18 mai 2026

Rêves : entrevue journalistique avec un chat dont les exploits étaient de pures inventions, pour la plupart; puis, c’était la reprise d’un classique du cinéma loufoque français, je faisais partie du nouveau casting, ainsi que des meubles m’ayant appartenu à diverses époques de ma vie, les dialogues étaient nouveaux aussi “la pièce était tellement drôle, moi, si j’y tenais mal mon rôle, c’était de n’y comprendre rien”; puis, moi et les autres personnes dans l’ascenseur sortent indemnes d’un ascenseur qui s’est mis à accélérer et à vibrer de façon inquiétante avant de faire un atterrissage normal, j’en sors pour préparer des quantités invraisemblables de nourriture pour une fête qui bat son plein, quand je viens pour me servir, il ne reste plus de couverts et rien du tout à manger.

Je m’éveille au son et au rythme de Shosholoza, chanson sud-africaine qui fait partie du répertoire de La Rugissante (chantée vendredi soir à la fête où, comme à tous ces repas collectifs, il y avait des quantités invraisemblables de nourriture; ce qui sera aussi le cas mercredi soir, lors de l’assemblée générale de l’école de cirque.)

Deux mini-anecdotes hier, au marché : je croise deux militantes, des vieilles de la veille, toujours actives, en train de s’interroger sur “comment motiver les jeunes pour qu’ils prennent la défense de leurs acquis”; mon expression, dubitative sans doute, provoque un regard anxieux de l’une d’elle, je dis “el pueblo unido jamas sera vencido”, comme dans le chant révolutionnaire chilien. Le regard anxieux devient carrément angoissé. “C’est vrai, non ?” me dit l’une d’elle, au bord des larmes. Je ne réponds pas “tu crois ?” , elle semble trop désespérée. Alors, accompagnant le mot du geste, je dis “Avanti“, comme dans le même chant (aussi dans la répertoire chanté vendredi soir), elles reprennent : “Avanti”. Et j’avance faire mes courses.

Après lesquelles je me pose sur un des bancs de la place et je ferme les yeux pour écouter les oiseaux. Une voix d’homme me demande: “Ça va, madame Kerpisky ? Ça va ? Madame Kerpisky ?” Madame Kerpisky ? J’ouvre les yeux, un homme dans la trentaine que je reconnais vaguement de la fête en question. Il répète “Madame Kerpisky, ça va ?” et je comprends: je porte la même veste que vendredi soir et du russe de la chanson na sopka manchuria, il a tiré ce qui lui a semblé être “kerpisky”. Je souris, je le rassure et il repart.

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Note dans la copie manuscrite de Fantômes/Ghosts; encore en évolution concernant des événements dans la petite enfance. Puis le tourne-boule me projette dans l’écoute d’humoristes américains faisant la fête à l’un d’eux, Stephen Colbert, dont l’émission quittera les ondes dans 3 jours, victime de la vindicte trumpienne, vindicte appliquée par l’agence de contrôle des ondes à la chaîne de télé le diffusant. Les autres de rire beaucoup, beaucoup, en discutant dans quel ordre ils sont appelés à disparaître, eux aussi.

el pueblo unido...mais “el pueblo” existe-il encore, terré quelques part derrière les écrans avec lesquels les individus atomisés se baladent, les yeux fixés sur le rectangle de plastique noire dans la paume de leur main ? The Guardian m’apprenait que des coups de poing s’échangeaient dans plusieurs pays d’Europe dans des files immenses de gens devant des commerces vendant une ou une autre marque célèbre de montre-bracelet. La police anti-émeute a dû intervenir et faire des arrestations dans les échauffourées violentes. Au sujet d’une montre-bracelet.

el pueblo unido…

Désespérée ? De l’être boufferait beaucoup trop d’énergie pour rien.

Atelier d’écriture, cet après-midi. Cirque demain matin. Cours d’anglais mercredi matin. Visite chez la sud-africaine mercredi après-midi, assemblée générale de l’école de cirque le soir, et Doppler à Albi jeudi. Après quoi, j’aurai besoin d’une immense dose de tranquillité si je ne veux pas ressembler intérieurement à l’homme en fil de fer dans l’illustration .

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Dreams : newspaper interview with a cat whose exploits are mainly total inventions; then it’s a new version of classic French zany movie, I was part of the new cast, along with furniture I’ve owned at different periods in my life, the dialogs were new also, “the play was so funny, myself, if I didn’t act my part too well, it’s because I didn’t understand a thing about it); then I was in an elevator with other people, we came out of it safely after it had started accelerating and vibrating in a scary way, I went off to prepare unbelievable amounts of food for a party going on, when I came to help myself, there were plates left and not a scrap left to eat.

I woke up to the sound and rhythm of Shosholoza, South-African song that’s part of the repertoire of La Rugissante (sung Friday night where, as with all potluck meals, there were unbelievable amounts of food; which will also be the case this Wednesday night at the circus school’s general assembly.)

Two mini-anecdotes yesterday at the market: I bump into two old-school activists, still at it and asking themselves “how to motivate the young ones so they will defend the social achievements”; I look doubtful, maybe, an anxious look grows in the eyes of one of them, I say “el pueblo unido jamas sera vencido”, as in the revolutionary Chilean song. The anxious look turns plainly anguished. “But it’s true, isn’t it?” she asks me, on the verge of tears) She looks so desperate that, joining gesture to words, I say “Avanti“, as in that same song (also part of Friday night’s repertoire°, they repeat: “Avanti”. And I move on to my purchases.

After which I sit on one of the park benches, eyes closed the better to listen to the birds. A man’s voice asks: “Are you OK, madame Kerpisky ? Are you OK ? ” Madame Kerpisky ? I open my eyes, a man in his thirties I vaguely remember from said party. He repeats “Madame Kerpisky, are you OK?” and I understand: I’m wearing the same jacket as Friday night and from the Russian in the song na sopka manchuria, he’s made something that struck him as “kerpisky”. I smile, reassure him and he leaves.

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A note in the hand-written copy of Fantômes/Ghosts; still evolving concerning events in early childhood. Then the roly-poly throws me into listening to American humorists celebrating one of them, Stephen Colbert, whose show will end in three days, a victim to Trumpian vindictiveness, applied by the agency controlling the airwaves of the tv channels broadcasting it. The others laugh a lot, a lot, discussing in which order they are called upon to disappear also.

el pueblo unido...but does “el pueblo” still exist, burrowing somewhere behind the screens with which atomized individuals wander, their eyes glued to the plastic rectangle in the palm of their hands. The Guardian informs me fist fights broke out in several countries in huge lines of people outside shops selling some famous-brand watch or other. Riot police were called in to break up the violent scuffles. Over a watch.

el pueblo unido…

Despairing ? That would eat up way too much energy for nothing.

Writing workshop this afternoon. Circus on Tuesday morning. English lesson Wednesday morning. A visit to the South-African in the afternoon, the circus school’s general assembly in the evening, and Doppler in Albi on Thursday. After which I’ll need huge doses of peace and quiet if I don’t want to feel as empty inside as the chicken wire man in the illustration.

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