
Rêves : C’est vrai, me disait-il, tous les perspicaces leur échappaient, mais ça leur laissait bien assez des autres, allez (ces autres, il les affublait de noms de légumes et ça n’était pas vraiment clair s’il parlait de légumes ou d’humains); puis c’était la rentrée scolaire, mais tous n’étaient pas prêts, il fallait donc aménager des retours à l’école individuels et adaptés, je me suis réveillée au moment où je croisais l’ancienne directrice du centre social local (quand la commune avait encore une centre social), dans le rêve elle était assise à un bureau au coin d’une rue, à attendre des inscriptions.
Pour ce qui est du premier rêve, il s’agissait de Peter Thiel dont j’ai entre-aperçu une prestation récente publiée sur facebook, prestation dans laquelle il dit que le Mal, au fond, est vraiment une forme de Bien, puisque le Mal, lui, au moins, “gets things done” (réalise des choses). Apparemment, “réaliser des choses”, y compris le Mal, pour Monsieur Thiel, c’est Bien. Quant aux noms de légumes, ils avaient quelque chose à voir avec le chou-fleur que j’ai eu pour 1€ hier au marché parce qu’en raison des canicules, les choux-fleurs ont poussé trop vite et commencent déjà à fleurir; mais, en potage, ça sera tout aussi bon, en tant que compost pour Thiel, ou un autre, c’est autre chose.
Avant de choisir des extraits des récits dans L’Horloger, et après aussi, j’ai relu le poème de Nikolaït Zabolotski, Un rêve, dans la traduction d’André Markowicz. Bien que Zabolotski ait écrit ce poème en 1953, en le lisant la première fois, j’avais eu l’impression de croiser un parent ou ami de “l’ingénieur des collines” dans L’Horloger, celui qui sert de cobaye humain sur des terres irradiées suite à la “Quatrième Déflagration”. Poème qui j’avais recopié dans le cahier où je transcris mes préférés et sur lequel est collée en couverture la feuille jaunissante tirée du dernier volume dans la série des Jean-Christophe de Romain Rolland. Préface dans laquelle Rolland écrivait, notamment : “Hommes d’aujourd’hui, jeunes hommes, à votre tour ! Faites-vous de nos corps un marchepied, et allez de l’avant. Soyez plus grands et plus heureux que nous.” C’était en octobre 1912. Je crois que la Première Guerre des Balkans avait déjà commencé, la Troisième allait se transformer en Première Guerre Mondiale, alors les jeunes hommes de 1912, pour ce qui fut de récolter plus de bonheur que leurs ancêtres…
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Ici, le programme du jour est déjà connu : terminer le dossier de présentation de L’Horloger des Brumes, en espérant pouvoir le finaliser avec Camille, au milieu de son déménagement et voguer, en songeant au tchelovyek de Zabolotski, existant un petit peu des derniers restes de ses habitudes, pendant que du fond de leurs bunkers sécurisés physiques et mentaux, les Peter Thiel et autres, l’oeil goguenard et le sourire vicieux, se font la course auquel fera le plus de Mal re-baptisé Bien.
Le récit de l’ingénieur des collines, lui, a pour exergue un extrait des Métamorphoses d’Ovide qui se lit :
Tant qu’on craint le pire,
On peut nous blesser ; quand notre sort est pire que tout,
On foule aux pieds la peur ; la somme des malheurs nous calme. »
Ovide , Les Métamorphoses, Livre XIV, 488-489
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Dreams : True, he was telling me, we don’t grab hold of all the insightful ones, but that leaves more than enough of the others, you know (these others to which he gave the name of vegetables and it wasn’t really clear if he was talking of vegetables or of humans); then, it was back-to-school time but not everyone was ready to go back to school, making individualized, adapted returns necessary, I woke up as I came across the former director of the local Social Center (when this town still had a Social Center), in the dream, she was sitting at a desk on the corner of a street, waiting for registrations.
As for the first dream, the speaker was Peter Thiel whom I’d caught a glimpse of published on facebook, where he was saying that Evil was really a kind of Good, because Evil at least “gets things done”. Apparently, “getting things done”, including Evil, for Mister Thiel, this is Good. As for the vegetable names, they had something to do with the cauliflower I bought for 1€ at the market yesterday because they have started to flower early following the heat waves of this summer; but made into soup, it will be just as tasty; as Thiel’s compost (or anothers’s) is a different matter.
Prior to choosing excerpts from L’Horloger des Brumes, and afterwards also, I re-read Nikolaï Zabolotski’s poem A Dream, in André Markowicz’ French translation. Although Zabolotski wrote this poem in 1953, when I read it for the first time, I had the impression of coming across a family member or a friend of the “hill engineer” in L’Horloger, the one used as a human guinea pig in the irradiated lands following the “Fourth Deflagration”. A poem I had transcribed from the preface Romain Rollad provided to his final book in the series of novels titled Jean-Christophe. A preface in which Rolland wrote, among other things : “Men of today, young men, it’s your turn ! Use our bodies as a stepping stone and go forward. Be greater and happier than we were.” This was in October 1912. I think the First Balkan War had already begun, the Third would be transformed into the First World War, so the young men of 1912, as far is harvesting more happiness than their ancestors…
Here, today’s program is already set : finishing the presentation of L’Horloger des Brumes, with the hope of being able to finalize it with Camille involved in moving from one house to another, and to carry on, with thoughts for the tchelovyek in Zabolotski, “living somewhat, off the final dregs of his habits”, while from deep within their physical and mental bunkers, the Peter Thiels and others, with a mocking eye and vicious smile, continue their race to find out which of them will commit the most Evil re-baptized Good.
For his part, the engineer’s tale carries the following epigraph taken from Ovid’s Metamorphoses :
We can be wounded, as long as we fear the worst ;
when our fate is worse than everything,
We step on our fear : the sum of the woes becalms us.”
Ovid, Metamorphoses, Book XIV, 488-489
Ovide , Les Métamorphoses, Livre XIV, 488-489
Le mal est un bien qui à la vertiue d ‘accomplir qqc. Quel charabia Les humains Ont le pouvoir de se convaincre de l’absurde
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