
Impression de fraîcheur, il faisait autour de 21° dans le jardin à 5h40 ce matin, et ce qu’il y avait de vent était tombé à un léger frémissement de l’air. Réduction suffisante pour stopper la progression des feux dans la région ? Non, sans doute, il faudrait de la pluie, beaucoup de pluie, pour y parvenir. La tête partagée entre le vrombissement que doit produire le feu dévorant la forêt et l’image, les images, insupportables, dont la moindre n’est pas ce cabotinage insupportable du président accueillant le président ukrainien à l’Elysée avec des embrassades exagérées à la “ah, cher ami ! lumière et soutien de mes jours !”. Oui, bien sûr, question soutien, je soutiens absolument le soutien de la France à l’Ukraine, en autant qu’elle soit autre chose que de la mise en scène, posée sur des lois niant les principes même de la République. Les négligences criminelles des engagements pris, puis ignorés, en matière environnementale, l’esbrouffe et le brouhaha m’as-tu-vu des défilées prévus…Les rapports, dévastateurs, des négligences criminelles, je le répète – allant de celle, élémentaire, de la protection des enfants, à celle, tout aussi élémentaire, de leur assurer en héritage d’autre chose que des débris et…et puis, les mots se tarissent, les pirouettes du président donnant un air de frivolité même aux gestes plus sensés parce qu’il ne s’agit que de gestes, justement, sans la persistance qu’exigerait leur réalisation concrète, et tout en créant “en même temps” les béances dans lesquelles se sont engouffrés les saccageurs.
On aura compris que la nuit ne fut pas terriblement reposante, ni les rêves, très apaisés. Mijoter dans son propre jus pendant que tout cuit dans les environs ne prédispose pas à la gaieté, pendant que les maîtres saccageurs à Washington se joignent aux autres saccageurs mondiaux pour le démantèlement des accessoires d’un ordre mondial dont ils considèrent qu’ils peuvent se passer dorénavant pour leur propre reprise de la pièce de 1908 de Léonid Andréïev, Le Roi Famine. Les candidats se bousculent et se grimpent les uns sur les autres pour y tenir le rôle principal.
Mais, bien sûr, bien sûr, je ferai de mon mieux pour “aller vers le léger” comme le recommande le petit poème inuk que je ne retrouve pas tout de suite. Je le rajouterai ici plus tard. Personnellement, je ne demanderais pas mieux, vraiment.
11h Ah, voilà
Paroles pour alléger ce qui est lourd
je marcherai avec les muscles
des pattes du petit caribou
je marcherai avec les muscles
des pattes du petit lièvre
j’éviterai d’aller vers le noir
j’irai vers le jour
C’est bien. Et j’aime beaucoup. Mais la question est autre : que faire quand c’est bien ce qu’on fait, mais que c’est le noir qui vient vers nous ?
*
A sensation of coolness, it was about 70°F in the garden at 5:40 am and the wind had abated to a slight quivering in the air. A sufficient abatement to stop the progression of fires in the region? Probably not, there would be need of rain, of a lot of rain, to manage that. The head split up between the roar the fire must make as it devours the forests and the image, the unbearable images, the least of which isn’t the unbearable showing off of the French president greeting the Ukrainian one at the Elysée with exaggerated hugs “ah, dearest of friends, light and support of my days!” Yes, obviously, as far as support is concerned, I totally support France’s support to Ukraine, inasmuch as it is something other than an act resting on laws negating the very principles of the Republic. The criminal negligence in the face of commitments taken then ignored in environmental questions, the bluster and brouhaha of the planned “look at me” parades…The devastating reports of, I repeat, criminal negligences — ranging from the most elementary, the protection of children and, just as elementary, that of ensuring they inherit something other than the debris of …here, words fail me, the president’s pirouettes giving even the most sensible of gestures an air of frivolity precisely because they are nothing but gestures, with none of the persistence that their true realization would have already required over the years, while “at the same time” creating the voids the wreckers have stormed through.
From which it should be obvious the night was not terribly restful over here nor the dreams, very soothing. Stewing in one’s own company while the surroundings bake to a crisp does not predispose to jollity, while the master wreckers in Washington join the other world wreckers in the dismantling of the props to a world order they think they can dispose of in their own replay of Leonid Andreyev’s 1908 play, King Famine. The candidates falling over each other in their scramble to interpret the leading role.
But of course, of course, I’ll do my best to “go toward lightness” as recommended in the small inuk poem I can’t find at the moment. I’ll add it here later. Personally, I’d like nothing better.
*
11h Ah, here we go:
Words to lighten what is heavy
i will walk with the muscles
in the paws of the little caribou
i will walk with the muscles
in the paws of the tiny hare
i will avoid going toward the darkness
i will head toward the day
Which is great. And I like it very much. But the question is elsewhere : what when that is what you’re doing, but the it’s the darkness that comes toward you? .