“L’amour a un oeil de trop”

Pas dans tous mes livres, bien sûr. Et uniquement quand le besoin s’en impose, plus impérieux que celui de lire ou d’écrire. Je griffonne, je commente, je dessine. Le récit au sujet du “mandarin aussi vieux que laid” a eu cet effet sur moi.*

L’amour a-t-il vraiment un oeil de trop? Sauf tout le respect que je porte au Mahâbhârata d’où Asli Erdogan a tiré cette citation, je ne le crois pas. L’amour aurait des yeux sur tout le corps, ou il n’en aurait qu’un seul que ça serait tout pareil. C’est le seul à travers lequel le monde mérite un regard. Même si les témoignages sirupeux  et cucu m’énervent, je le dis quand même parce que l’amour c’est quand même autre chose. Mais bon, je ne suis ni la police des moeurs, ni celle de l’esthétique non plus, alors dansons, chantons, et embrassons qui nous voulons… à condition qu’ils soient d’accord, évidemment.

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Les piles bouquins débordent et se répandent partout. Les rappels administratifs aussi. Aujourd’hui, le jeune que j’héberge a dix-huit  ans – et refuse qu’on célèbre ce passage à un âge adulte semé d’embûches. Papiers, papiers, décrets, circulaires – circulez, circulez, gardez les yeux bien fermés? Et bien non, bien ouverts, au contraire.

Bon anniversaire quand même, L. Que l’âge adulte te soit source de travail et de fierté, pour toi et pour ta mère au loin si loin.

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La phrase me tourne dans la tête depuis hier. Je l’ai écrite il y a plus de dix-sept ans maintenant. Dix-sept ans, c’est le temps que mettent les larves d’une variété de cigales à émerger de leur vie souterraine, pour venir chanter et s’accoupler, le temps d’un court été.

La phrase est tiré d’un récit que j’avais intitulé Contes d’exil:

“J’aperçois l’oiseau. Aussitôt, il s’envole. De plus en plus haut. Il faut garder le regard tout à fait immobile pour ne pas le perdre de vue. Une seule fois, je cile, il disparaît.”

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Et puisqu’il est de tradition de marquer le passage d’un nombre à un autre au calendrier:

Je crois que cette année, comme toutes les autres, sera à la mesure que nous lui donnerons. Personnellement, pendant les heures debout et avec un maximum d’amour, je tenterai de ciler le moins possible, quoi qu’il advienne – grâce que je nous souhaite à tous. Il y a si peu de temps à perdre en jérémiades inutiles.

Allez? Avanti, and so on.

*dans Le mandarin miraculeux d’Asli Erdogan, roman traduit du turc par Jean Descat, Actes Sud 2006

 

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