5 mai 2024

Et une souris, 1, dans le tiroir aux ustensiles de cuisine – spatules, louches et autres trucs immangeables…repartie par où elle était venue pendant qu’en rêve, je fais des courses, accompagnée de mon frère de dix ans (qui en a maintenant 72, en fait, si Dieu lui prête encore vie.)

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Frères humains, qui après nous vivez..” De la chronique du jour d’André Markowicz, je n’ai rien à dire car elle dit tout ce que je ressens. Intitulée “Fabrique du même, retour du refoulé par un dimanche gris”. Il vaut la peine de s’inscrire sur facebook, ne serait-ce que pour la lire. La gangrène progresse. Les morts comme les vivants y sont sacrifiés par la chienlit complète servant de mode “d’analyse” et de gouvernance politique.

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Ici, ce matin, en plus du marché classique, il y aura rencontre avec d’autres personnes de notre petit groupe pour discuter de mesures de soutien pour N et ses 5 enfants.

(De retour chez moi, il fut question de bien d’autres problèmes aussi, dont ceux d’une famille de 7 originaires de Syrie, accompagné d’un Syrien qui parle maintenant français. Ils ont statut de réfugiés – c’est-à-dire 800 € par mois jusqu’en juillet pour 5 enfants et 2 adultes – le salaire minimum étant de 1 200 € par mois). Ils ont besoin d’absolument tout dans la maison vide qui les héberge.)

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Lire Aristophane, 25 siècles plus tard ? Oui, en parallèle avec l’Iranienne Chowra Makaremi où je découvre l’Etat-cannibale qu’est l’Iran des mollahs où le traffic d’organes humains est non seulement légal mais se répand à large échelle – pur bénèf pour les trafiquants, méthode de survie pour les pauvres les plus désespérés. Petites annonces sur les murs de la “Rue des Reins” – une ruelle de Téhéran – genre: “Vends demi-foie et moelle épinière. Homme, 30 ans, groupe sanguin A+. Contact....”

En parallèle aussi avec le 7 octobre de l’Israélienne Lee Yaron – portraits de sacrifiés à la barbarie dans sa montée en puissance. J’écris par petites touches avec l’impression de comprendre pourquoi je lisais Est-ce ainsi que les hommes vivent et le Richard II Quarante d’Aragon avec tant de ferveur quand j’avais 17 ans, au sortir d’événements traumatisants à ma propre échelle. C’était une sorte d’école préparatoire, sans que je ne l’aie su à l’époque. Et sans que je ne comprenne qu’elle m’indiquait des voies de la survie , l’écriture en étant un élément essentiel.

Frères humains, l’orage. Il prend de l’ampleur. Paniquer n’est pas la réponse.

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And one mouse, 1, in the drawer for kitchen utensils – spatulas, ladles and other such inedibles…from which it escaped the way it had come while, in dreamtime, I was shopping for food with my ten-year old brother (who is now 72, in fact, if God is still granting him life.)

“Brother humans who after us shall live“… Of André Markowicz column today, I have nothing other to say than that it summarizes what I feel. Titled “Fabrique du même, retour du refoulé par un dimanche gris” (Manufacturing more of the same, the return of the repressed on a grey Sunday). Signing up on facebook is worthwhile, if only to read it. The gangrene is progressing. Both the dead and the living are being sacrificed to it as utter shambles take over as a means of political “analysis” and governance.

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Over here this morning, along with the usual market : a meeting with others of our small group to discuss supportive measures for N and her 5 children.

(Back home after a meeting about N, and much more, including a Syrian family accompanied by a Syrian who now speaks French. They have a refugee status until July – which means 800€ for a family of 5 children and 2 adults (minimum wage amounts to 1 200 € monthly). They need absolutely everything in the empty house they are staying in.)

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Reading Aristophanes, 25 centuries later ? Yes, in parallel with the Iranian Chowra Makaremi where I discover the cannibalistic State of the mollahs where the traffic of human organs is both legal and widespread. Ads posted on the walls of “Kidney Street” in Teheran – a back alley, such as : “For sale half a liver and spinal marrow. Man, 30, blood group A+. Contact….”

In parallel also with October 7 by the Israeli Lee Yaron – portraits of some of the ones sacrificed to savagery in its increasing strength. I write by brief spurts with the feeling of finally understanding why I read Aragon’s Est-ce ainsi que les hommes vivent and his Richard II Quarante with such fervor when I was 17 and recovering from fairly traumatic times at my own level. Unbeknown to me at the time, it was a kind of prep school – in fact, one that spoke to me of means of survival, writing being a crucial element in it.

Brother humans. The storm. It’s gaining momentum. Panic is not the answer.

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