9 octobre 2026

Illustration : Camille Messager

Du ou des rêves ne reste que la dernière séquence où une personne s’apprêtait à expliquer les processus par lesquels on transformait autrefois les fibres de la plante nommée papyrus en surface sur laquelle écrire et me demandait si j’avais déjà observé cette fabrication dans mes voyages à l’étranger, et je répliquais que non, personnellement, j’avais toujours vu le papyrus découpé en rectangle, comme des feuilles de papier.

Je sais qu’une de mes connaissances travaille sur un livre concernant le papier – ses différents types, usages, les procédés pour sa fabrication, les autres surfaces utilisées à travers les âges sur lesquelles inscrire pensées, récits, contes et comptes…

et cela avait sans doute aussi quelque chose à voir avec la sensation hier soir, de comprendre comment les vieux peuvent se mettre à constamment raconter les mêmes incidents de leurs “jeunes années” lorsque des plus jeunes leur posent des questions. Ce qui fut mon cas hier soir à la plus longue des deux tables dans la cuisine du Tir’ Chaille. Sentiment à utiliser “avec modération” au risque sinon de virer à la vieille qui radote.

Mais le tout avait quelque chose à voir aussi avec quelques notes manuscrites que je ne tiens pas encore à qualifier autrement que de pensées éparses qui en attireront peut-être d’autres. Ah oui, et aussi ce sentiment de “doyenne” en écrivant mes “conseils” de révision d’un projet de conte illustré pour enfants sur un sujet chaud-brûlant : si moi, âgé entre 7 et 10 ans, je me retrouvais dans un monde où tout était permis, quelles seraient mes réactions ?

Et puis, la métaphore du chiendent qui ré-apparait alors qu’on croyait l’avoir éliminé, mais dont il restait un bout de racine. De la résistance, en somme. *

*Me relisant pour les coquilles, j’ajoute qu’en parlant du chiendent et des anciens, je disais à la jeune femme que nous, nous ne serions pas assis autour de cette table si leurs “racines” ne nous avaient pas générés. (Puis, je relis le poème d Han Yü à la page 325 dans Ombres de Chine (la note en bas de page dit qu’il s’agit du dernier poème de Han Yü, il date de 824.)

Et un bref extrait vidéo d’Anna Politovskaya, faisant une évaluation si juste de Poutine. Vingt ans déjà depuis que les “services” ont disposé d’elle. Et la jeune femme à la table hier soir, disant “tout ça fait tellement peur”, appelant la métaphore en question.

Depuis hier, le temps s’est fait automnal et très frais. Demain après-midi : cours de clown au cirque. Il sera des plus bienvenu.

*

Of the dream or dreams only remains the final sequence where someone was about to explain the processes through which the fiber of the papyrus plant was transformed into a surface on which to write and was asking me if I had observed this fabrication during my trips abroad, and I replied that no, personally, I had always seen the papyrus cut into rectangles, like sheets of paper.

I know that someone is working on a book about paper it’s different types, utilizations, the processes used to produce it, the other surfaces used throughout the ages on which to inscribe thoughts, narratives, tales and accounts…

and also, no doubt, this had something to do with the feeling last night, of understanding how old people can start to repeat the same incidents of their “younger years” when younger ones ask them questions. Which was my case last night at the longest of the two tables in the kitchen at the Tir’Chaille. A feeling to be used “with moderation” at the risk otherwise of turning into a rambling old woman.

But it also all had something to do with hand-written notes that I don’t care yet to qualify other than as stray thoughts that might attract other thoughts to them. Oh yes, and also that feeling of a “deaconess” writing her “advice” for the revision of a project for an illustrated book for children on a red-hot topic : if I, somewhere between the ages of 7 and 10, I found myself in a world where everything was allowed, how would I react?

And also, the metaphore of quack grass you think you’ve eliminated, but of which a bit of the root has remained. Of resistance, in short.*

**Reading through for typos, I add that when speaking Me relisant pour les coquilles, j’ajoute qu’en parlant du chiendent et des anciens, je disais à la jeune femme que nous, nous ne serions pas assis autour de cette table si leurs “racines” ne nous avaient pas générés. (Puis, je relis le poème d Han Yü à la page 325 dans Ombres de Chine (la note en bas de page dit qu’il s’agit du dernier poème de Han Yü, il date de 824.)

And a brief video of Anna Politovskaya, appraising Putin so aptly. Twenty years already since the “services” disposed of her. And the young woman at the table last night, saying “it’s all so frightening”, prompting said metaphore.

Since yesterday, the weather has turned autumnal and very cool. Tomorrow afternoon at the circus : a class in clowning that will be most welcome.

2 comments

  1. A lot there! La recherche sur le papier me semble intereressante

    Ici Avis de cyclone dans les 48 heures à venir. Avec l’habituel ton de catastrophe. À voir. Il y aura de la pluie, cela est certain l. Le coke s’y prépare déjà

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