29 août 2026

(Foule se massant à l’extérieur du marché boursier de Londres après la suspension de l’étalon-or, le 21 septembre 1931)

Il s’agit d’un rêve où je suis en train de réfuter le commentaire de quelqu’un dont je m’éveille soudainement en me demandant si je suis en train de rêver lorsque je m’éveille — une sorte de variante du poète japonais rêvant d’un papillon, et se demandant s’il ne serait pas plutôt le papillon rêvant qu’il est le poète japonais (mais, dans ce cas-ci, il serait plus juste de se demander si je suis le moustique tentant de m’abreuver du sang de l’humaine ou l’humaine essayant désespérément de chasser le foutu moustique hors du monde du vivant.

(Et ho, le coq de l’autre côté de la rivière, tu as chanté plus de trois fois maintenant, ça suffit.)

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Hier, étant donnée mon ignorance crasse en matière de finances, j’ai sauté sur l’occasion d’en apprendre un peu au sujet des bons du Trésor dont il était question dans l’actualité et dans un podcast sur The New York Times (Trump and the Bond Market). Le sentiment d’irréalité éprouvé au réveil, ce matin ? Le même que celui que j’ai ressenti lorsque j’ai compris que la dette d’un Etat est un produit. Non seulement est-elle commercialisable, elle est une denrée fort recherchée lorsqu’il s’agit de celle d’un Etat comme les Etats-Unis d’Amérique dont, franchement, on n’a pas de raison de craindre l’effondrement comme, je ne sais pas, moi, le régime des tsars en Russie produisant ces tonnes de papiers ne valant même plus le prix du papier sur lesquels ces “bons” étaient imprimés. La dette, avec garantie de paiement d’un pourcentage quelconque, est très appréciée des banques qui vendent, échangent, encaissent des bons du Trésor, chose qu’il me serait radicalement impossible de copier si jamais je me retrouvais à découvert sur mon compte bancaire. Mon découvert = défaut de paiement. Le découvert pharamineux dans le budget des Etats-Unis, lui, rapporte aux environs de 4,12% de la valeur du bon en question ces jours-ci (du moins, c’était le cas hier.)

Comme l’invité d’Ezra Klein à cette émission mentionnait les titres de trois livres suffisamment “grand public” pour intéresser les ignares de mon espèce, j’ai noté que l’un d’eux, The Prize par Daniel Yergin, avait fait l’objet d’une série disponible sur YouTube. Ni une, ni deux, j’ai regardé les deux premiers épisodes, puis les deux derniers, pour en apprendre davantage sur l’Or Noir alimentant fortunes et catastrophes mondiales. Le livre (et la série) faisant l’objet de critiques utilisant deux des deux mots préférés dans le vocabulaire américain : “exciting” (excitant) et “entertaining” (divertissant). Je me suis endormie sur le regard d’un dirigeant de la pétrolière Shell nous assurant que l’entreprise comptait bien perdurer encore un long moment. L’argent, vous savez, à tirer même de l’incendie de champs pétroliers entiers, comme ceux que Saddam Hussein a incendié au Kowait. L’argent, valeur-fétiche par excellence.

Dans The Deluge de Adam Tooze, j’en suis à la dernière section qui s’intitule The Search for a New Order (La Recherche pour un Nouvel Ordre). De toute évidence, la recherche se poursuit encore dans la mauvaise direction, comme dans l’histoire du mec qui recherche sa clé sous le lampadaire, non pas parce que c’est là qu’il l’a perdue, mais parce que c’est le seul endroit éclairé dans le voisinage.

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La gamine dans le récit ? Toujours à crapahuter dans l’éboulis où elle est née et a survécu par un miracle quelconque, miracle peut-être disponible seulement dans le monde de la fiction.

Samedi, 29 août 2026.

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It’s a dream in which I’m attempting to refute someone’s comment out of which I emerge suddenly, wondering if I’m dreaming when I wake up — a kind of variation on the Japanese poet dreaming of a butterfly and wondering if he isn’t rather the butterfly dreaming it’s the Japanese poet (but, in this case, it would be more pertinent to ask if I’m the mosquito attempting to draw blood from the human or the human desperately trying to swat the damned mosquito out of the realm of the living.

(And hey, cock you, you’ve crowed more than three times now, that’s enough.)

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Yesterday, given my total ignorance in financial matters, I seized on the opportunity to learn a bit about Treasury bonds there’s so much talk about in the news, in New York Times podcast (Trump and the Bond Market). The feeling of unreality I experienced when I woke up, this morning ? The same as the one I felt when I understood that a country’s debt is a product. Not only can it be commercialized, it is a very sought-after product when it happens to be that of a State such as the United States of America of one, frankly, one has no reason to fear the collapse such as, oh I don’t know, the tsars’ regime in Russia which produced tons of paper not even worth the cost of the paper on which the “bonds” were printed. Debt, with the guarantee of a given percentage, is much appreciated by banks who buy, exchange, cash in on Treasury bonds, something that would prove radically impossible to copy if ever my bank account went into overdraft. My overdraft = default in payment. The stupendous overdraft in the United-States’s budget, however, is worth something like 4,12% of the value of the bond these days (at least, such was the case yesterday).

As Ezra Klein’s guest on the show mentioned the titles of three books suitable for ignorant members of the public such as myself, I noted that one of them, The Prize by Daniel Yergin had been made into a series available on YouTube. Say no more, I watched the first two episodes , then the last two, in order to learn a bit more about the Black Gold feeding fortunes and catastrophes world-wide. The book (and the series) receiving critiques using two of the favorite words in the American English vocabulary: “exciting” and “entertaining”. I fell asleep on the look in the eye of some official of the Shell Petroleum Company promising that the firm was planning to be around for a good long while. Money, you know, to be raked in, even from the burning of entire oil fields, such as the ones Saddam Hussein set on fire in Kuwait. Money, the fetishist value par excellence.

In Adam Tooze’s The Deluge, I’m now at the final section titled The Search for a New Order. Clearly, the search is still ongoing in the wrong direction, like in that tale about the guy searching for his key under the street lamp, not because that’s where he lost it, but because that’s the only place in the neighborhood with lighting.

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The kid in the tale ? Still scrambling through the rockfall where she was born and managed to survive by some miracle maybe only given in fiction.

Saturday August 29 2026.

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