
Je suppose qu’il devait en être question en rêve cette nuit, car je me suis réveillée sur certaines des excuses invoquées par la majorité anglophone au Canada pour “expliquer” une incapacité congénitale à apprendre la langue de la minorité francophone. (Je suppose qu’il en est ainsi partout: la minorité apprend la langue de la majorité, et le vice-versa n’est pas courant.)
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Que c’est pénible.
“Il faut lire le wording“, dit un des députés du président Macron, pour démonter toute la subtilité de son processus de pensée et de celle de son chef. Pensez donc: un mot trendy en anglais dans sa phrase, c’est pas trop top notch too much ? Hein?
Dit en termes tout bêtes, Macron a fait du verbiage, comme d’habitude en véritable expert du patin à glace verbal. La seule nouveauté étant d’avoir tenu les représentants des partis jusqu’à 2 heures du matin pour que le tout semble tellement ‘profond’, bouleversant, les téléphones bannis et les fuites aussi, sans sous-fifre pour prendre des notes; alors, nécessairement, le compte-rendu arrive en retard, et il est aussi inconséquent que cet nième exercice de com’ com’ com’.
Et le ‘wording‘ de Monsieur Macron ? Ah oui : autour de l’éventualité peut-être qui sait nous ne sommes pas devin, d’une modification à la constitution pour permettre la tenue d’un – tenez-vous bien – un référendum sur l’immigration…
Pénible. Vraiment. Je refuse de les comparer à des clowns, parce j’en connais, des vrais, et c’est un boulot sérieux et conséquent de faire rire les gens en leur présentant le miroir de nos conneries et de nos bêtises. Alors que dans ce cas-ci, il s’agit de la crétinerie en direct, et ça n’est pas drôle du tout.
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Quant au mouvement décrété par le ministère de l’Education “à bas l’abaya dans les écoles”, que dire ? Vu le prochain débat sur l’immigration, ça sent la mise en bouche. L’année derniène,l’émoi tournait, non pas autour du manque de profs (toujours d’actualité), mais de tenues dévoilant le nombril des jeunes filles. Cette année, des adolescentes ont été refusées à l’école; elles ne portaient pas le fameux ‘abaya’ mais des tenues jugées ‘trop larges’. L’une d’elle en plus – pensez donc ! – portait un pendentif en forme de croissant de lune. Alors là, non, c’en était trop: un large pantalon noire sous une chemise flottante noire aussi, vraiment, mademoiselle, vous tentez d’introduire l’Islam dans l’école en douce, c’est ça ? Je vous conseille de porter une tenue plus moulante ! Quand j’avais leur âge, on se faisait fustiger pour le port d’un chemisier sans manche en été et on prononçait des serments de modestie avant les vacances.
C’est toujours au sujet de comment les femmes sont vêtues, n’est-ce pas ? Que ce soit chez ceux qui exigent que les femmes ne dévoilent leur chair pécheresse qu’en privé, ou chez ceux qui font des dogmes autour de ce qui constitue un vêtement “laïc”. On se noie dans le ridicule et vive les hystéries fabriquées de toutes pièces.
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Ça y est : les Contes d’Exil sont chez l’imprimeur. Je me suis mise à la révision/mise en page de ce qui sera 34, rue des Arcades et autres nouvelles lorsque le budget le permettra.
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I guess it must have been a topic in the dreams last night, because I woke up thinking about the excuses by the English-speaking majority in Canada to explain an inborn inability to learn the language of the French-speaking minority. (I suppose the same holds true elsewhere: the minority learns the majority’s language, but precious few from the majority bother working out the vice-versa.)
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This is so tiring.
“You must read the wording” says one of President Macron’s deputies, in order to demonstrate all the subtility of his and his chief’s thought processes. Just imagine: a trendy English word in his sentence, isn’t that just top notch too much ?
Said in plain old every day language, Macron speechified, as usual, and demonstrated his expertise at verbal ice skating. The only novelty consisted of keeping Party leaders up until 2 AM to make it all seem so incredibly ‘deep’, and earth-shattering, no cellphones allowed and no underlings on hand for leaks or note-taking so, necessarily, the report was delivered late and as inconsequential as was this nth exercice in com’ com’ com’.
And Monsieur Macron’s ‘wording‘? Ah yes: around the eventuality perhaps maybe who knows we’re not mind readers, of a modification to the constitution to allow holding a – are you ready – a referendum on the topic of immigration…
Tiring. Really. I refuse to compare them to clowns, because I know some real ones, and it’s a serious and consequential job to make people laugh by holding up the mirror to our stupidities and assorted nonsense. Whereas in this case, these bozos are the real thing when it comes to nonsense, and that’s not funny at all.
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As for the “keep abayas out of the schools” movement launched by the Ministry of Education, what can I say ? Given the upcoming debate on immigration, it served as an apéritif. Last year, the kerfuffle was over – not the dearth of teachers, still a problem – but clothing exposing a young girl’s navel. This year they are denied entry in school not because of the infamous ‘abaya’ but for clothing that’s…too large ! One of them – just think ! – was also wearing a necklace in the shape of a moon crescent. Well that was just too much : large black pants under a loose black top, really Miss, you’re attempting to sneak Islam into the school, am I right ? I advise you to wear more form-fitting clothes from now on ! When I was their age, we were castigated if we wore sleeveless blouses in summertime and took modesty vows before the holidays.
It’s always about how women dress, isn’t it ? Whether it’s with those who insist women must cover their sinful flesh except in private, or with those who build dogmas around which clothing is the right flavor of “secular” at any given time. We’re drowning in the ridiculous and hurray for fabricated hysterics.
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Well, ’tis done. Tales of Exile is at the printer’s and I’ve started revising and working on layout for what will be 34, rue des Arcades and other short stories whenever the budget allows.