2 février 2025

Rêve : avant un départ – ménage de fond en comble de ma chambre (qui est prêtée à d’autres quand j’en suis absente), aspiration complète du sol, placement d’un tableau avec des personnages près du lit (la scène alterne constamment entre deux chambres, une permanente et une temporaire, de toute façon, “permanente” ou pas, je suis toujours en déplacement, avec plus d’un jeu de clés, dont celui pour la voiture que je n’ai plus.)

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Hier soir, j’ai posé Le Mal de Vérité* en me réservant la lecture des toutes dernières pages pour ce matin, à partir de la citation de Walter Benjamin dans le dernier tiers de la page 276 : “Dans leurs bâtiments, leurs tableaux et leurs récits, l’humanité s’apprête à survivre, s’il le faut, à la civilisation. Surtout, elle le fait en riant. Ce rire peut sembler barbare. Admettons. Il n’empêche que l’individu de temps à autre peut donner un peu d’humanité à cette masse qui lui rendra un jour avec usure.” Sans être trop certaine de bien en comprendre le sens, alors que “la tristesse qui fatigue beaucoup” d’Esther Mujawayo que cite ensuite Catherine Coquio, je ne la comprends que trop bien.

Et la citation d’Hannah Arendt, tirée de Qu’est-ce que la politique ? : “Les seuls à croire encore au monde sont les artistes. La persistance de l’oeuvre d’art reflète le caractère persistant du monde.”

À laquelle je ne peux répondre que : peut-être. Tout comme au souhait d’Imre Kertesz de ne pas voir son oeuvre étouffé sous les honneurs d’un prix Nobel, son espoir que le monde accepte “de jouer” avec lui.

Peut-être – possiblement, seulement – “le salut” réside-t-il dans cet espace du rêve dans lequel les événements impossibles se produisent. Par exemple, lorsque la scène du rêve saute du moment où l’on tente de rentrer un véhicule surdimensionné à l’intérieur d’un fourgon, et le moment où c’est chose faite.

*Catherine Coquio, Le Mal de Vérité ou l’Utopie de la Mémoire, editions Armand Colin 2015

Un peu de Schubert s’impose.

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Dream: prior to a departure – thorough cleaning out of my room (which is lent to others when I’m away), complete vacuuming of the floor, placing a painting with a group of people on it, near the bed (the scene keeps alternating between two rooms, one permanent and one temporary, in any event whether “permanent” or not, I am constantly moving with more than one set of keys, including that for a car I no longer own.

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Las night, I put down Le Mal de Vérité, reserving the reading of the very last pages for this morning, starting at the Walter Benjamin on the last third of page 276: “In their buildings, their paintings and their tales, humnity prepares to survive to civilization, if it must. Mainly, it does so laughing. This laughter may seen barbaric. Let’s admit it to be so. Nonetheless, from time to time, the individual may provide a bit of humanity to this mass that will repay him tenfold some day.” I’m not too sure I understand the meaning of this, whereas Esther Mujawayo’s “the sadness that exhausts so much“, next quoted by Catherine Coquio, I understand only too well.

And the final quote from Hannah Arendt’s What is Politics? : “Artists are the only ones who still believe in the world. The persistence of the work of art reflects the persistent character of the world.”

To which I can only answer: perhaps. As I do to Imre Kertesz’ wish that his work not be suffocated under the honors of a Nobel prize, his hope that the world will accept “to play” with him.

Perhaps – just maybe – “salvation” resides in that dream space in which impossible events occur. For example, when the dream scene cuts from the moment when one is attempting to fit an oversized vehicle inside a van, and the moment when the deed is done.

A bit of Schubert is required here.

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