
Mis à part la “leçon d’anglais” au jeune homme hier, et la sieste dans une tentative pour échapper à la chaleur, la journée fut surtout consacrée à un nième relecture de The Tragedy of King Lear (relecture terminée tôt ce matin). Impossible à lire, par ces temps-ci, sans avoir en tête des personnages contemporains, dont une sorte de combinat Rubio/Vance dans le personnage d’Edmund lorsque ce dernier dit : “Know thou this: that men are as the time is ” (Sache ceci : que les hommes sont comme le veut l’époque).
Et puisqu’une personne inconnue a consulté la publication du 12 décembre 2025 dans laquelle je citais un extrait du Vie et Destin de Vassili Grossman, je reprends cet extrait ici : « Un seul objectif détermine le sens des grands conglomérats humains : gagner pour les hommes le droit d’être dissemblables, de sentir, de penser, de vivre chacun à sa manière.
Pour conquérir ce droit, ou bien pour le défendre, ou encore l’élargir, les hommes s’unissent. C’est là que prend naissance un préjugé effroyable mais puissant, préjugé qui fait croire que de telles unions au nom de la race, de Dieu, d’un parti, de l’Etat, constituent le sens de la vie et non un simple moyen. Non, non et non. C’est dans l’homme, dans sa modeste particularité, dans son droit à cette particularité que réside le seul sens, le sens véritable de la lutte pour la vie. »
Auquel je dis encore et toujours amen.
Pendant que des élus, ici comme ailleurs, s’emploient à faire le lit des extrêmes-droites auxquelles ils sont soit déjà inféodés ou encore qu’ils soignent en sachant que ce sont des mêmes qu’ils obtiendront des faveurs dans “l’après” qu’ils préparent. Ici ? Adoption par l’Assemblée d’une loi de présomption d’innocence pour les policiers utilisant leur arme de service, pendant que le président soutient la nomination d’un défenseur des droits aux idées antagonistes – et bien connues – concernant les droits de celles et ceux dont la tête ne lui revient pas. Pendant que le port du bracelet électronique semble devenir une sorte de déclaration d’indépendance des lois de la République par celles et ceux bien décidés à la dilapider jusqu’au dernier centime.
Inutile ici d’ajouter quoi que ce soit au spectacle du président américain, abattant le décor autour de sa personne démente et bouffie. Il donne à Lear l’apparence d’un amateur dans l’Art de Se Tromper En Tout et Partout. Inutile aussi d’en rajouter concernant les autres grands prédateurs à l’oeuvre. Leurs appétits de destruction semblent insatiables, condition essentielle à leur propre survie. (Lorsque j’étais beaucoup plus jeune que je ne le suis maintenant, j’avais l’impression que Shakespeare avait la main lourde lorsqu’il s’agissait de faire mourir la plupart des protagonistes dans ses tragédies. C’est dire à quel point je n’y connaissais pas grand chose.)
Allez. Plantes arrosée. Huis clos. La journée, telle qu’en elle-même elle sera. (Le fou : “Ma prophétie, avant de partir…“)
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Except for the “English lesson” for the young man yesterday, and the siesta taken in an attempt to escape from the heat, the day was mostly spent on an nth re-reading of The Tragedy of King Lear (finished early this morning). There is no way to read it, in these times, without thinking of contemporary figures, including a kind of Rubio/Vance combination in the Edmund character when he says: “Know thou this: that men are as the time is “.
And since some unknown person consulted a publication from December 12 2025 in which I quoted an excerpt of Vassili Grossman’s Life and Fate, I reproduce it here :“ A single aim determines the meaning of the great human conglomerations: to obtain the right for men to be dissimilar, to feel, to think, to live each in his own way.
In order to conquer this right, or to defend it, or yet again to expand it, men unite. This is where a terrible bias is born, a bias that leads to believe that such unions in the name of race, of God, of a party, of the State, constitute the meaning of life and not just a simple means. No, no and no. It is in man himself, in his modest specificity, in his right to this specificity that rests the sole meaning, the true meaning of the struggle for life.”
To which, as I did then, I add amen.
While elected ones, here as elsewhere, are busy feathering the nest of the extreme right-wingers to which they are already indentured or that they are busy coddling, knowing they will be the ones dispensing favors in the “after” thus being prepared. Over here ? Adoption by the National Assembly of a bill presuming the innocence of policemen using their service weapon, while the president favors as the next Defender of Rights a man whose ideas are antagonistic — and well-known — concerning the rights of those whose mugs he doesn’t like. While wearing an electronic bracelet seems to be on the way to becoming a kind of declaration of independence from the laws of the Republic by those who are well determined to squander its fortunes down to the last centime.
No need to add anything here to the spectacle of the American president dragging down the scenery around his bloated, demented self. He makes Lear look like an amateur in the Art of Getting Everything Wrong Everywhere. No point either in insisting here about the other great predators at work. Their appetite for destruction appears to be insatiable, an essential feature in their personal survival. (When I was much younger than I am now, I used to think that Shakespeare was heavy-handed when it came to killing off most of the protagonists in his tragedies. Little did I know then, from the looks of things now. )
Onward. Plants watered. Windows closed. On to the day as it will reveal itself to be. “Fool / I’ll speak a prophecy ere I go...”