
Rêve : c’était très étrange et mon étonnement était immense devant la réaction totalement inattendue et inexplicable de cette personne – là où il me donnait raison et m’appuyait, alors que je m’attendais au contraire.
D’autant plus étrange que je ne vois pas à quoi rattacher ce rêve. Il flotte, comme le cucube de Camille au-dessus de lieux déserts, on le croirait peut-être inerte, et pourtant…
Ainsi débute ce weekend pour moi, suspendue entre le quotidien et le retour en clinique, demain après-midi. Bien sûr, comme le déroulement, de la procédure et du séjour, m’est connu, la tête a tendance à en faire une sorte de redite du séjour précédent, en février. Les risques de complications sont les mêmes, et comme on aime à répéter “il n’y a aucune raison” pour que tout ne se passe pas aussi bien, cette fois-ci. Mais n’en déplaise aux nostalgiques du passé qu’ils s’inventent, la vie n’est pas un tapis roulant circulaire, répétant indéfiniment du pareil au même. Cela dit, ce risque-ci est calculé, Vava Inouva tourne en boucle dans ma tête depuis le réveil, et j’ai plutôt le regard sur les notes que je griffonnais hier en écoutant les deux historiens, Timothy Snyder et Phillips O’Brien parlant de ces deux guerres en cours — Russie contre Ukraine et Israel/US contre…euh, l’Iran mais aussi le Liban et l’ensemble de leurs alliés traditionnels. Pendant que la Chine prend bonne note.
Comme nous toutes et tous, ces deux hommes essayaient aussi de s’expliquer le comportement de l’entourage de l’homme en train de démanteler la réputation et les acquis américains (d’autant plus qu’américains tous les deux, c’est leur pays et leur propre système de croyances et de valeurs qui sont en cause.) Je partage leurs impressions : tout d’abord, qu’un incompétent s’entourera d’une cour d’incompétents, des flagorneurs comme Hegseth et/ou des êtres qu’il aura profondément humiliés et brisés, comme Rubio et d’autres comme lui, comme Vance prêt à ramper, si nécessaire, pour atteindre ce qu’il imagine comme les sommets qu’il pense à portée de main. Et comme tous ont accepté l’humiliation et de se transformer en larbins du Grand Incompétent en personne, ils ne comprennent pas que le monde entier ne fasse pas comme eux. Non seulement ils ne le comprennent pas, ils ne peuvent pas accepter que tous ne s’abaissent pas comme ils l’ont fait et continuent constamment de le faire eux-mêmes. Il ressentent chaque refus d’en faire autant comme pire qu’une piqure de guêpe ne nous rappelle nos allergies.
J’ai publié leur échange sur la page facebook Maria Damcheva, après y avoir publié, avec traduction française, l’excellent tour d’horizon de Timothy Snyder concernant Viktor Orban et le rôle qu’il joue dans dans la montée internationale des extrêmes-droite, dont les bases reposent sur la corruption et l’autoritarisme, comme si tout l’avenir devait leur appartenir, puisqu’ils le considèrent comme joué d’avance.
Et j’aime beaucoup l’expression de Snyder selon laquelle “la politique n’est pas un sport spectacle”…à moins, bien sûr, qu’on ne choisisse de le traiter comme tel.
Mais pourquoi les déments devraient-ils se voir octroyer le droit de gouverner comme ils l’entendent, au prétexte “qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil” ? Si tel était le cas, nous serions toujours dans des cavernes ou dans des arbres à éviter la dent du tigre.
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Ici : traductions, écriture, rangement, lessive, poursuite de la réflexion sur l’organisation des récits dans l’Horloger des Brumes.
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Post-scriptum : Et puis zut, à la fin. Copie ici de ma réplique à quelqu’un sur facebook me demandant mes motifs d’opposition à la loi Yadan, après avoir traité mon opposition de “mensongère”. Enough already.
Mise à part la précaution verbale dans l’Exposé de Motifs où il est dit que « Si chacun est libre de ses opinions politiques à l’égard du gouvernement israélien, rien ne saurait justifier un appel à la destruction d’Israël », l’ambigüité règne sur ce droit d’exprimer ses opinions, qui sur le sionisme en tant que doctrine ou idéologie, qui sur ce qui constitue le droit à l’existence de l’Etat d’Israël (ou de tout autre, je suppose), à la condition de ne pas appeler à sa destruction. Chacun pourrait approuver ou dénoncer le gouvernement actuel de ce pays, sans être accusé de pratiquer quelque forme d’anti-sémitisme que ce soit.
