2 juin 2026

Rêves : C’était un peu comme ce jeu d’enfant où il fallait trouver les 7 loups cachés dans le dessin, mais dans la rêve, il s’agissait de relier des significations évoquées dans un taillis de branchages pour en trouver le bon enchaînement ; puis les gens n’étaient pas du tout contents lorsque cette femme les obligeait à refaire des examens en utilisant les nouvelles techniques qu’elle avait mises au point, mais quand ils constataient que leurs résultats étaient bien meilleurs ainsi, ils se mettaient à chanter ses louanges, ce qui n’avait pas été le but; et puis, mention dans un blog d’un chanteur américain prénommé Neil, qui envoyait un mail d’appréciation en réplique.

Le tout en relation directe avec ce que m’inspire la re-lecture de Masculin/Féminin II de Françoise Héritier, à la fois pour le récit et pour la compréhension générale du pourquoi et de ses conséquences sous-tendant la hiérarchie universelle décértant la supériorité des hommes sur les femmes. Lorsque je l’ai mentionné à la sud-africaine hier, elle l’a évacué du revers de la main avec la réponse habituelle concernant la force physique supérieure d’une homme des cavernes des bd, tapant sur la tête de la femme et la traînant par les cheveux derrière lui. Parce que, bien sûr, tous les êtres vivants avant sapiens se devaient d’être plus bêtes qu’une pierre et nous, les plus récents sapiens, tellement plus intelligents que les premiers sapiens, aussi. Je n’y crois pas du tout. Bien sûr, il y a des hommes et des femmes qui ne sont pas plus futés que des pierres parlantes (et il est préférable de ne pas le leur rappeler si on ne veut pas s’en faire descendre une sur la tête) mais, règle générale ? Non, je suis certaines que les premiers sapiens ont dû s’interroger sur le mystère des femmes produisant et des garçons et des filles alors que les hommes n’en produisaient pas du tout; tout comme ils ont dû s’interroger au sujet du jour et de la nuit, à savoir où disparaissaient les étoiles quand le soleil apparaissait et où allait ce dernier durant la nuit; et ainsi de suite. Le vrai “truc”, si l’on peut dire, c’est comment ils ont compris et exploité les avantages que pouvaient procurer l’échange de leurs soeurs ou de leurs filles avec celles d’autres hommes, non pas tant en raison d’une prohibition morale contre l’inceste qu’en raison des avantages qui découlaient de ces pratiques -règlement de conflits, coopération pour les grandes chasses, échanges profitables de biens… Avantages qu’exploitaient toujours noblesses et royautés, d’ailleurs, s’échangeant les filles qui leur produirait des bébés – mâles, de préférence — à leur image et ressemblance.

Sans surprise aucune, quel est le premier droit conquis par les femmes ouvertement contesté par les régimes autoritaires ? Leur droit à contrôler l’usage fait de leur capacité reproductrice, qu’il s’agisse de contraception ou d’avortement, les hommes se doivent d’avoir le dernier mot et leur “supériorité” hiérarchique renforcée à tout moment dans une véritable parodie du bénêt de bd traînant une femme assommée derrière lui.

*Françoise Héritier, Masculin/Féminin II Dissoudre la hiérarchie, Odile Jacob 2012

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Après quoi, dans la fraîcheur du soir tombant, j’ai relu un extrait du Purgatoire de Dante (mon préféré dans la Divine Comédie), lorsque Virgile le quitte au bord du double fleuve donnant accès au Paradis – le Léthé effaçant la mémoire du péché, et l’Eunoé (invention de Dante) ramenant à la conscience du bien.

Sapiens, quoi.

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Dreams : It was something like that childhood game where you must find the 7 wolves hiding in the drawing but, in the dream, it consisted of linking meanings evoked in a thicket of branches in order to set them in the proper sequence; then the people weren’t at all pleased when this woman forced them to take the exams again, this time using new techniques sue had developed, but when they realizes how much better their results were this way, they started singing her praise, which had not been the purpose; and then, mention in a blog of an American singer by the name of Neil, who sent an email of appreciation in reply.

All of this in direct relationship of what the re-reading of Françoise Héritier’s Masculiniste/Féminin II inspires, both story-wise and in general understanding of the whys and wherefores behind the universal hierarchy decreeing the superiority of men over women. When I mentioned it to the South African woman yesterday, she more or less blew it off with the standard response having to do with the superior physical strength of the cartoonish cavern-dweller bonking the woman over the head and dragging her along behind him. Because, of course, all living creatures before sapiens had to be dumber than rocks and us recent sapiens, so much smarter than early sapiens too. I don’t believe this for a second. True, some men and some women are barely more nimble-minded than rocks (and it’s best not to remind them of that, if you don’t want to get bonked over the head), but as a general rule ? No, I’m sure early sapiens must have wondered over the mystery of women producing both boys and girls, and them producing none; just as they must have pondered over day and night, where the stars disappeared to when the sun came out, where the sun went at night-time, and so on. The real “trick”, if we can call it that, being how they understood and exploited the advantages that could accrue from exchanging their sisters and daughters with those of other men, not so much because of a moral prohibition against incest as because of the benefits flowing from the exhanges — settling conflits, cooperation, profitable exchanges…Benefits that were still exploiting nobilities and kings exchanging daughters to produce their babies – males, preferable – in their spitting image.

Unsurprisingly, what is the first right conquered by women that is openly questioned in authoritarian regimes ? The right to control the use made of their reproductive capabilities, be it through contraception or abortion, men are to have the final say in a true parody of a replay of the cartoonish dummy dragging a clobbered woman behind him.

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After which, in the coolness of nightfall, I re-read an excerpt of Dante’s Purgatory (my favorite of his three visits to the “realms”), when Virgil leaves him by the shore of the double river giving access to Paradise – the Lethe, erasing the memory of sin, and the Eunoe (Dante’s invention) bringing back the consciousness of the good.

Sapiens, in other words.

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