
Rêves : rue Coolbrook à Montréal, à côté du logement que j’occupais avec ma famille quand j’étais adolescente, je me retrouve chez une voisine exécrable qui veut tout savoir de ma vie, de celle de ma fille, son mari parle d’un couple que je ne connais pas dont l’un des deux a été brûlé vif, sa femme se plaint que je ne lui aie jamais parlé, jadis, que je pourrais être plus aimable et que ma fille ceci et ma fille cela, ce qui est nécessairement de ma faute, je réussis à partir, rentre au 4406 Coolbrook où mon ex est plongé dans un grand ménage au son de la chanson dans Porgy and Bess, “He Scandalized my Name“; puis relation semi-amoureuse (ce qui ne fut jamais le cas) avec un homme dont j’ai appris récemment qu’il avait fait trois infarctus d’affilée; puis une immense fresque à la Diego Rivera sur tous les accomplissements de l’humanité; puis je roule sur une route déserte entièrement refaite et bordé de briques des deux côtés, à travers une campagne vallonnée, sentiment de liberté.
Je m’en tiendrais volontiers à ça. Mais “des promesses à tenir et des miles à couvrir avant de dormir.”
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Longue (3 heures!) visio-conférence hier avec l’équipe de les humanités. Sans trop de surprise, le nombre de lecteurs a bondi hier suite à la publication des révélations scatologiques au sujet de Donald Trump, mais pas que. Énorme travail en perspective – l’allemand et l’italien se rajoutent au français, anglais et espagnol et un professionnel doit se charger de revoir la présentation qui n’est pas optimale pour lecture sur téléphone (l’idée même de lire de longs textes sur un téléphone me paraît aberrante, mais je suis d’un autre âge, c’est bien connu.)
Et bien que les brèves révisions apportées à L’Horloger hier ne l’indiquent pas nécessairement, une énorme section de cette histoire-là commence enfin à se dévoiler. Vraiment, comme le ferait un immense territoire au détour d’une route, comme sur la route ici, en direction de Castres, lorsque dans un tournant, se révèle la cité médiévale de Lautrec en contrebas.
Pour tout le reste – je veux dire, la réalité politico-politique de l’époque, je relis Le Château de Kafka lentement (accent sur le lentement); je ne saurais dire pourquoi, mais c’est le texte qui me semble le plus approprié à ce moment – enfin, le désarroi de l’arpenteur a quelque chose de tout à fait familier.
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Dreams: Coolbrook street in Montreal, next to the duplex I lived in with my family when I was a teenager, I’m next door at a detestable neighbor’s who wants to know everything about my life, about my daughter’s, her husband is talking about a couple I don’t know one of whom was burned alive, his wife complains that I never talked to her, back then, that I could be more pleasant and that my daughter this and my daughter that, which is necessarily all my faut, I managed to get away, enter 4406 Coolbrook where my ex is deep in a major cleaning to the sound of the sog in Porgy and Bess “ He Scandalized my Name”; then a semi-amorous relationship (which was never the case) with a man whom I heard recently suffered three heart attacks in a row; then a huge Diego Rivera-style mural of all of humanity’s accomplishments; then I driving down a deserted road that’s been entirely redone with brick borders on both sides, winding through a hilly countryside, a feeling of freedom.
I’d gladly leaving it all that that. But “promises to keep and miles to go before I sleep“.
Long (3 hours!) visio-conference yesterday with the team from les humanités. Not too much surprise in the fact the readership figures jumped yesterday with the publication of scatological revelations concerning Donald Trump, but not only. Huge amount of work ahead – German and Italian being added to the French, English and Spanish versions and a professional must handled a revision of the presentation which is not ideal for reading on a phone (the very notion of reading long texts on a phone strikes me as an aberration, but I’m from another time, this is a well-known fact.)
And although the short revisions I brought to L’Horloger yesterday don’t necessarily show it, a huge section of that story is finally coming into view. Truly, the same way that an immense territory would be revealed at the turn of a road, the way that, on the way to Castres, the medieval town of Lautrec suddenly appears below.
As far as everything else is concerned – I mean the politico-political reality of the times, I’m re-reading Kafka’s The Castle slowly (emphasis on slowly); I couldn’t say why, but it strikes me as the most appropriate text for the moment – that is, the land surveyor’s dismay has something that feels entirely familiar.