4 avril 2023

Lorsque les soldats de l’envahisseur russe sont entrés dans le village de Yahidne en Ukraine, il y restait 370 habitants, dont un bébé d’un mois et demi. Ils les ont enfermés dans la cave de l’école – un local d’environ 200 mètres, où ils sont restés dans l’obscurité pour plus de 20 jours, à alterner les périodes debout et les périodes assises, à peine nourris et devant gérer leurs déjections. 359 d’entre eux ont survécu.

De limites aux exactions, il n’y en a aucune. Elles ne sont pas le fait d’horreurs commises de façon exceptionnelle par un groupe de sous-fifres alcoolisés. Elles sont systématiques, tout comme la destruction de villes entières, selon les mêmes méthodes que celles appliquées en Syrie.

Et c’est ce pays, pratiquant la politique de la terre brûlée et du rapt d’enfants, qui présidera le Conseil de Sécurité des Nations Unies ,pour tout le mois d’avril.

J’entends souvent “Oui, c’est terrible,” comme si nous étions devant une fatalité inéluctable. Le fameux “rien de nouveau sous le soleil”, la guerre a toujours existé, et cetera. Le poids des horreurs destinées à nous faire céder au sentiment d’impuissance.

Ce sont les tendances lourdes. Bien sûr. Le poids des coutumes et des habitudes, les conséquences de gestes antérieurs; le passé, en somme. Le fatalisme qui s’installe.

Et puis, il y a autre chose que j’appellerais l’inutile, l’imprévu, l’inattendu. Le non-programmé sans lequel la vie elle-même ne serait jamais apparue sur terre. Gaia avec son sac d’astuces inexplorées.

Résister au poids des évidences. Passer outre, ou carrément à côté. Miser sur…sur la vie, en somme. L’inexplicable qui maintient 359 personnes en vie dans des conditions insoutenables. L’héroïsme est aussi l’une des possibilités inexplicables.

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When the soldiers of the Russian invader entered the village of Yahidne in Ukraine, there were 370 inhabitants left there, including a baby of one and half months. They were locked into the school basement – a space of approximately 200 meters where they remained in the dark for over 20 days, taking turns at standing and sitting, barely fed, and having to deal with their excretions. 359 of them survived.

There are no limits on the exactions. They are not exceptional horrors committed by drunk foot soldiers. They. are systematic, as are the destruction of entire towns, using the same methods as those applied in Syria.

And this very country, the Federation of Russia, applying scorched earth policies, torture and the kidnapping of children,will now. preside the UN’s Security Council tthroughout the month of April.

I keep hearing “yes, it’s awful”, as if we were dealing with an unavoidable fatality. The famous “nothing new under the sun”, war has always existed, etc. The weight of the horrors designed to make us give in, surrender to the feeling of powerlessness

Those are the heavy tendencies. Of course. The weight of customs and habits, the consequences of previous actions; the past, in other words. Fatalism takes hold.

And then, there is something else I would call the useless, the spontaneous, the unexpected. The non-programmed without which life itself would have never appeared on earth. Gaia with her bag of unexplored tricks.

Resisting against the weight of the obvious. Stepping over it, or squarely aside. Betting on…on life, basically. The unexplainable that keeps 359 alive in unbearable conditions. Heroism is also one among the unexplainable possibilities.

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