6 juin 2023

D’ordinaire, devant une nouvelle lecture, j’ouvre le livre au hasard avant de l’aborder de façon plus “sage”. Mais hier, j’ai été tellement touchée par les dédicaces dans celui-ci* et dans Les Douze**, et par la note ajoutée par Françoise Morvan, que j’ai commencé par la première ligne à la page 9 et passé un bon moment à lire et relire ces mots à la page 10 : “Beaucoup de choses fines sont données sans prix.

C’est bien le cas.

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Puis, ce matin, nouvel épisode dans l’histoire d’horreur qu’impose l’Etat russe à l’Ukraine pour le “crime” de refuser l’horreur qu’il lui a imposé pendant des siècles. L’attaque du barrage de Nova Kakhovka menace la région en amont d’inondations monstrueuses (et menace aussi le maintien des bassins de refroidissement à la centrale nucléaire de Zaporhizhizhia.) Le sans-limites d’une haine déferlante. Finalement, le véritable modèle de Poutine semble être Ivan IV Vassilievitch, dit le Terrible, pour l’immense plaisir qu’il semble trouver à imposer la douleur à tout ce qui lui résiste.

J’aimerais, oh oui, j’aimerais croire qu’un tel exemple catastrophique de la Realpolitik lui ayant permis d’asseoir son pouvoir destructeur servira de leçons aux humains. J’aimerais le croire, mais j’en doute.

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De façon plus prosaïque, la journée a commencé sur des dysfonctions d’objets courants, dont le stylo-piqueur supposé délivré la dose hebdomadaire de l’un des médicaments sur lesquels je suis dépendante, dorénavant. La matinée sera consacrée à des courses; mes personnages se tiennent tous en retrait, comme sidérés, eux aussi, par ce qui se passe dans le monde.

*Françoise Morvan, L’Oiseau-Loup, éditions Mesures,octobre 2021

**Alexandre Blok, Les Douze, traduction et postface André Markowicz, éditions Mesures, août 2021

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Usually when acquiring a new book, I open it at random before reading it in the more conventional way. But yesterday, I was so moved by the inscriptions in this one and in Blok’s Les Douze and by the additional note added by Françoise Morvan, that I started with the very first page on page 9 and spent a good while reading and re-reading the following words on page 10: “Many of the finest things are given without a pricing.”

Such is the case here.

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Then, this morning, a fresh episode in the horror story the Russian State is imposing on Ukraine for the “crime” of refusing the horror it was made to bear under it for centuries. The assault on the Nova Kakhovka dam threatens the entire region downstream as well as the cooling pools at the Zaporizhzhia nuclear power plant. The no-limit of surges of hatred. When all will be said, perhaps the true model for Putin will prove to be Ivan IV Vassilievitch, known as the Terrible, for the huge pleasure he seems to find in subjecting to pain all those who resist him.

I would love, oh yes, dearly love to believe that such a catastrophic example of what Realpolitik has allowed him to establish in terms of destructive power will serve as a lesson for humans. I would love to believe it, but I doubt it.

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On a more mundane level, the day began with dysfunctions in daily objects, including the injection pen supposed to deliver the weekly dose of one of the medications on which I am now dependent. The morning will be devolved to shopping; my characters are all in retreat, as if they were also dazed by what is going on in the world.

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