
Les rêves ont filé; pourtant, ils m’avaient réveillée en pleine nuit tant ils étaient vivants. Partis.
Tard en soirée, Camille m’a fait parvenir son dessin de l’Ogresse et la gamine dans le “cocon” de vol les ramenant au bunker souterrain. Elle a des disponibilités dans la semaine qui vient, nous nous verrons jeudi après-midi.
J’ai reçu le dessin au retour d’une représentation au milieu des champs (brûlés par la chaleur, ils étaient, avec de grandes étendues couvertes de tout petits tournesols grillés par le soleil dont on ne tirera pas du tout d’huile). Plus d’une centaine de personnes s’étaient déplacées pour le spectacle mis en scène par une “enfant du pays” et sa petite troupe venue de Montpellier. Les gens ont beaucoup ri, applaudi très fort, contribué généreusement au chapeau qui circulait, et mangé puissamment à l’auberge espagnole — trop généreuse, comme elles le sont toutes. J’aimerais pouvoir dire que j’ai apprécié le spectacle, mais ce serait mentir. L’énergie déployée, ça oui, dans cette pochade utilisant L’Ecole des Femmes de Molière comme point de départ à une sorte de dénonciation du virilisme (c’est Molière qui serait étonné de l’apprendre); apparemment, elles remportent beaucoup de succès dans les collèges et les lycées où leur spectacle sert d’amorce à des discussions sur les hommes, les femmes, la vie, la mort…Personnellement, je n’y retrouvais rien de ce que j’aime. Pas grave ? Non, mais j’aimerais bien quand même que toute cette belle énergie soit un peu plus communicative lorsque je croise les soupirs d’impuissance des plus vieux, oui, tout ça, terrible, effrayant, ah mon dieu, mais qu’est-ce qu’on y peut ?
J’avoue que ça m’énerve beaucoup. Pourquoi ? Parce que j’ai souvent l’impression qu’au lieu de trouver dans les informations des motifs d’une indignation qui fasse agir, c’est tout le contraire, et que bien des gens semblent lire au sujet des désastres et des catastrophes pour se convaincre que tout est foutu d’avance. Y prendre une sorte de plaisir pervers, comme s’il s’agissait d’un récit d’horreur à déguster au lit avec un ou deux chocolats. Ce qui est exactement ce dont les gouvernants-voyous veulent nous convaincre — à tout coup me revient le serpent-hypnotiseur dans le dessin animé “aie confiance, crois en moi…”. Alors oui, bravo les filles pour votre énergie, si c’est ça qu’il faut pour que ça bouge autrement…Vu la quantité de gens sous anxiolytiques zé soporifiques, y a du boulot…
En plus de la nécessité de réflexion aussi, non ?
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Allez. Coupures de subventions, baisse d’abonnements par manque de moyens : l’école de cirque débute la rentrée avec un compte bancaire fort réduit et la perspective de salaires et prestations à régler aux formateurs. Donc : tentatives de recrutement cet après-midi au Forum local des associations, rencontre avec le responsable de la culture lundi à la mairie…et poursuite dans l’écriture de la “lettre d’intention” à soumettre avec des extraits de L’Horloger des Brumes. Plus les imprévus, imprévisibles de par le fait même.

(Illustrations : Non, je ne recommande pas les actions illégales, je constate tout simplement ce qui circule aussi, ces jours-ci.)
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The dreams had fled; and yet, they were so lively that they woke me in the middle of the night. Gone.
Late last night, Camille sent me her drawing of the Ogress and the girl in the flight “cocoon” taking them back to the underground bunker. She has some availability this coming week, we’ll meet up on Thursday afternoon.
I received the drawing upon returning from a show in the middle of the fields (scorched by the heat, they are, with large swaths covered in tiny drooping heads of grilled sunflowers that won’t produce any oil at all). More than a hundred people had come for the show devised by a “local child” and her little theater company come from Montpellier. The folks laughed a lot, clapped very loudly, gave generously in the hat that did the rounds, and ate with gusto at the potluck table — which was too generous as they all are. I would love to be able to say I enjoyed the show, but that would be a lie. The energy deployed, yes, no doubt about that, in this spoof based on Molière’s Ecole des Femmes, turned into a kind of denunciation of virilism (Molière would be the first surprised to hear it); apparently, they have a lot of success with it in high schools and colleges where the show serves as a trigger for discussions about men, women, life, death…Personally, there was nothing in it that I like. Doesn’t matter? No, but I would like to think that all that fine energy could be more communicative when I come across the sighs of powerlessness from the older ones, yes, all that, so terrible, frightening, oh god, but what can we do about it ? Sigh sigh sigh.
It much annoys me, I must say. Why ? Because I often get the impression that, instead of finding reasons for indignation leading to action in all the news, the opposite happens with many people seeming to read about the disasters and catastrophes to convince themselves that everything is already lost. And finding a kind of perverse enjoyment in it, as if it was a horror novel read in bed while eating one or two chocolates. Which is exactly what the rogue leaders want us to believe — every time I think about it, I see the hypnotizing snake in the cartoon “trust me, believe in me...” So three cheers for your energy, girls, if that’s what it takes for people to get activated otherwise…Given the number of folks under anxiolytics und soporifics, there’s a heck of a job to be done…
Plus the need for some thought too, no?
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Onward. Cuts in subsidies, a drop in subscriptions due to lack of money; the circus school is starting the season with a very low bank account and the outlook of salaries and services to be paid to the teachers. So : attempts at recruitment this afternoon at the Forum of local associations, a meeting with the person responsible for culture at City Hall on Monday…and writing the “letter of intent” to be submitted with excerpts of L’Horloger des Brumes. Plus the unexpected, unforeseeable for that very reason.
(Illustrations : No, I’m not recommending illegal actions, simply recording what is also going around these days.)