1er juillet 2026

(graines de Nigelles de Damas, à éparpiller à travers le jardin)

Rêve : La plus récente aberration d’une télé-évangéliste américaine faisait chou blanc, à la télé, des commentateurs se donnant des allures de vieux sages discutaient de cet échec comme représentant “un tournant civilisationnel”, rien de moins.

Référence peut-être au délire des “spectacles de drones” et de la course au records Guinness avec des représentations “droniques” de l’enfant Jésus apparaissant au-dessus du Vatican, ou de sa version crucifiée annonçant la fin des temps au-dessus d’une petite ville au Texas célébrant Pâques avec le spectacle Jesus Jesus Jesus. Repentez-vous car la Fin approche. (Article de la revue Wired, traduit et mis en ligne sur la page facebook Maria Damcheva — qui sait, un lecteur égaré se donnera peut-être la peine de le lire, mais ça…)

Le coup du “petit Jésus au-dessus du Vatican” : création de la boîte du jeune frère d’Elon Musk qui affirme que l’émotion “spirituelle” ressentie transcende toute réaction rationnelle. On devine tout l’intérêt de la chose. (En Chine : pas d’enfant Jésus, mais un dragon assez énorme pour encercler un gratte-ciel.) La quantité de matières premières gaspillées, dont le lithium pour les batteries animant les drones ? Ah, mais songez à l’émotion spirituelle transcendant toute raison, hommes et femmes de peu de foi. Pendant que Thiel prêche l’avancée de l’Apocalypse, levez les yeux au ciel, et chantez Amazing Grace avec Andrea Bocelli, le ténor aveugle, non mais.)

Bien. Le mois de juin de l’an 2026 : chose du passé. Ici, les premières soirées du mois de juillet seront prises par des spectacles, plus modestes quand même, celui de fin d’année à l’école de cirque (ce soir), un film-rencontre avec des femmes “jinéologues” au Tir’Chaille jeudi, puis début des spectacles du festival Rues d’Été. Ma contribution consistera d’une présence à l’accueil pour diriger les gens d’un spectacle à l’autre. J’avoue le faire avec un sens du devoir de plus en plus défaillant.

Ces jours-ci, en raison de la chaleur, le rideau est tiré mais la fenêtre est ouverte dans ma chambre, alors on vient, m’appellant par mon nom, voulant savoir si je vais bien, si je n’ai pas trop souffert de la chaleur, et pati et pata et patatit (et patata, éventuellement). C’est bien aimable, mais à 22h passé, avec le rideau tiré et la lampe allumée, de toute évidence, je suis toujours du monde des vivants, oui ? (Un peu l’impression de servir de symbole local de la cause nationale “veillez sur les personnes âgées isolées dans votre entourage” sauf que la personne âgée en question était tranquillement à lire des poètes russes traduits en français. Elle en était à un certain Vladmir Bouritch, en fait, et à son poème

Matin

Je me suis réveillé

surpris de comprendre

que j’avais abandonné mon corps

sans surveillance

aux soins

des étoiles

de l’herbe

des sapins

et du vent

(Ici, le nouveau maire a l’intention de multiplier la présence de caméras de surveillance; ça lui semble nettement plus urgent que de fournir des bancs où s’assoir pour reprendre son souffle, ou juste pour faire ami-ami avec le temps, tant qu’il dure, vu l’approche des chevaux de l’Apocalypse, et les petits Jésus composés de milliers de drones apparaissant dans les cieux au-dessus de foules en larmes.)

*

Dream: The latest aberration by a female American televangelist was a dud, on tv, commentators with attitudes of ancient sages were discussing that flop as representing “a civilisational turning point”, no less..

A reference perhaps to the “drone show craze” and the race for Guinness records with drone representations of baby Jesus appearing above the Vatican or his crucified version announcing the end of times at the Easter Jesus Jesus Jesus show in a small town in Texas. Repent for the End is Nigh. (Article in Wired magazine, translated and published on the Maria Damcheva facebook page — who knows, some lost reader might take the time to read it, for what it’s worth…)

The “baby Jesus over the Vatican” stunt: a creation by the firm of Elon Musk’s young brother who says the “spiritual” emotion experienced transcends all rational reactions. One can see the interest. (In China : no baby Jesus, but a dragon of drones big enough to encircle a high rise.) The amount of wasted raw material, including the lithium for the batteries giving life to the drones ?” Ah, but just think of the spiritual emotion transcending all reason, ye men and women of little faith. (While Peter Thiel preaches the sermon on the advancing Apocalypse, lift your eyes to the heavens and sing “Amazing Grace” along with Andrea Bocelli, the blind tenor.)

So. The month of June of the year 2026 : a done deal. Over here, the first evenings of the month of July are taken up by shows, much more modest however — that of the year-end show at the circus school (this evening), a film and meeting with “jineologist” women at the Tir’Chaille on Thursday, then beginning of the shows at the annual Rues d’Été street festival. My contribution consisting of a presence at the Greeting kiosk, directing folks to the various shows. I confess doing so with an ever diminishing sense of duty.

These days, because of the heat, the curtains are shut but the window is open in my room, so people show up, calling out my name, wanting to know if I’m OK, if I haven’t suffered too much from the heat, and yakky and yak and yakkety (yakyak, eventually). This is most kind of them, but at 10 pm, with the curtain drawn and the lamp on, clearly, I’m still of the world of the living, yes ? (A bit with the impression of serving as the local symbol for the national campaign of “taking care of isolated elders near you”, except that the elder in question was quietly reading Russian poets in French translation. In fact, she was reading a certain Valdimir Buritch and his poem

Morning

I woke up

surprised to realize

I had abandoned my body

without surveillance

to the care

of the stars

of the grass

of the fir trees

and of the wind

(Over here, the new mayor intends to multiply the presence of surveillance cameras; this strikes him as more urgent than providing benches where one can catch one’s breath, or just spend some time making friends with time, while it lasts, what with the Apocalypse on the stampede and a baby Jesus of thousands of drones, staring down at the weeping crowds.)

One comment

  1. Ici à L’aeroport hier soir la foule en attente de vols soient retardés ou cancellés à cause de l’orage se foutait bien des drones et des frères Musk. Le gain de l’éqiipe nationale de soccer a fait lever le toit et uni tous nettoyeurs aux pilotes et voyageurs de tout acabit dans une fierté et sense d’allégresse trés audibles. a tout prendre vive le soccer plutôt que la nouvelle version des Jesus internet d’hommes adultes trop riches pour leur bien et le nôtre

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