9 septembre 2024

Rêve qui refuse de se laisser saisir en mots. Il y était question d’une institution qui avait été fondée dans le but d’identifier et de promouvoir l’émergence d’êtres exceptionnels de milieux “défavorisés”, et qui s’employait à faire exactement le contraire , favorisant l’émergence des plus médiocres, des plus soumis et des plus malléables.

*

1935 “Comme toutes les fois où elle s’est montrée divisée, et partant inexistante, l’Europe s’apprêtait à céder aux dictateurs.” (Dans Le Mystère Mussolini de Maurizio Serra*, que je lis dans les moments où ma fille promène son chien .)

Lecture en cours, je ne sais donc pas encore ce que l’auteur dira au sujet du consenso c’est-à-dire l’adhésion des masses au fascisme triomphant. Phénomène qui s’observe partout, les résistants étant toujours minoritaires, le conformisme offrant, en apparence, les meilleures garanties de protection personnelle. L’ennui étant le risque très réel d’y perdre tout ce qui donne sa valeur à la vie humaine.

Je ne vois guère de motifs d’optimisme dans l’état actuel des questions politiques avec la croissance exponentielle des moyens déployés contre la vérité – au point d’en faire quelque chose dont on n’a pas vraiment besoin, vu la profusion des moyens de faire comme si elle n’existait pas.

*Maurizio Serra, Le Mystère Mussolini, collection tempus, Perrin, 2024

*

J’ouvre ma copie de Vertumne et autres poèmes de Joseph Brodsky, version dorénavant recouverte des gribouillis de “ma” version, accompagnée de sa traduction en anglais. J’ouvre au hasard, je tombe sur

…et au mot “avenir”, des essaims de souris

surgissent de la langue russe,

rongeant un bout de mémoire bien rassise,

deux fois plus troué qu’un vrai fromage…

… ce qu’il reste d’un homme

se résume à un fragment.

Sa partie vocale. Partie de discours. “

Dream that refuses to be caught in words. It was about an institution that had been founded in order to identify and promote the emergence of exceptional beings from “disadvantaged” neighborhoods and that worked at precisely the opposite, favoring the emergence of the most mediocre, compliant and pliable.

*

1935. “As with every time it showed itself divided, and thus inexistent, Europe was preparing to yield to dictators.” (In Maurizio Serra’s Le Mystère Mussolini, that I read in the moments when my daughter is walking her dog.)

Still in the process of reading, so I don’t know what the author will have to say on the topic of consenso which is to say the adhesion of the masses to triumphant fascism. A phenomenon observed everywhere, resistors always being in a minority, conformity offering the best guarantees of personal protection, at least in appearance. The problem being the very real risk of losing in it what provides value to human life.

I don’t see much reason for optimism in the current state of political affairs, with the exponential growth of the means deployed against truth – to the point of making it into something we don’t really need, given the profusion of ways of acting as if it didn’t exist.

*

I open my copy of Vertumne et autres poèmes by Joseph Brodsky, a copy now covered with the scribblings of “my” version along with the English version. I open at random and come across

“…and when the future is uttered, swarms

of mice rush out of the Russian language

and gnaw a piece of repressed memory

which is twice as hole-ridden as real cheese.

…What gets left of a man amounts

to a part. To his spoken part. To a part of speech.”

2 comments

Leave a reply to chezrlb Cancel reply