
Un rêve de faux départs et de faux-semblants sociaux – je fais semblant d’admirer une prétendue oeuvre de ‘antiquité alors que je la trouve moche, je fais semblant de faire mes adieux à quelqu’un, la bouteille d’un demi-litre d’ersatz en poudre de “crème à café” que je tiens à la main pour remplir le pot presque vide, à la fin, je le pose sur l’étagère et je pars “pour de vrai”, marchant le long d’un front de mer.
Juste avant d’éteindre hier soir, après avoir posé l’exposé de Françoise Héritier concernant “la valence différentielle” sur laquelle repose la supposée supériorité du sexe mâle sur le sexe femelle, cette incroyable “surpuissance” venant compenser la capacité de produire et filles et garçons réservée aux femmes, je me suis mise à la recherche d’un passage dans La Main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin. Je crois que le passage se trouve dans le chapitre intitulé Précognition sur commande. J’y reviendrai tout à l’heure; cette recherche m’a rappelé un moment amusant au matin suivant mon trente-troisième anniversaire de naissance. Je me trouvais à Narvik (Norvège) après une nuit des plus inconfortables avec quatre autres voyageurs, le train arrivant à Narvik à 23h15 et l’auberge de jeunesse fermant ses portes à 23h pile comme nous l’avait fait comprendre de façon peu amène la femme qui nous avait claqué la porte au nez. Nuit étendue sur une dalle de béton devant une entrée d’immeuble, donc. Et, au matin, aperçu d’une rue que j’avais vue en rêve, environ six mois plus tôt, avant d’avoir la moindre idée que je me retrouverais un jour à Narvik. Une rue qui montait droit devant moi, avec une autre qui en partait à angle droit et au coin de laquelle, dans le rêve, j’avais bu un café-crème sublime dans un petit commerce. Ni une ni deux, j’entreprends la montée, à mi-course, j’emprunte la rue perpendiculaire qui s’ouvre sur la droite et, oui, le petit café est bien là…sauf qu’il a dû être vendu depuis mon rêve, car ce qu’on m’y sert, c’est un café très moche avec cet ersatz de crème en poudre qui a refait son apparition dans le rêve de la nuit dernière.
Je ris, parce ce que si ma mémoire est bonne, c’est dans ce même chapitre du livre de Le Guin, que le personnage dit à Genry : “Vous n’avez pas encore compris, Genry, pourquoi nous avons porté à la perfection l’art de la divination et pourquoi nous le pratiquons. — Non. — Pour démontrer la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question.“*
*Ursula Le Guin La Main Gauche de la Nuit, roman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Bailhache, Robert Laffont 1971
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La réflexion se poursuit concernant la rencontre entre “l’Ogresse” et la responsable de cet autre “observatoire souterrain”.
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A dream of fake departures and pretences : pretending to say goodbye to someone, pretending to admire a work of art supposedly ancient which I found lousy, the half-liter jar of ersatz “coffee creamer” I’m holding in my hand to fill the almost-empty jar on the shelf, in the end I set the jar of creamer on the shelf and leave for real, walking along a seashore.
Just before turning off the light last night, after putting down Françoise Héritier on “the differential valence” on which rests the supposed superiority of the male sex on the female’s, that incredible “super-power” compensating for the women’s capacity to produce both girls and boys, I went searching for a passage in Ursula Le Guin’s The Left Hand of the Night. I think it’s in the chapter titled Precognition on command. I’ll keep looking for it later; that search brought back the memory of an amusing moment on the morning following my thirty-third birthday. I was in Narvik (Norway) after a most uncomfortable night with four other travellers, the train arriving in Narvik at 11:15 pm and the youth hostel closing at 11 pm sharp, as we were reminded in no uncertain terms by a woman slamming the door in our faces. And, upon waking, the sight of a street I had seen in a dream six months earlier when I had no idea I’d ever land in Narvik some day. A street that headed straight up a hill, with another taking off at a a sharp angle from it on which, in the dream, I had drunk a sublime coffee with cream in a small shop. I immediately set off for the walk up the hill, took the street opening on a right-handed perpendicular to it and, yes, the small café was there…except it must have been sold since my dream because what I was served was a lousy coffee with the powdered ersatz of creamer which re-appeared in my dream last night.
I’m laughing because in that same chapter of Le Guin’s book, if memory serves, the character tells Genry : “You haven’t yet understood, Genry, why we have raised the art of divinitation to perfection nor why we practice it. — No… — In order to demonstrate the perfect uselessness of knowing the answer to the wrong question. “
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The reflection continues concerning the meeting between the “Ogress” and the woman responsible for that other “underground observatory”.