1er juin 2026

Je note en passant les curieuses concordances entre mes rêves et des chroniques précédentes consultées pendant que je dormais.

Les rêves de la nuit étaient d’amitiés. Comme bien des choses “positives”, difficiles à raconter.

Entre notations de recettes hier, turques et libanaises pour l’essentiel, j’ai ressorti le deuxième tome de Masculin/Féminin de Françoise Héritier, suite à la conversation de vendredi avec Camille. Le deuxième tome, parce que c’est celui dans lequel l’anthropologue qu’elle fut pose la question qui régit les rapports hommes-femmes : pourquoi une hiérarchie, établissant dans tous les cas la supériorité du masculin sur le féminin, régit-elle les rapports humains dans toutes les civilisations connues ? De façon plus ou moins ouverte et brutale, plus ou moins “bénigne”, mais partout à travers les âges, en autant qu’on puisse en juger ?

La réponse, version courte, nous apprenant que l’homo dit sapiens dont nous sommes, pense encore sur les schémas élaborés par ses plus vieux ancêtres s’interrogeant sur ce mystère : pourquoi les femmes “fabriquent-elles” et des filles et des garçons, du pareil et du pas pareil ? Pourquoi les hommes ne fabriquent pas d’autres hommes, et les femmes, d’autres femmes ? Il semblerait que les sapiens en vinrent à conclure que c’était l’apport du sperme qui était déterminant et que, de ce fait, le masculin l’emportait sur le féminin comme nous l’apprenait si doctement la grammaire dans notre enfance. (La règle prévaut toujours d’ailleurs.)

Quand je dis que sapiens n’en est encore qu’au stade de la découverte de ce que signifie “savoir qu’on sait” – la conscience – ça semble plutôt évident, non ?

La réflexion se poursuit, le livre en regorge, et deux personnages dans L’Horloger des Brumes la suivent avec beaucoup d’intérêt. Pour l’heure, la sud-africaine que je n’ai pas beaucoup vue durant la visite de sa fille m’invite à sortir de la ville ce matin. Il fait bon, la température est retombée dans les “moyennes saisonnières”, les délires se poursuivent, et vaya con dios alors que vogue la galère (Ulysse et ses rameurs s’approchent présentement de Charybde et Scylla, re-baptisé détroit d’Ormuz).

*Françoise Héritier, Masculin/Féminin II Dissoudre la hiérarchie, Odile Jacob 2012

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I note in passing the odd concordances between my dreams and the previous columns consulted while I was sleeping.

The dreams of the night were about friendship. Like many “positive” things, they are not easy to put in words.

Between writing down recipes yesterday, Turkish and Lebanese for the most part, I pulled out the second tomes of Masculin/Féminin by Frençoise Héritier, following the conversation with Camille on Friday. The second tome because this is the one in which the anthropologist she was puts the question forming the basis of man-woman relationships: why throughout all the known civilizations, has there existed a hierarchy constantly establishing the superiority of the masculine over the feminine ? In a more or less overt and brutal way, or a more or less “benign” one, but everywhere throughout the ages, as far as we can make out? ?

The answer in a nutshell indicating that homo, so-called sapiens that we still are, still thinks with the models elaborated by his most ancient ancestors pondering over the mystery : why can women “produce” both girls and boys, similar and dissimilar ? Why don’t men produce other men and women other women ? Apparently sapiens reached the conclusion that the provision of sperm was decisive and, therefore, the masculine overrode the feminine, as grammar so learnedly taught us as children. (The rule is still prevalent now.)

When I say sapiens is still at the discovery phase of what “knowing that you know” – consciousness – means, it seems pretty obvious, no ?


The reflection carries on, the book is full to the brim with it, and two of the characters in L’Horloger des Brumes are following this very closely. For the time being, the South-African I didn’t see much while her daughter was visiting has invited me to head out of town this morning. The day is balmy, with temperatures back in “seasonal averages”, the craziness is in full swing, vaya con dios as the ship sails on. (Ulyses and his rowers are currently approaching Charybdis and Scylla, re-named Straight of Hormuz).

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