11 novembre 2024

Rêve – il n’était pas le seul, mais les autres se sont évaporés : je tentais d’organiser le très grand bordel dans une maison, mais c’était impossible, la confusion se recréait d’elle-même.

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Samedi soir, en fermant le livre Pluie de Françoise Morvan, j’ai eu envie d’ouvrir un autre de ses livres, Brumaire, mais il se faisait tard et je me suis dit que ça serait pour le soir suivant. Donc, hier soir, Brumaire* fut le livre de chevet. Comme dit le quatrième de couverture, le livre “…n’évoque pas seulement les brumes de novembre mais aussi la violence du pouvoir à quoi résister.” C’est dans ce “livre sombre mais qui va vers la lumière” comme le dit la dédicace, que j’ai rencontre pas seulement “le garçon du conte à profil de merle” dans Mausolée, mais à la page 51, dans le texte intitulé Gable, les mots essentiels concernant L’Horloger. Car oui, il est fatigué et à bout, ce dernier des Horlogers des Brumes et l’heure n’a nul besoin de ses simagrées , le cadran de la montre est vide et “le temps connait son temps.

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Ce qui me fournit la clé de son récit à lui et de comment le raconter.

*Françoise Morvan, Brumaire, Editions Mesures, 2019

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Pendant que les journaux se remplissent des annonces au sujet de ce l’insupportable-qu’il-faut-supporter Elon Musk appelle le novo ordo seclorum (nouvel ordre des siècles), financièrement parlant, ce mois (et les suivants) seront rudes. Celui-ci comportant, notamment, la taxe d’eau, la reprise des factures d’électricité et Miss Rosa chez le vétérinaire demain (ces derniers frais assumés par ma fille, heureusement, que son saint nom soit béni.) Dans ce contexte de nouvel ordre des siècles bidon, j’ai eu grand plaisir à partage sur facebook un texte de Vincent Présumey qui se lit comme suit :

“On nous dit : « nous sommes endettés, il va falloir rembourser ». Comme si la dette dite « publique » de l’Etat était la même chose qu’un emprunt pour payer une voiture ou une maison. Les confondre est un mensonge.

La dette publique est un mécanisme clef de la finance capitaliste. Les Etats financent leur fonctionnement (salaires des fonctionnaires) et leurs investissements (armées !) en « empruntant sur les marchés financiers ». Ils émettent pour cela des titres (obligations d’Etat) rapportant intérêt. Et ces titres circulent : ils sont achetés et vendus, rachetés et revendus en bourse. Le prêteur initial (banque, « investisseur institutionnel » …) peut récupérer le principal de la dette très vite avec un bénéfice. Le paiement des intérêts dépasse couramment, au bout de quelques années, le montant initial emprunté.

La réalité est donc l’inverse du mensonge : ce sont les Etats, nos impôts, qui financent le capital financier ! Les ennemis officiels de la « dépense publique » quand il s’agit de santé, d’école et d’environnement sont en réalité des fans de la dépense publique pour alimenter « les marchés » ! Et la « solvabilité de la France » ne réside pas dans sa capacité à rembourser un brave banquier comme un bon père de famille, mais à alimenter plus ou moins longtemps la pompe à finance planétaire. Nuance !”

Nuance, en effet. Qui signifie que si l’on coupe dans des dépenses jugées inutiles et trop coûteuses – vous savez, comme la santé, l’éducation, ce genre de trucs – vous le faites nécessairement afin de maintenir l’alimentation de la pompe à son plein régime.

Santé, tutti.

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Illustration : Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de préciser que l’illustration ci-haut n’est pas l’oeuvre d’une “artiste”.Il s’agit de l’une des expériences avec des encres diluées répandues sur des traits de cire que j’ai réalisées l’autre jour dans un atelier à l’Artonef une fois que l’encre a séché, je m’amuse à y déceler des formes, ce qui a donné celle-ci, qui me plaît bien. Le caractère aléatoire du tout me procure une sensation délicieuse de liberté. (Quant au masque, en plus d’être un cadeau d’un groupe musical sud-coréen, il a une référence personnelle à un rêve important dans lequel je découvrais que derrière un masque en particulier…il n’y avait que du vide.)

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Dream – it wasn’t the only one but the others have evaporated : I was attempting to put some order in the huge mess inside a house but it was impossible, the confusion kept re-creating itself on its own.

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Saturday night when I shut Françoise Morvan’s book Pluie, I had the urge to open another of her books, Brumaire, but it was getting late and I told myself it would be the reading for the following night. So last night, Brumaire was the bedside book. As written on the back cover, the book “…is not only an evocation of November fogs but also of the violence of power against which to resist.” It is in this book “dark but moving toward the light” as the author’s signature said that I meet not only “the boy from the tales with the profile of a blackbird” in the text titled Mausolée, but on page 51, in the one titled Gable, the essential words applying to the Clockmaker. For indeed, he is tired and at his wits’ end, this last of the time keepers in the fog, and the hour has no need for his mimickries, the clock face is empty and “time knows its own time.”

Which provides me with the key to his own story and to how it is told.

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While the news outlets fill with announcements over what the insufferable-we-must-suffer-anyway Elon Musk calls the novo ordo seclorum (new order of the centuries), financially speaking this month (and the following) will be rough. This one involving, notably, the water tax, the renewal of power bills and Miss Rosa’s visit to the vet tomorrow (this last being covered by my daughter, may her blessed name be thanked.) In this context of the phoney new order of the centuries, I took great pleasure yesterday sharing on facebook a text by Vincent Présumey that reads as follows in translation:

“We’re told: “We’re in debt, we’ll have to pay it back”. As if the State’s so-called “public” debt were the same thing as a loan to pay for a car or a house. To confuse the two is a lie.
Public debt is a key mechanism of capitalist finance. States finance their operations (civil servants’ salaries) and investments (armies!) by “borrowing on the financial markets”. To do this, they issue interest-bearing securities (government bonds). And these securities circulate: they are bought and sold, bought back and resold on the stock market.
The initial lender (bank, “institutional investor”, etc.) can quickly recover the principal of the debt at a profit. Interest payments usually exceed the initial amount borrowed after a few years.
The reality is therefore the opposite of the lie: it’s governments, our taxes, that finance financial capital! The official enemies of “public spending” on health, education and the environment are actually fans of public spending to feed “the markets”! And France’s “solvency” does not lie in its ability to pay back a brave banker as would a good family man, but in its ability to feed the planetary finance pump for a longer or shorter period of time. Nuance!

Nuance, indeed. Meaning, if you slash some public services considered too expensive – oh, you know, health services, education, that kind of thing – you necessarily do so in order to keep the extravagant system well fed and sucking away

Best of health to all.

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Illustration: I don’t think it necessary to specify that the illustration above is not the work of an “artist”. It is one of the experiments I did the other day in a workshop at Artonef, by spreading diluted inks over strokes of wax; once the ink has dried, I amuse myself by seeking to make out shapes in it which produced this one that I like. The randomness of it all is what I find tremendously liberating.(As for the mask, besides being a gift from a South-Korean musical group, it carries personal references to an important dream in which I discovered that behind one mask in particular…there was nothing but emptiness.)

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