24 juillet 2026

Rêve dans lequel se faisait une lente réalisation que la signification des mots se transformait alors que j’étais en train de les lire.

(Ce que j’ai ressenti hier, en fait, en lisant l’entrevue que le sous-secrétaire au département de la défense américaine, Elbridge Colby, accordait au journaliste du New York Times, Ross Douthat qui représente le courant du conservatisme traditionnel dans “l’écurie” des chroniqueurs du journal; M. Colby se qualifiant régulièrement de “réaliste”, d’où il fallait comprendre qu’il adhérait complètement à l’idéologie que le président Trump exprime par les mots: “mark everything to market” — rattachez tout au marché — M. Colby parlant alors des relations dont il fallait faire une évaluation précise de la valeur marchande (« accurately pricing partnership » ) avec l’objectif du maintien d’un statu quoi signifiant « nous sommes les dominants et comptons le rester. » Le tout parsemé de prosternations verbales en direction du président Trump (et un silence absolu concernant son patron, le secrétaire à la défense Pete Hegseth, silence clairement convenu avec le journaliste qui n’en pipa pas mot non plus.) Pipa pas mot, j’ai l’impression à l’oreille d’entendre les pop pop pop du sifflet de L’Horloger des Brumes.

Ce fut au tour de l’Ogresse de s’éveiller pour quelques phrases, hier. Ce qui semble se produire, c’est qu’un mot ou une phrase concernant des événements actuels donne la “note” — comme le mi-mi-mi ou le fa-fa-fa avant de chanter — qui déclenche une réflexion chez l’un des personnages. De toute façon, ce que j’imagine d’un monde dans lequel je ne vivrai plus ne peut être rien d’autre qu’une extrapolation à partir de celui dans lequel nous vivons présentement.

Il y a déjà suffisamment de destructeurs à l’oeuvre pour savoir que les choses ne seront pas jojo en l’an 2184.

Pour l’heure, le département français où j’habite, le Tarn, fait partie de ceux sous vigilance rouge concernant les incendies. Quant au climat politique… Que dire. Si je songe aux réactions d’un pays en guerre comme l’Ukraine où les gens sont prêts à sortir dans la rue pour protester, au risque de recevoir un missile russe, et les réactions du pouvoir à leurs protestations, comparées à celles d’un pays encore en paix comme la France où deux millions de personnes auront beau signer une petition, deux pétitions, trois pétitions, quatre, ils n’en seront pas écoutés pour autant, j’en arrive à l’illustration tirée de l’un de mes cahiers de notes. La démocratie se résumant alors à “votez”, quels que soient les ambitieux se bousculant pour occuper les sièges, et pour le reste, SILENCE ! Sinon…Matraques, taser, tuyaux d’arrosage…

Les chaises musicales, vous savez ? Un jeu de mon enfance lors des anniversaires. Dix personnes, neuf chaises. On tourne on tourne pendant que la musique joue, la musique s’arrête, tous se précipitent sur les chaises. Le dépité se retire. On enlève une chaise et on reprend jusqu’à la bousculade finale. Ça se terminait souvent par des enfants en pleurs qui se faisaient dire “mais ça n’est qu’un jeu, jouons à Epingler la Queue sur l’Âne, maintenant.” Les yeux bandés, avec en main la queue en papier de l’âne en papier — “oh regarde ! elle lui a piqué la queue sur la tête !” Qu’est-ce qu’on s’amuse.

À Hong Kong, je vois que les libraires se font arrêtées pour la vente de livres interdits — comprendre : critiques envers la Chine.

*

Dream in which the slow realization grew that the meaning of words was transforming as I read them.

Which is what I experienced yesterday, in fact, as I read the interview of Elbridge Colby the under-secretary of the American Department of Defense with the journalist of The New York Times, Ross Douthat who represents the stream of traditional conservatism in the paper’s “stable” of opinion columnists; Mr Colby regularly referring to being a “realist” by which one was to understand that he totally agreed with an ideology expressed by president Trump : “mark everything to market”, Colby then speaking about relationships in terms of « accurately pricing partnership », the overall objective being to maintain a status quo that translated into “we are the dominant ones and aim to remain so.” All of this peppered with verbal prosternations before president Trump (and total radio silence concerning his boss, Pete Hegseth, the secretary of Defense, about whom the journalist did not say a word either). (In French, the words describing that silence reminded me of the sound of the pop pop pop in the whistle used by L’Horloger des Brumes.

It was the Ogress’ turn to wake up for a few sentences yesterday. What seems to occur is that a word or a sentence about current events strikes a énote” — like the E-E-E or the F-F-F prior to singing — that sets off a reflection by one of the characters. In any event, what I imagine about a world in which I will no longer be living can’t be anything other than an extrapoliation from what we are currently living through.

There are sufficient numbers of destroyers at work to know that things won’t be ever-so jolly in the year 2184.

For now, the French Department in which I live, the Tarn, is among those under a red advisory for wild fires. As for the politcial climate…What can I say. If I think about the reactions in a country at war like Ukraine, where at the risk of being bombed by Russia, people are out in the street protesting, and the ones in command listen, compared to those in a country still at peace such as France, where two million people can sign one petition, two petitions, three petitions, four, they won’t be heard anyway, I come to the illustration taken from one of my notebooks. Democracy then being summarized by the word “vote”, no matter which ambitious ones are scrambling over each other to grab the chair, as for the rest SILENCE! Or else… Truncheons, tasers, fire hoses…

Musical chairs, you know ? A party game when I was a child. Ten people, nine chairs. You turn and turn around them while the music plays, the music stops, everyone rushes to grab a seat. The disappointed one is eliminated. A chair is removed the whole thing goes on until the final shoving. It often ended with children in tears who were told, “it’s just a game, let’s play Pin the Tail on the Donkey now” – blinfolded, the paper donkey’s paper tail in hand, ” oh look! she pinned the tail on his head !” Such fun.

In Hong Kong I see bookstores owners and staff are arrested for selling forbidden books — books critical of China, in other words.

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