
Pour les Américains, le 11 septembre, il n’y en a qu’un seul : le “9/11” de l’année 2001 lorsque des terroristes prirent le contrôle d’avions commerciaux chargés de passagers et s’en servirent pour percuter les “Twin Towers” de New York et le Pentagone; au prix de leurs vies, les passagers et le personnel de bord d’un autre avion parvinrent à faire échouer l’attentat du quatrième avion qui devait s’abattre sur Washington.
Pour les Chiliens, il y eut un 11 septembre, bien avant : celui de 1973 lorsque Augusto Pinochet, à l’aide de la CIA, perpétra son coup d’Etat contre le gouvernement de Salvador Allende, déclenchant des années de répression violente contre les habitants — disparitions, enlèvements, tortures, assassinats se poursuivant pendant des années et des années de noirceur.
Pour les Israéliens, depuis 2023, il n’y a qu’un seul 7 octobre, inutile d’en préciser l’année, tout le monde comprend aussitôt que c’est celui où le Hamas déclencha son pogrom sur Israël, avec les conséquences horrifiques qui se poursuivent toujours.
Je parie qu’une recherche à travers les éphémérides résulterait en un calendrier des horreurs dont il n’y aurait pas un seul jour ne portant pas la marque de l’ignominie.
Hier, après le passage de Camille et nos discussions au sujet de L’Horloger des Brumes, j’ai traduit la chronique de l’historien Timothy Snyder. Il l’écrivait depuis un souterrain à Kharkiv en Ukraine, pendant la troisième alerte de la nuit signalant l’arrivée de drones et de missiles aériens lancés par. les Russes contre les habitants de cette ville, et d’autres aussi, sans aucun doute.
Il rappelait, fort à propos, la façon dont la réplique américaine aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 avait “mis la table” pour tout ce qui s’en est suivi, non seulement au Moyen Orient avec la frappe désastreuse contre l’Iraq, mais avec l’ascension de menteurs faisant, tour à tour, le jeu des terroristes qui les entraînant dans des comportements terroristes à leur propre image. Avec les résultats que l’on vit maintenant.
Snyder rappelle comment, suite à l’invasion de la Crimée ukrainienne par la Russie en 2014, il avait été interpellé par un jeune homme à Prague, demandant pourquoi la Russie devrait se priver d’agir en toute impunité, alors que les Etats-Unis avaient envahi l’Iraq sous de faux prétextes. Pas que la Russie sous Poutine avait besoin d’excuses pour ses actes criminels, mais il n’empêche que le non-respect des règles du droit international par les Etats-Unis en 2002 et 2003 avait “mis la table” pour son non-respect par tous. Si le pays qui se prétendait leader des démocraties dans le monde ne respectait pas les règles, sauf quand elles l’arrangeaient, pourquoi les dictateurs auraient-ils accepté qu’on leur fasse la leçon au noms de ces “valeurs” aussi vides de sens qu’un “jeton” de crypto-monnaie après une tempête de spéculations laissant les moins nantis tout nus, et les plus riches naviguant sur des mers de “thunes” ?
Le président Donald Trump a refusé de se rendre à la commémoration du 11 septembre 2001 à New York aujourd’hui, parce qu’on ne l’autorisait pas à y prononcer un discours, et parce qu’il aurait dû se partager l’estrade avec des prédécesseurs dans la fonction présidentielle. S’il y avait encore besoin d’incidents pour résumer ce qu’il a fait de la “grandeur” des Etats-Unis d’Amérique (dont nombreux sont les pays à connaître la face grimaçante…).
Le texte de Timothy Snyder : ici. (Ou en traduction française sur la page facebook Maria Damcheva).
Ici, dans mon petit bled : bus vers la ville avoisinante pour un rendez-vous médical, retour en après-midi pour la poursuite de la mise en forme d’une présentation de L’Horloger des Brumes à une nouvelle maison d’édition.
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For Americans, there can only be one September 11: “9/11” when terrorists took control of commercial planes carrying passengers and used them to ram into the Twin Towers in New York and into the Pentagon; at the cost of their lives, the passengers and crew aboard another flight managing to thwart the attempt of a fourth plane to strike Washington.
For Chilians, there was a September 11, way before that: the one in 1973 when Augusto Pinochet, aided by the CIA, perpetrated his coup against the government of Salvador Allende, unleashing years of violent repression against the people — disappearances, kidnappings, torture, assassinations going on for years and years of darkness.
For Israelis, since 2023, there can only be one October 7th, no need to specify the year, everyone understands immediately that it’s the one when Hamas unleashed its pogrom on Israel, with the horrific consequences that are still ongoing.
I bet a search through the ephemerides would result in a calendar of horrors in which not a single day would be free of the stain of ignominy.
Yesterday, after Camille’s visit and our discussion concerning L’Horloger des Brumes, I translated historian Timothy Snyder’s post. He was writing from an underground bunker in Kharkiv, Ukraine, after the night’s third air raid alarm of incoming drones and missiles fired by Russia against the inhabitants of that town, as well as of others, undoubtedly.
He wrote a timely reminder about the way in which the American response to the terroriste attacks of September 11 2001 had “set the table” for everything that has followed, not only in the Middle East with the disastrous strike against Iraq, but for the ascendancy of liars, everyone in turn playing the game set by the terrorists, meant to lead the victim into behaving in turn as a terrorist. With the results we are living through now.
Snyder recalls how, following the invasion of Ukrainian Crimea by Russia in 2014, a young man had called out to him in Prague, demanding why Russia should deprive itself from behaving in all impunity, when the United States had invaded Iraq under false pretences. Not that Russia under Putin needed any excuses for its criminal actions, but still, the non-respect of the rules of international law by the United States in 2002 and 2003 had indeed “set the table” for their non-respect by all. If the country that claimed to be the leader of the democracies across the world did not follow the rules, except when they suited it, why would dictators have accepted to be scolded in the name of those “values” as empty of meaning as a cryptocurrency “coin” after a storm of speculations leaving the poorer ones naked and the richer ones sailing on seas of “cash”?
President Donald Trump has refused to attend the commemoration of 9/11 in New York because he was not permitted to make a speech there, and because he would have had to share the stage with predecessors in the presidential function. If there was still need of an incident summarizing what he’s done of the United States of America’s “greatness” (of which many are the countries to know its grimacing face…)
Timothy Snyder’s text : here. (Or in French translation on the Maria Damcheva facebook page).
Over here in my little town: a bus ride to the neighoring town for a medical appointment, returning in the afternoon to continue the preparation of a presentation of L’Horloger des Brumes to a new publishing venture. .