29 octobre 2026

Rêves : dans le premier, il fallait tout reprendre le texte imprimé, en raison d’une faute de frappe (“on” pour “ont”); dans le second, ils avaient complètement ré-aménagé la disposition des meubles chez-eux et le résultat était bien plus beau et agréable.

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Hier : Le manque total de réalisme du projet de A, se voyant devenir joueur de rugby dans un club de réputation internationale d’un pays anglophone, mais tant que dure cette illusion, il s’acharne à écrire des mots en anglais dans son écriture indéchiffrable et apprendre du vocabulaire comme si son avenir en dépendait…tout en évitant soigneusement d’approcher le club de rugby pour jeunes, ici même dans cette commune, ne serait-ce qu’à titre de bénévole. Ce qui me confirme qu’à un certain niveau, il sait très bien que son rêve est complètement illusoire.

Puis, en après-midi, conversations stimulantes avec Rustine — les deux extrêmes de l’expérience intellectuelle dans la même journée. Alors que nous parlons de violence, il m’apprend qu’un autre jeune a eu une main arrachée, samedi dernier, lors de la manif à Toulouse. Les secouristes ont dû lui courir après, parce qu’en état de choc, il s’est mis à s’éloigner, sa main pendant par un bout de chair à son poignet fracassé par le tir d’une grenade assourdissante par les policiers sur des manifestants paisibles. Armes et tir parfaitement injustifiés dans les circonstances. La violence : vaste, immense sujet.

L’Etat : idem. De toute évidence, dans leurs déclarations et dans leurs annonces de “mesurettes”, les énarques formés pour son administration et sa gouvernance n’ont aucune idée du pays réel qu’ils ne fréquentent jamais, hors des exercices de communication aussi encadrés que possible. Qu’ont-ils appris, au juste, dans leurs grandes écoles ? À part leur rôle de fidèles serviteurs du régime tel qu’il existe, et à se grimper les uns sur les autres pour atteindre les meilleures “places” dans le système. Une sorte d’équivalent mental à un décollement systémique des deux rétines.

Comprendre me semble drôlement plus important en ce moment que de s’indigner (qui vient tout seul et n’aide guère à distinguer l’essentiel du frauduleux). Les Maîtres ès Confusion l’utilisent constamment.

Rustine m’apprend aussi l’existence d’un petit groupe à Toulouse, Chiliens ou Espagnols, engagés dans le même processus de réflexion, en espagnol, évidemment. Pour l’heure, je poursuis la construction de “ma” bibliographie, Rustine fait de même de son côté, nous comparons nos notes et commençons tranquillement à parler à celles et ceux que la démarche de réflexion commune pourrait intéresser.

Sans oublier l’imaginaire, lui dis-je, essentiel pour se dégager des fictions qu’on nous impose comme des réalités inéluctables.

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Dreams: in the first, the entire printed text had to be redone because of a typo (“on” for “ont”, in French, “on” meaning “one” as a pronoun and “ont” “have”, third person plural); in the second, they had completely re-arranged the layout of their furniture and the result was much more pleasant and beautiful.

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Yesterday : A’s total lack of realism with his project in which he sees himself as a rugby player in an internationally renowned club in the English-speaking world, but as long as this illusion lasts, he labors at writing words in English in his undecipherable handwriting and learns English words as if his future depended on it…while carefully avoiding any approaches to the local rugby team for young people, even as a volunteer. Which confirms me in my opinion that he is quite aware that his dream is an illusion.

Then, in the afternoon, stimulating conversations with Rustine — both extremes of the intellectual experience in the same day. As we are talking about violence, he tells me that another youth lost a hand at the demonstration last Saturday in Toulouse. The street medics had to run after him as he walked away, in a state of shock, with his hand barely hanging by a bit of skin off his wrist, mangled by a direct hit from a stun grenade from the police, during a peaceful demonstration. Weapons and shots that are perfectly unjustified in the circumtances. Violence; vast, immense topic.

The State: same thing. Clearly, in their declarations and in their announcements of ersatz “solutions”, graduates of the Administration school supposed to learn how to administer and to govern the country have no idea of the real country, which they never see except during carefully controlled exercises in “communication”. What did they learn, in their grand schools ? Other than their role as faightul servants of the regime as it exists, and to climb over one other to reach the best “positions” in the system. A kind of mental equivalent of a systemic retinal detachment in both eyes.

Understanding strikes me as way more important than constant indignation (which occurs on its own and doesn’t help in distinguishing the essential from the fake. The Masters of Confusion use it all the time.)

I also learned from Rustine of the existence of a small group in Toulouse, both Chileans and Spaniards, involved in the same kind of process of reflexion, in Spanish, obviously. For the time being, I pursue the building of “my” bibliography, Rustine does the same, we compare notes and start slowly talking with others who might be interested in the same approach.

Without forgetting about the imaginary, I tell him, essential for escaping the fictions imposed as inevitable realities.

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