26 avril 2026

Rêve : Tous ces gens qui se demandaient combien de temps encore ils parviendrait à payer leur loyer, même en se privant de nourriture…

Si on appelle ça rêver, autant ne pas dormir, franchement. Ou ne pas se réveiller, c’est au choix. Perso, j’ai laissé sortir le chat, et je me suis enfoncée sous les couvertures.

Le fait est que j’ai commencé la lecture de The Diaries of Jane Somers par Doris Lessing, un des livres que m’a offerts une amie. Un des deux que Lessing avait écrit sous pseudonyme, parce qu’elle voulait savoir comment les éditeurs et les lecteurs accueillaient le travail d’une inconnue. Eventuellement, la vérité s’est répandue de qui était l’auteur de ces histoires où une élégante éditrice d’une revue féminine découvre l’existence que mènent des vieilles femmes dans les taudis de Londres, et comme de tels taudis n’existent pas seulement à Londres et que j’en ai connu de semblables, il y a bien des années déjà, ça ne dispose guère à des pensées légères.

Et puis j’ai commencé hier la traduction d’un article sur la cabale des multi-miliardaires mégalomanes pour lesquels la sidération-fascination que provoque Trump sert de couverture idéale à leurs avancées; je me suis arrêtée, assise dans le jardin, j’ai griffonné des pages et des pages, comme je le fais lorsque je dois exprimer quelque chose, sans vouloir le partager. Viendra peut-être un moment où ces pages et ces pages trouveront l’expression qui leur convient; pour l’heure, ça n’est toujours pas le cas.

Ici, sur ce blog wordpress, quelqu’un a consulté une chronique dans laquelle je citais une phrase écrite par André Markowicz au sujet de l’Ankou — qui représente la mort dans le monde breton : “L’Ankou ne travaille pas, l’Ankou fait travailler.”

On peut dire que l’Ankou a plein de serviteurs dévoués.

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Pour l’heure, je relis la chanson bretonne “Celui qui est allée voir sa maîtresse en enfer,” qu’il publiait en date du 14 juillet 2026 dans ses Partages*. Le poème est trop long pour le citer ici mais, sans surprise, c’est la jeune fille qui a été précipitée aux enfers pour avoir “céder trop vite” à son galant qui lui, ma foi…Il lui demande comment la délivrer, elle répond :

Si un petit oiseau asséchait l’océan,

En ne le bécquetant qu’une fois tous les sept ans,…

elle aurait encore espoir, mais qu’en fait, elle est condamnée pour toute éternité, alors

(j’ajoute : “les filles, hein, préservez votre virginité !”)

(Il faut dire que j’ai lu aussi des témoignages de mères, de psychologues, de travailleuses sociales, concernant ce dévoiement absolu de la présomption d’innocence, condamnant des enfants à revoir leur père au motif de ses droits, à lui, la parole de la mère comme celle de l’enfant étant, apparemment suspecte, nourrie par quelque esprit retors, et la “présomption d’innocence” ne valant que pour le pater familias. Je sais bien que l’innocence peut être bien difficile à prouver, puisqu’elle a rarement de circonstances “probantes” — et comment en aurait-elle ? Mais, même en présence de séquelles physiques indéniables d’abus ? Bref, les humains se créent des drôles de mondes parfaitement tordus.)

*André Markowicz, Partages 2015-2016, Editions Mesures 2023

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Post-scriptum : Je vois qu’un “tireur fou” aurait fait irruption lors du gala des journalistes dont Trump était l’invité d’honneur. Et on est supposé croire à cette mise en scène abracadabrante où les soldats armés apparaissent aussitôt sur la scène en visant la foule ? Ils étaient où, ces braves, pendant que le “tireur fou” se retrouvait dans la salle ? La présidence-série-Netflix se poursuit.

*

Dream: All those people who were wondering how much longer they could go on paying their rent, even while going without food…

If that’s call dreaming, might as well not sleep, frankly. Or not wake up, given the choice. Personally, I let the cat out and went back to burrow under the blankets.

The fact is I started reading Doris Lessing’s The Diaries of Jane Somers, one of the books I was offered by a friend. One of the two books Lessing had written under a pseudonym, wanting to know how publishers and readers greeted the work of an unknown. Eventually, the truth came out that she was the author of these two books in which a glamorous editor of a women’s magazines discovers the tawdry existence of old women in London’s slums and as such slums don’t just exist in London and knew the likes, many, many years ago, it does not make for light-hearted thoughts.

And then, I started translating an article on the cabal of megalomaniacal billionaires for whom the stupefied fascination Trump provokes serves as an ideal cover to their progress; I stopped, went into the garden and scribbled pages upon pages as I do when I must express something that I do not wish to share. A day may come, perhaps, when those pages and pages will find their proper expression; that’s still not the case, for the time being.

Here, on this wordpress blog, someone consulted a column in which I quoted a sentence written by André Markowicz concerning the Anku — the representation of death in the world of Brittany: “The Anku doesn’t work, the Anku puts others to work.”

One can say the Anku has plenty of devoted servants.

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For the time being, I re-read the song from Brittany “The one who sent to see his mistress in hell” which he published on the 14th of July 2016 in his Partages. The poem is too long to be quoted here but, no surprises, it’s the young woman who was thrown into hell for “having given in too quickly” to her lover who, well, you know…He asks her how he can deliver her, she answers:

Si un petit oiseau asséchait l’océan,

En ne le bécquetant qu’une fois tous les sept ans,…

‘If a little bird were to dry out the ocean by sipping at it one every seven years…’ she might still have some hope, but in fact, she is condemned to all eternity, so

(I add: “girls, keep en eye on that virginity of yours !”)

( I should add that I also read the testimony of mothers, psychologists, social workers, concerning the absolute betrayal of the presumption of innocence, condemning children to keep on seeing their father because the latter’s rights, his, the mother’s word like that of the child being, apparently, suspicious, fed by some twisted need for revenge, et the “presumption of innocence” only applying to the pater familias. I know full well that innocence can be a hard thing to prove, since it rarely has convincing evidence, and how could it ? But, even with physical and undeniable traces of abuse ? In short, humans dréate weird and perfectly twisted worlds for themselves.)

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PS : I see a “armed madman” stormed into the journalists’ gala dinner where Trump was the guest honor. We’re supposed to believe in this wild staged event where armed soldiers immediately appear on stage, rifles aimed at the crowd ? Where exactly were these brave ones while the “armed madman” made his way into the hall ?

The netflix-series-presidency plays on.

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