Pourtant, deux arguments militent contre cette interprétation, à mes yeux, du moins :
Le premier invoque « les formes renouvelées » qu’auraient adopté l’anti-sémitisme depuis le 7 avril 2023. Comme toute autre forme de racisme, l’anti-sémitisme est une vue de l’esprit à caractère visqueux, irrationnel, apte à s’introduire là où se présente une faille, quelle qu’elle soit, pour y poursuivre son travail de sape. Est-ce en multipliant les instruments légaux qu’on s’imagine clouer la bête au pilori d’où elle ne s’échappera plus jamais, jamais, jamais ? Si je regarde l’état dans lequel se trouve l’application des instruments légaux comme internationaux existant déjà, je me permets de douter de la pertinence et de l’efficacité de ce projet de loi.
De un.
De deux, comme on dit en anglais « the devil is in the details » et ici, le diable s’introduit par le biais du libellé parlant de propos « directs ou indirects » qui feraient l’apologie d’actes terroristes dirigées contre l’Etat d’Israël. Cet Etat, comme tout autre, étant une abstraction, faut-il le rappeler, il s’ensuit que toute critique qui pourrait être interprétée comme constitutive d’un appel à la destruction de l’Etat pourrait être passible de poursuites pénales. Car qui seront les valeureux défenseurs de la liberté d’expression qui se chargeront d’interpréter si, oui ou non, ma détestation profonde du gouvernement de Benjamin Netanyahou, par exemple, n’est pas assimilable à un appel avec des relents puants d’ anti-sémitisme ? J’aurai beau invoquer mes attaches personnelles à des individus que je chéris dans ce pays, la viscosité étant ce qu’elle est, elle trouvera bien le moyen de m’enduire, moi ou quiconque aura eu l’heur de déplaire à celle ou celui se considérant meilleur contempteur d’anti-sémitisme que moi.
Bref, plutôt que de se lancer à la chasse des « formes renouvelées » et des appels « directs et indirects », pourrions-nous nous contenter de défendre les valeurs supposées fonder les principes de cette république-ci, y appliquer les lois existantes — y compris sur la diffusion de propos haineux dans les medias — plutôt que de nourrir une nouvelle chasse aux sorcières dont ne profiteront que les marchands de haine des deux bords.
Cela dit, Monsieur, mes préoccupation personnelles sont beaucoup plus terre-à-terre aujourd’hui, puisque je me prépare à une seconde intervention chirurgicale en moins d’un mois, avec entrée en clinique demain. Je vous laisse donc à ces réflexions avec d’autres que moi qui pourraient être disposés à les poursuivre.
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Dream: it was very odd and my astonishment was huge seeing the totally unexpected and inexplicable reaction of that particular person – whereby he said I was right and supported me, when I had expected the opposite.
All the odder given that I don’t see what this dream relates to. It floats above deserted spaces, like Camille’s cucube, seemingly lifeless, and yet…
Thus begins this weekend for me, suspended between daily life and the return to the clinic, tomorrow afternoon. Of course, since both the procedure and the routine are already known to me, my mind tends to see it as a kind of replay of the previous stay in February. The risks of complications are the same, and as we all like to repeat to ourselves “there’s no reason why” things shouldn’t play out as well this time. But notwithstanding those nostalgics of the past they invent for themselves, life is not a circular treadmill, repeating indefinitely the same old stuff. That said, it’s a calculated risk, Vava Inouva is playing over and over again in my head ever since I woke up, and I have more of a tendency to look at the notes I scribbled last night while listening to the two historians, Timothy Snyder and Phillips O’Brien, speaking about those two ongoing wars — Russia against Ukraine and Israel/US against…uh, Iran but also Lebanon and all of their traditional allies. While China takes good note.
As with all of us, these two men were trying to understand the behavior of the man dismantling both the reputation and the assets of his country (especially since both men are Americans, and this is their own country and their own belief and value systems that are at stake.) I share their impressions: first of all, that an incompetent one will surround himself with a court of incompetents, be they sycophants like Hegseth or others like him, and/or beings he will have deeply humiliated and broken, like Rubio or others, like Vance, ready to crawl, if necessary, in order to reach what he imagines to be summits so close at hand. And since they have all accepted to be humiliated and to play the toadies to the Chief Incompetent, they cannot understand that the whole world won’t act as they did. Not only do they not understand, they cannot accept that everyone will not lower themselves as they have done. They experience every refusal to do as they did worse than the sting of a wasp reminds you of a deadly allergy.
I published their exchange on the Maria Damcheva facebook page, after publishing with a French translation Timothy Snyder’s excellent overview about Viktor Orban of Hungary, and the role he has played in the international rise of extremist right-winger whose foundations rest on corruption and authoritarianism, as if all of the future was meant to belong to them, since they consider it as if everything had been already played out in advance.
And I really like Snyder’s expression that “politics isn’t a spectator sport”…unless, of course, you choose to treat it as such.
But why should the demented be given the right to rule at will under the pretext that “there’s nothing new under the sun”? If such were the case, we would all still be living in caverns or huddling in treetops to avoid the tiger’s tooth.
Over here : translations, writing, housecleaning, laundry, and ongoing reflections concerning the layout of the tales in L’Horloger des Brumes.