n’est pas tant Trump que je redoute mais bien toute la cabale des puissants salauds qui l’utilisent comme opérateur en chef public de leur machine de sape.
En Ukraine, il se passe un branle-bas énorme autour de la querelle qui opposait le chef des armées et le ministre de la défense. Le président a sacrifié ce dernier, qui était beaucoup plus populaire que le premier. La colère gronde. Je n’y connais rien, si ce n’est de savoir que ce qui se dit publiquement porte rarement sur le fond de l’histoire, alors je laisse à d’autres leurs extrapolations, plus ou moins éclairées, sur le sujet. Il fallait que l’enjeu soit bien sérieux pour pareille prise de décision à ce moment.
À intervalles, j’écoute aussi des épisodes du podcast de Nicolas Demorand sur France-Inter concernant la bi-polarité et la dépression. Dont l’épisode dans lequel Philippe Lançon, le journaliste grièvement blessé lors de la tuerie au magazine Charlie Hebdo, parle de s’être extirpé de sa dépression en lisant…des polars. Personnellement, mis à part les romans de John Le Carré et ceux de Camilleri, ma préférence en lecture va clairement vers la poésie, les contes, les nouvelles…et aussi des non-fictions sur l’état actuel du monde. Lectures sans lesquelles la grande déferlante des mensonges aurait sans doute raison de moi.
Hier, pour un bref instant, le gamin dans L’Horloger des Brumes s’est réveillé. Ce qu’il en sera, de lui ou des autres personnages aujourd’hui ? Aucune idée.
Illustration : improvisations sur taches de peinture.
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Dream: In a space undergoing major renovations, I carry a large bag for someone (it resembles the bags made of heavy paper in which flour is delivered to bread bakeries), I was looking for a spot where to hide it before doing my number, as we all had to do before being fired, the person for whom I was carrying the bag was performing a dance made up of movements at the limit of unbalance and of falls, I managed to store the bag in a corner before doing my own number of which I didn’t know the first thing.
Yesterday, while I was translating an article from the Nerd Reich about Trump’s latest obsession accusing liberals of communism, the page disappeared in its text version before reappearing as code, then coming back as text. The article en question links this imaginary “communism” to an American bestseller that claims that leftist “liberals” are not real humans and that the “good, honest Americans” must destroy them before being done in by them. A classical example of inverted accusations, the designated victim being charged with the accuser’s intentions.
All this prior to the big announcement of a “Speech to the Nation” by Trump last night, supposedly containing “revelations” on the way the 2020 election was stolen from him (but oddly enough, no such phoney votes occurring in the 2024 election which he won, apparently anyway. Every pundit was busy attempting to disactivate the lies prior to the speech, about which there will be tons on the networks this morning. I’ll read all that, between new sessions on the phone with my “service provider” still threatening to cut off the service for non-payment of a bill that was never delivered, new threats received yesterday after being told the problem was with their billing service. Ah, the many marvels and splendors of the virtual world in which the false trumps the true. Personally, I don’t fear Trump as much as I do the cabal of powerful bastards using him as the chief public operator of their battering ram.
Huge upheaval in Ukraine around the in-fighting that opposed the head of the army and the minister of defense. The president sacrificed the latter whose popularity was much greater than the former’s. Anger erupts. I don’t know a thing about it, except to know that whatever is said publicly is rarely what is at the bottom of the story, so I let others pursue their more or less well-advised extrapolations on the topic. Whatever was at stake had to be serious indeed for such a move at this time.
At intervals, I also listen to episodes of Nicolas Demorand’s podcast on France-Inter about bi-polarity and depression. Including the episode in which Philippe Lançon, the journalist who was grievously wounded during the terrorist killing spree at the Charlie Hebdo magazine, talks of having pulled himself out of his depression by reading…novels in the noir genre. Personally, apart from John Le Carré’s novels and those of Camilleri, my preferences in reading lead clearly toward poetry, tales, short stories…and also non-fiction on the current state of the world. Reading without which the great surge of lies would probably get the best of me.
Yesterday, for a brief moment, the boy in L’Horloger des Brumes woke up. What will become of him and of the other characters today ? I have no idea.
Illustration: improvisations on paint stains.