2 février 2023

Hier, après que V ne se soit pas présentée au cours de français (et que son ‘homme’ ait répondu à mes messages par un ‘ah bon, ah non, désolé…’), quelqu’un m’a prêté un petit livre ‘pour me faire rire un peu.’ Le petit livre, dont je ne mentionnerai ni le titre ni l’auteur, sorte de pochade qui tiendrait en trois lignes, a connu les bontés de la maison Gallimard qui l’a publié dans la collection de poches, Folio. En elle-même, la chose aurait déjà provoqué ma colère mais, ce même jour, j’avais lu un article sur le blog de Françoise Morvan, article dans lequel elle relatait l’invisibilité complète accordée à sa personne et à son travail de traduction par une maison d’édition qui ne l’avait même pas avisé que des livres, traduits par elle ! – faisaient l’objet d’un événement organisé et annoncé publiquement. Des livres de Marchak dont pas un seul Français ne connaîtrait l’existence, n’eut été de son travail à elle.

Bref, de tout ça a résulté un rêve dans lequel je me mettais dans une colère noire contre un joli coeur local qu’on encensait de tous côtés. (Le genre de colère qu’une certaine grand-mère irlandaise aurait considéré digne d’elle.)

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Sur Facebook, ce matin, ni le temps ni l’énergie de regarder la liste des ‘un tel a liké’, ‘un tel a réagi’; il y a le cours au cirque, ce matin, question d’éviter l’ankylose physique et l’engourdissement intellectuel face à l’indifférence environnante. L’impression qu’à force de voir les images de la destruction en Ukraine, l’oeil en vient à ne plus distinguer les plus récentes vues des ruines des plus anciennes. Hier, des images de grues de contractants russes démolissant ce qui tient encore debout à Marioupol. Les cadavres dans ces immeubles ou sous les décombres ? Quantités négligeables. Ça me révulse.

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Autre chose ici après le cours ? Peut-être.

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Yesterday, after V did not show up for the French lesson (and had he ‘man’ answer me with a “oh? gosh, so sorry…”, someone lent me a little book “to make me laugh a little’. The little book, of which I will give neither the title nor the author, was a kind of lame joke you could relate in a few words, had received the blessings of Gallimard, if you please, who published it in its pocket book series, Folio. In itself, this would have already made me angry but, on this very day, I had read an article on Frençoise Morvan’s blog, article in which she related the total invisibility awarded to her person and her translation work by a publishing house that had not even informed her that books, translated by none other than herself ! – would be honored in an event organized and announced publicly. Books by Marchak not a single French person would know of, had it not been for her work.

In short, all this resulted in a dream in which I expressed a thunderous anger against a local sweetheart, praised by one and all. (The kind of thunderous anger a certain Irish grandmother would have owned as if her own.)

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On Facebook this morning, no time or energy to look at the list of “so-and-so liked’, ‘such and such reacted”; there’s the class at the circus this morning, a question of avoiding physical ankylosis and intellectual numbing in view of the indifference in my surroundings. The impression that having seen so many images of destruction in Ukraine, the eye no longer makes a difference between the most recent ruins and the more ancient ones. Yesterday, images of cranes of Russian contractors demolishing what still stands in Mariupol. The bodies in those buildings and under the rubble ? Negligible quantities. A repulsive sight.

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Anything else here, after the class ? Maybe.

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