20 mars 2026

Les images des trois rêves se percutent comme des boules de billard. Dont celle, justement, de gamins utilisant les accoudoirs des sièges dans un wagon de train pour projeter la boule avec leur queue de billard d’un bout à l’autre du wagon; d’une jeune femme dont l’histoire avait été diffusée en ligne, avec pour résultat que chacun la considérait comme une propriété publique, la couvrant de leurs conseils et opinions; et aussi un bout de plage donnant sur la mer du nord, pour l’atteindre, il fallait d’abord patauger dans une eau fangeuse et trop chaude, mais une fois dans ce carré, on trouvait des coins propres et isolés face à la mer.

Ce matin, l’image qui reste de l’épisode du festival des conneries, hier : celle des regards que lançait la première ministre japonaise vers des membres de son équipe pendant que le président des Etats-Unis, à la Maison Blanche et devant le monde entier, déblatérait concernant la duplicité des japonais au moment de Pearl Harbor. A croire que la duplicité des américains en “testant” deux bombes nucléaires, une sur Hiroshima et l’autre sur Nagasaki, ça ne comptait pas, et tout ça pour justifier son lancement des opérations contre l’Iran. (Si j’ai bien compris, il trouvait que les répliques de l’Iran sur les pays arabes du golfe, c’était pas de jeu, comme si le premier imbécile venu aurait pu lui dire que rien n’était plus prévisible. Mais les imbéciles qui l’entourent ont d’autres priorités.)

Une amie me signale la bisbille qui gagne une famille d’une amie commune au sujet des allégeances politiques des uns et des autres, sur fond d’élections municipales françaises. Par les temps qui courent, la bisbille semble un sport encore plus populaire que le billard. Franchement, l’imitation que fait l’humoriste Jon Stewart des caquètements de poules résume parfaitement le “discours politique” en ce moment.

Pendant qu’un loyaliste Trump rachète les machines qui ont servi au décompte des voix lors de l’élection de 2020 afin d’assurer, assure-t-il à Trump, dans une inversion parfaitement trumpienne de la vérité, “que, cette fois-ci, le résultat ne sera pas truqué.” On se souviendra peut-être que les fabricants des dites machines, Dominion Voting Systems, avaient obtenu un règlement de $787 millions de Fox News pour les fausses allégations en question. De vendre ensuite leurs équipements à un truc s’appelant Liberty Vote dont le propriétaire se tortille comme un chiot devant Trump, franchement, ça n’est pas la décision la plus admirable qu’on puisse imaginer pour la suite de cette histoire.

De plus, comment peut-on imaginer que les élections de mi-mandat ne seront pas truquées de toutes les façons imaginables quand tricher, c’est tout ce que Trump sait faire, comme d’instinct ? Voici un homme qui demande à son caddy the déposer des balles de golf dans des endroits qui lui conviennent. Et vous vous attendez à ce qu’il ne fausse PAS l’élection ?

La ville secrète des chats, comme dans le chapitre 19 du Marcovaldo de Calvino. Je ne vois pas d’autre solution pour maintenir les liens entre les bassins, les ruisseaux, les rigoles de santé mentale.

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The images from the three dreams knock up against one another like billiard balls. Including, precisely, that of kids using the arm rests on the seats in a train to hit their billiard ball with a cue, and send it racing straight down to the other end of the railway car; that of a young woman whose story had been shared online, as a result everyone considered her public property and covered her with advice and opinions; and also a bit of beachfront on the Northern Sea, in order to reach it you first had to wade through muddy and overly warm water, but once you reached that squared off bit, you could find clean and isolated spots facing the sea.

The image from yesterday’s festival of stupidities that stays with me this morning : that of the looks the Japanese Prime Minister exchanged with members of her team while the President of the United States, in the White House and before the entire world, blathered on about the duplicity of the Japanese at the time of the Pearl Harbor attack. As if the duplicity of the Americans in “testing” two nuclear bombs, one on Hiroshima and the other on Nagasaki didn’t count, and all that in order to justify his launching of operations against Iran. (If I caught the gist correctly, he was saing that Iran hitting other Arab states in the Gulf just wasn’t fair, as if any idiot could have told him nothing was more predictable. But the idiots around him have other priorities.)

A friend points out to me the family squabble gaining ground in the family of one of our common friends, concerning the political allegiances of the one and the other, over the French municipal elections. These days, squabbles seem to be a sport even more popular than billiards. Frankly, I think Jon Stewart’s imitation of clucking chickens sums it all up perfectly, as far as “political discourse” goes these days.

Meanwhile, a Trump loyalist has acquired the systems tabulating voting results, the ones used in the 2020 election, telling Trump in perfect Trumpian truth reversal that “this time, the results won’t be rigged”. One might remember that the makers of these systems, Dominion Voting Systems, had won a settlement of $787 million from Fox News for the false allegations in question. To then sell their equipment to an outfit called Liberty Vote whose owner wiggles like a puppy in front of Trump, frankly, is not the most admirable decision one could imagine to the rest of this story.

Besides : how can anyone imagine the mid-terms will not be rigged in every way shape and form imaginable when cheating is the only thing Trump knows how to do, as if by instinct ? This is a man who has his caddy drop off golf balls in convenient spots for him. You expect him NOT to rig the election ?

The cats’ secret city, as in chapter 19 of Calvino’s Marcovaldo. Truly, I see no other solution to maintain the links between the pools, the streams, the rivulets of sanity.

4 comments

    • Il s’agit d’une bd publiée chez Seuil jeunesse en 2003 et récupérée pour 50 centimes lors d’une vente des “sortis de prêt” de la médiathèque intercommunale de Gaillac. Texte et images composés par l’illustrateur Albert Lemant, le livre se présente comme des lettres adressées par un certain Marmaduke Lovingstone à une Lady Emma Pawlette, avec des “photographies moisies” éclairant le mystère du Girafawland “et de “l’éphémère République des Isles Girafines.” Personnellement, j’en apprécie surtout les illustrations; je vois qu’il est toujours disponible chez Seuil Jeunesse (mais chez les revendeurs aussi, à bien moindre coût.)

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