
Rêves : deux bras en rotation, comme les ailes d’un moulin à vent; je suis dans ma maison du Vieux Québec, quelqu’un est en bas, je lui dis de sonner et que je descendrai, on est en train de dessiner la forme de mon pied pour le cordonnier dans Le Château de Kafka; ailleurs, près d’une pharmacie, quelqu’un insiste pour que j’accepte un traitement pour quelqu’un d’autre, je refuse car je ne pense pas que la personne en ait besoin, puis on insiste pour que je constate la nécessité de le remplacer, l’emballage intérieur étant déchiré – c’est un truc compliqué avec des tiges métalliques à assembler. Je me réveille sur “un p’tit coin d’parapluie” de Georges Brassens et une dernière image d’une vieille bande dessinée des années quarante – une aventure dans une station de ski.
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Atelier d’écriture : ma décision est prise, je n’y participerai plus à la rentrée. Ce qui va sans doute créer des tensions avec la personne qui anime cet atelier, qui le prendra comme un désaveu. Mais vraiment, au vu de ce que je “produis” dans ce contexte, le format ne me convient pas du tout. Alors, je vais contribuer deux parmi les moins moches des textes de cette année pour inclusion dans le “yearbook” et puis ça sera la fin de ma participation à cette aventure.
(Mais, en faisant le tri, je retrouve aussi un cahier intitulé Olga Damcheva (en caractères cyrilliques) et un début d’histoire intitulé Allée-Retour – partant d’un extrait non utilisé d’une suite aux Contes d’exil, le gamin “porté par le doux cheval du sommeil“.)
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Ah, merci, André Markowicz pour la chronique de ce jour sur facebook, “Miroir du conte” avec les paroles en français de la chanson d’Idir en kabyle, A vava inouva, que j’ai écouté en boucle sur facebook chantée par une petite fille, et ici dans sa version originale. Que je chante à nouveau en boucle.
Les paroles dans la chronique sont comme suit :
L’ogre est revenu dans la forêt, –
dors encore, dors, les parents dorment,
je l’entends qui geint, je ne verrai
rien de lui, il va de forme en forme.
Pas de lune mais le disque luit –
cinquante ans déjà que je suis morte, –
une averse qui se change en pluie
longue, tiède, quand fermer la porte
ne rassurerait que les vivants,
pauvres, pour le peu que ça rassure.
J’avais peur quand j’écoutais le vent,
ce qu’il porte, lui, de meurtrissures,
dans les arbres, puis je t’ai laissée
seule et j’ai rejoint mon fiancé.
Il n’a pas de tombe et pas de nom,
que son cri sans bouche – ma maison
vraie. Je t’ai veillée comme j’ai pu,
chapelet des grains de cornaline.
Je t’ai dit le conte du début
à la fin, – les gouttes dégoulinent
sur la vitre. À la troisième voix,
tous les soirs, il entre et nous dévore
et nous attendons à chaque fois
qu’on nous reconnaisse, – dors encore.
L’âge que j’ai eu est dans le tien,
j’ai ta langue, ce n’est plus la mienne.
Je traverse, tu ne me retiens
que le temps que les parents reviennent.
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Dreams : two arms in rotation, like on a windmill; I am in my house in Old Quebec, someone is downstairs, I tell him to ring and I will come down, someone was drawing the shape of my foot for the shoemaker in Kafka’s The Castle; somewhere else, near a pharmacy, someone is insisting that I accept a treatment for someone else, I refuse because I don’t think the person needs it, then the insistance is for returning the treatment for a replacement, the inner packaging is torn – it’s a complicated gizmo with metal rods; I wake up to the Georges. Brassens song “un p’tit coin d’parapluie” (two people under an umbrella) and a final dream image of an old cartoon from the forties – an adventure in a ski resort.
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Writing workshop: I’ve reached my decision, I won’t be participating in it anymore in the Fall. Which will undoubtedly create tensions with the workshop leader who will take this as a disavowal. But truly, considering what I “produce” in this context, the format does not suit me at all. So I’ll contribute two of less lousy of the texts from this year for inclusion in the “yearbook” and that will mark the end of my participation in this particular adventure.
(But I also find an old notebook titled Olga Damcheva (in cyrillic script) and the beginnings of a story – the beginning of another story titled Aller-Retour, an unused excerpt of the Tales of Exile, a small boy “carried by sleep’s gentle horse”.)
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Oh, thank you, André Markowicz for today’s column on facebook, titled “Miroir du conte” (Mirror of the Tale) with the words in French of a song in the Kabyle language, A vava inouva, I listened to over and over again on facebook, sung by a little girl, and here in it’s original version. I’m also singing it over and over again.
If I translate the words in the column they go something like this :
The ogre has returned to the forest –
sleep on, sleep, the parents are sleeping,
I hear him moaning, I will see
nothing of him, he goes on shapeshifting.
No moon yet the disk goes on shining –
fifty years already have I been dead –
a shower changing into a rain
long, tepid, when shutting the door
would only reassure the living,
those poor ones, for the little reassurance it provides.
I was afraid when I listened to the wind,
to what it carries in itself of wounds,
in the trees, then I left you
alone and went to meet my betrothed.
He has no resting place and no name,
only the scream without a mouth – my true
home. I tended you as best I could,
a rosary of cornaline beads.
I have told you the tale from beginning
to end, – the drops trickle down
the window. On the third voice,
every night, he enters and devours us
and every time we wait for
someone to recognize us, – sleep on.
The age that was mine is in yours,
I have your tongue, it is no longer mine.
I cross over, you hold me back
only until the parents return.