
Rêve : Le décret imposait la fabrication de fromage mozzarella à tout le monde, et que les femmes se promènent seins nus pour que chacun puisse s’allaiter s’il le souhaitait, et que le vin ne soit servi que dans des verres à eau Duralex, quelqu’un me parlait, je m’excusais pour rentrer chez-moi revêtir un chemisier et un pantalon et je me suis réveillée avec l’impression qu’on toquait à la fenêtre de ma chambre (impossible, non ? Avec la grille ?)
Et au réveil, Duralex sed lex, me dis-je, et les images reviennent de mon éviction de la session des inscriptions à l’Université Concordia de Montréal en 1969 pour le “crime” d’allaitement public de mon enfant âgé de 2 mois (le sein caché par une couverture, quand même…); et de l’émeute/occupation de cette même université par des étudiants noirs protestant contre le racisme de leur prof; et de Rodney, l’un des leaders de cette occupation, étudiant au doctorat plus tard au Département de Psychologie, se baladant avec sa couleuvre pour tester la phobie aux serpents chez les humains.
Pas de réveil par le rongeur dans le mur, la nuit dernière.
Et un visiteur sur ces pages, re-visitant deux chroniques de 2016, l’une du 9 (en anglais) et l’autre du 13 (en français, décrivant le jeu des mots dont il est question dans l’autre). J’avais intitulé celle du 9 “Excellencies” et je la traduis ici :
La plupart des garçons qui ont réussi leur traversée du désert, puis de la Méditerranée, pour aboutir, d’une façon ou d’une autre dans cette ville, ont reçu bien peu d’enseignement scolaire. À la pauvreté et à la distance des écoles, ceux arrivant de Guinée ont dû faire face au défi additionnel de la panique causée par Ebola et ses conséquences sur la vie sociale. C’est-à-dire : effacement de tous les contacts sociaux, qu’il s’agisse d’école, de jeux, de concerts, de films — tout rassemblement qui soit, où la contagion pourrait se propager.
Je fus donc étonnée hier lorsque l’un des garçons provenant du Guinée a dit, oui, il était au courant de Yaguine Koita (14 ans) et de Fodé Tounkara (15) qui avaient réussi à se glisser dans le train d’atterrissage d’un avion quittant Conakry en 1999 et qui furent retrouvés morts à l’arrivée à Bruxelles. Tout le monde de son âge les connaissait, dit-il, parce qu’un chanteur guinéen avait composé une chanson à leur sujet. Dans son livre Le sanglot de l’homme noir, Alain Mabanckou publie la lettre retrouvée sur l’un des deux garçons et qui commence par ces mots : “Excellences, Messieurs les membres et responsables d’Europe.”
L’un des garçons a lu la lettre à voix haute pour les autres. Nous avons parlé de rêves, d’attentes, de réalités. Puis nous avons joué au jeu des trois mots, pour construire du vocabulaire français et de la facilité dans les présentations orales.
Nous continuerons sur la même lancée, cet après-midi. La chaleur étouffante d’hier s’est transformée en nuages et en air frais.
Écrire. Oui, la plupart du temps, sous forme manuscrite en ce moment. Des morceaux d’un puzzle. Tout d’abord : fabriquer les morceaux. Puis: lent assemblage. Eventuellement : découvrir ce que raconte le puzzle.
Ce qui résume assez bien le processus en cours ici. Hier, j’ai confié à deux personnes de confiance la relecture de la “lettre d’intention” qui doit accompagner la présentation de L’Horloger des Brumes chez un éditeur éventuel, avec la boule au ventre, comme toujours lorsque je me soumets au jugement de quelqu’un d’autre. Non pas la crainte de critiques utiles, mais celle que cause la déception quand le lecteur ou la lectrice ne perçoit pas l’intention, justement, ou la trouve ridicule, déplacée, ou que sais-je encore. Ça n’atteint pas seulement mon amour-propre, mais la perception que j’avais de ma relation avec la personne en question.
Pendant ce temps, la folie se poursuit dans ce monde que les gens considèrent “comme il est, que voulez-vous…” Apparemment, des gouvernants fous d’eux-mêmes, c’est de l’ordre du naturel chez les humains. Quitte à tout foutre en l’air, ma foi…
*
Dream : The decree made the fabrication of mozzarella cheese mandataory for everyone, and woman had to walk about bare-chested so that anyone go drink at their breast, if so desires, and also that wine had to be served up in water glasses made by Duralex, someone was talking to me, I excused myself to go home and put on a shirt and a pair of pants and woke up with the impression that someone had knocked at my bedroom window (impossible, no? with the grating ?)
And upon waking, Duralex sed lex, I tell myself and then the images return of my eviction from the registration period at Concordia University in Montreal in 1969 for the “crime” of breast feeding my two-month old child (even though my breast was covered by a blanket) and of the riot/occupation of the same university by black students protesting gainst the racism of their professor; and of Rodney, one of the leaders of that occupation, become a Phd student in the Psychology Department, walking around with his garter snake to test snake phobia in humans.
No waking by the gnawing beastie in the wall during the night.
And a visitor, re-visiting two columns from August 2016, one from the 9th (in English) et and other from the 13th (in French) describing the word game referred to in the previous one. I had titled the one from the 9th “Excellencies” and it read as follows:
Most of the boys that have made it across the desert, then the Mediterranean and landed somehow in this town have had precious little schooling. To poverty and distance from school, the ones from Guinea found themselves with the added challenge of the Ebola scare and its consequences on social life. As in: eradication of all social contacts, be they schooling, games, concerts, movies – any gathering whatsoever through which contagion could spread.
Therefore, I was surprised yesterday when one of the Guinean boys said, yes, he knew all about Yaguine Koita (14 years old) and Fodé Tounkara (15) who managed to slip into the landing gear of a plane departing from Conakry in 1999 and were found dead on arrival in Brussels.Everyone his age knew about them, he said, because a Guinean singer wrote a song about them. In his book Le sanglot de l’homme noir, Alain Mabanckou publishes the letter found on the boys and which begins with the words: “Excellences, Messieurs les membres et responsables d’Europe.”
One of the boys read the letter out loud for the others. We talked about dreams, expectations, realities. Then we played word games, in order to build up French vocabulary and ease in oral presentations.
More of same to follow this afternoon. Yesterday’s sweltering heat has switched to clouds and cool air.
Writing. Yes, most of it in manuscript form at the moment. Pieces of a puzzle. First: make the pieces. Then: slow assembly. Eventually: discover what the puzzle is about.
Which pretty much summarizes the process underway over here. Yesterday I sent two people I trust the projected “letter of intent” that must accompany the presentation of L’Horloger des Brumes to an editor, I did so with lump in the throat, as always when I submit something to someone else’s apparisal. Not that I fear useful criticism, but rather that caused by disappointment when the reader does not perceive it as it was intended, or finds the intent ridiculous or ill-advised, or whatever else.
Meanwhile, the madness plays out in the craziness humans accept as “the way things are, what can you do about it”. Apparently, leaders crazy about themselves is just part of the natural order for humans, and if they make a total mess of everything, oh well, dem’s de breaks, I guess…
Independence Day here. Les voisins dejà à leurs chaises sur le troittoir à attendre les écoliersde tous äges pour la parade patriotique. 8:50 Am. ! A chacun son plaisir. Gratuit.
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Le changement d’heure dû à la chaleur
On Wed 16 Sep 2026 at 9:00 a.m. Helene Beauchemin < helenekbeauchemin@gmail.com> wrote:
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Viva Mexico ! 🙂
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