2 juillet 2026

Il s’agit d’une scène vers la fin d’un très long rêve : une femme vient vers moi, accompagnée d’une amie qui se tient en retrait, je les ai déjà vues dans une autre rêve, la femme porte un maquillage blanc de geisha avec une bouche peinte dans un rouge vif, elle me dit que son père vient de mourir et qu’il ressemblait à un fruit sec à la fin, elle veut que je fasse son effigie, alors je lui demande s’il avait des fruits secs préférés – pruneaux, figues, raisins de corinthe – que je les utilise dans cette image, survient alors quelqu’un qui joue un petit air sur une flûte à bec d’enfant en plastique vert, puis repart dans une pirouette, peu de temps après, je m’éveille à l’extérieur d’une centre culturel dont toute la toiture est en réfection, enveloppé dans un plastique marron.

Hier, juste avant de partir pour le spectacle de fin d’année au cirque, alors que j’étais à traduire l’article que je vais reprendre dans quelques minutes, Rustine est venu à ma porte, m’inviter à prendre un café ce matin après le marché, au restaurant d’Olfa. Puis, spectacle bon enfant, où moi et les autres “petites vieilles” du cours du mardi avons fait les clowns, avant les exercices de portée d’une mère avec son petit de 2 ans, suivi des numéros beaucoup plus costauds – répétition de ceux qui seront joués sur la place du marché demain soir, dont le truc aérien de deux femmes qui pratiquent la “capillotraction”, c’est-à-dire, suspendues par les cheveux. Ah oui, et Marie jouant de la flûte à bec verte sur son trapèze, avant d’y interpréter un air enjoué à l’accordéon.

Puis, repas partagé, comme toujours, des quantités invraisemblables de nourriture dont chacun repart avec des provisions pour le reste de la semaine.

Et maintenant, retour à cette traduction crève-coeur de ce qui se passe “sous les radars médiatiques” en Cisjordanie où le gouvernement israélien est à rendre toute possibilité d’une solution à deux Etats caduque et malvenue, par l’implantation de colonies “sur papier” au besoin, détachant le nord de la Cisjordanie du sud où il y a de moins en moins de palestiniens (et de vergers d’oliviers) qui résistent aux assauts conjugués des colons et de l’armée, le tout rondement mené par le gouvernement Netanyahou dans une sorte d’aveuglement international et local volontaire, que rapporte le journal Haaretz. Lecture et traduction des plus pénibles, je comprends tout à fait qu’on n’ait aucune envie de savoir ce qu’il fait mal de connaître, mais c’est bien sur pareil silence que les méchants dépendent pour avancer jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour réagir. Fait accompli. Soupirs. “Comme c’est triste”, sur fond de soulagement, au fond, il est trop tard, on n’y peut rien, ça n’est plus notre problème. Souvenir de la traduction des entrevues que Zehra avait faites avec les deux jeunes yésidies réfugiées dans un immeuble en ruines, glacial, deux jeunes femmes qui avaient réussi à fuir après des sévices “inimaginables” dit-on pour éviter de les imaginer. Oui, il est bon et nécessaire de prendre des pauses pour ne pas sombrer, des pauses qui permettent de se remettre au travail.

Ce soir au Tir’Chaille, après le repas pour ceux qui n’ont pas de sous, film et discussion avec des “femmes”jinéologues” de Toulouse; j’ai bien hâte de voir et d’entendre ce qu’elles en font de cette notion développée par des femmes kurdes, dont l’agence de presse à laquelle appartenait Zehra, entièrement composée de femmes. C’e sont des choix que je comprends, même s’il me paraît urgent, crucial, essentiel, de travailler avec des hommes, de refuser, et l’imposition d’un statut mineur aux femmes et d’une guerre des genres mortifère. Parmi les espèces, elles sont peu nombreuses celles dans lesquelles les mâles s’en prennent aux femelles. Ça n’a rien d’une fatalité, sauf celle de se contenter d’un “comme c’est triste”.

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It’s a scene toward the end of a very long dream : a woman comes toward me, with a friend who stands in the background, I’ve seen both of these women before in another dream, the woman wears white geisha makeup with a mouth painted in bright red, she tells me her father has just died and that he looked like a dried fruit in the end, she wants me to make his effigy, so I ask her if there were dried fruit he preferred – prunes, figs, raisins — I would use in the image, someone appears then and plays a little tune on a green plastic child’s flute, then leaves again in a pirouette shortly afterwards, I wake up as I stand outside a cultural center the roof of which is being repaired, it is wrapped in brown plastic.

Yesterday, just before I left for the year-end show at the circus, while I was translating the article I’ll pick up on in a few minutes, Rustine showed up at my door to invite me to a coffee this morning after the market, at Olfa’s restaurant. Then, a good-natured show, where us “old women” from the Tuesday class clowned around, followed by lifts a mother performed with her 2 year-old, prior to the much more demanding numbers – a rehearsal for those that will be performed on the market square this Friday evening, including an aerial number by two women suspended by their hair and, ah yes, Marie playing a green flute on her trapeze, prior to a jaunty tune on her accordion.

Followed by a shared meal with, as usual, unbelievable amounts of food, from which everyone leaves with supplies to last a week.

And now, back to the heart-breaking translation about what is going on “below the media radar” on the West Bank where the Israeli government is doing everything it can to render the two-State solution impossible, by settling “paper” colonies, if need be, splitting off the Northern part of the West Bank from the South where there are less and less Palestinians (and of olive groves) resisting against the combined attacks by the settlers and the army, the whole thing carried out at full clip by the Netanyahu government in a kind of wilful international and local blindness, as reported by Haaretz. Painful reading and translating, I fully understand no one wishing to know what it hurts to know, but that’s precisely the kind of silence that evil ones depend on, in order to move forward until it’s too late to react. Done deal. Sighs. “How sad”, on a background of relief, basically, it’s too late, nothing to be done about it, it’s no longer our problem. Reminiscences of the translation of the interviews Zehra had conducted with two young Yazidi women sheltering in a ruined and ice-cold building, two young women who had managed to flee the “unimaginable abuse” as we say in order to avoid imagining it. Yes, taking breaks is a good thing, breaks that allow to carry on with the work.

This evening at the Tir’Chaille, after the meal for those with no money, movie and discussion with the “jineologist” women from Toulouse; I look forward to seeing and hearing what they make of that notion developed by Kurdish women, including the press agency to which Zehra belonged, entirely made up of women. These are choices I understand, even though it seems urgent, crucial, essential to work with men, to refuse both the imposition on women of a minor status and the pursuit of the deadly gendered war. Among the species, few are the ones in which the males attack the females. There is nothing of a fatality in it, other than the one of settling for “how sad”.

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