17 octobre 2026

Rêve très long et complexe. Au réveil, ne m’en reste que l’image de cette peinture qui se met à avoir du sens, plus je la regarde. Au départ : des taches de couleurs et puis, ah mais oui ! la diagonale noire en bas à droite : partie du pont d’un navire, le jaillissement blanc, l’écume de vagues énormes, et ainsi de suite.

Et je comprends que c’est aussi ma compréhension du système bancaire qui s’affine, à force de lire et relire et re-relire Crashed de Adam Tooze*. L’argent n’étant pas un sujet qui m’intéresse, je n’y ai jamais vraiment prêté attention, autre que de savoir si j’avais le nécessaire, ou pas. Et plus je lis, et mieux je comprends qu’il s’agit d’un jeu extravagant, reposant sur des règles inventées (et plus ou moins respectées), exactement comme le jeu d’un groupe de gamins se disant “on dirait qu’on était des pirates et que le trésor se trouvait sous le tapis et que le premier qui trouvait le moyen de s’en emparer sans que les parents remarquent les trous dans le tapis serait le roi des pirates et…”

Le plus dingue de tout, c’est qu’une valeur inventée de toute pièce et qui ne tient que le temps de la convention elle-même, avant de s’effondrer contre le mur de la réalité, constitue la base même de la réalité quotidienne faite d’achats du nécessaire, de paiement du loyer, de l’hypothèque, des services…Sans parler de l’impression d’être “quelqu’un”, vu sa fortune personnelle…

En lisant, j’ai toujours présentes à l’esprit les masses de papier sans valeur qui sont restées aux mains de ceux qui avaient acheté des “valeurs solides” finançant la construction des chemins de fer en Russie, avant la Première Guerre Mondiale. Papiers devenus sans valeurs à partir du moment où Lénine dénonça toutes les ententes prises avec les financiers de la bourgeoisie. Des fortunes ! Effondrées, inexistantes. Ah mais, c’était pas de jeu !

J’en suis à la re-relecture des liens entre le crash dit américain de 2008 et le crise dite de l’euro en 2010, et des liens inextricables entre les deux, grâce à la globalisation du système financier et les règles fondées sur des entourloupes et des clins d’oeil. Me revient l’image du mec à la pêche, inconscient du fait qu’il est assis sur la tête d’un poisson énorme qui peut le basculer et, peut-être, sans même s’en rendre compte. Ah mais, quoi ? Mes milliers de milliards en train de fondre au soleil??? C’est pas de jeu !!! Les règles disaient…

Dollars ? Euro ? Renminbi ? Choisissez votre devise pour une partie de roulette russe. Ah, mais, vous préférez la crypto-monnaie ? Mais, je vous en prie, madame, monsieur, faites vos jeux, faites vos jeux. Des bombes, vous dites ? Des gens qui meurent ? Pas ici, Madame, pas ici Monsieur et j’ai une affaire en or à vous proposer, une affaire comme vous n’en avez jamais vue de votre vie !

*Adam Tooze; Crashed – How a Decade of Financial Crises Changed the World, Penguin Books 2019

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Very long and complicated dream. Upon waking, all that remains is the image of a painteing that starts making sense as I look at it. At first : splashes of color and the, oh but of course ! the black diagonal at the right-hand bottom : part of the deck of a ship, the white surge, the foam from enormous waves, and so on.

And I understand that this is also my understanding of the banking system that’s become more refined through the reading and rereading and re-rereading of Adam Tooze’s Crashed*. Money having never been a topic I found interesting, I never really paid attention to it, other than knowing if I had enough for essentials, or not. And the more I read, and the more I understand that it involves an extravagant game, resting on invented rules (more or less respected), excacly like a game of a bunch of kids saying “let’s say we were pirates and that the treasure was under the carpet and that the first who found the way to get hold of it without the parents noticing holes in the carpet would be the king of the pirates and…”

The craziest part of it all being that a value invented out of nothing and that can only hold for as long as the convention do, before it crashes against the wall of reality, constitutes the very basis of daily reality made up of necessary purchases, the paying of the rent, of the mortgage, of services…Not to mention the impression of being “somebody”, given one’s personal fortune…

While reading, I constantly have in mind the massive amounts of valueless paper left with those who had bought “solid values” financing the building of railroads in Russia, prior to the First World War. Paper that became valueless on the day Lenin denounced all the agreements signed with bourgeois financeers. Fortunes ! Collapsed out of existence. Oh but, the rules of the game didn’t allow for this!

I’m now re-rereading the links between the so-called American crash of 2008 and the so-called euro crisis in 2010, and the inextricable links between the two, thanks to the globalization of the financial system and the rules based on gimmicks and winks of the eye. I’m reminded of the image of the guy fishing, unaware of the fact he’s sitting on the head of an enormous fish that can throw him off and, maybe even without realizing it. Oh but…what ? My thousands of billions melting under the sun ??? That’s not fair!!! The rules said…

Dollars ? Euro ? Renminbi ? Take your pick for a game of Russian Roulette. Oh, but you prefer crypto-currency ? By all means, Sir, Madam, place your bets, place your bets. Bombs, you say ? Not here Madam, not here Sir, and do I have a deal for you, a deal like you’ve never seen before !

*Adam Tooze; Crashed – How a Decade of Financial Crises Changed the World, Penguin Books 2019

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