
J’ouvre les yeux : il est 8h30…environ deux heures plus tard que d’habitude. Apparemment, j’étais très occupée au pays du rêve où un artiste m’avait apporté une pile de reproductions de ses oeuvres dont je devais faire des jeux pour expédition par courrier, il ne précisait pas combien d’oeuvres je devais inclure dans chaque jeu — 3 ? 7 ? C’était sans importance, disait-il, ce qui ne simplifiait pas la tâche dans le tri et les assemblages.
J’ai passé la majeure partie de la journée hier à lire Crashed au travers des tortures imposées aux habitants de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne dans les crises économiques provoquées par les faillites et les sauvetages des banques. Appris comment ces sauvetages se firent grâce à la création des “bad banks” (qu’on nomme “structure de défaisance” en français) qui ont pour tâche de nettoyer les actifs financiers des banques de tous leurs bons du trésor pourris et de leurs prêts pourris aussi, pour en faire la responsabilité des gouvernements selon le principe “privatiser les bénéfices, socialiser les pertes” dont nous vivons les conséquences avec chaque coupure des “services sociaux” trop dispendieux qu’il faut éliminer pour ne pas risquer une décote auprès des agences établissant les “risques” du gouvernement en question sur les marchés boursiers. Ou comme le “décrétait” un certain Peter Thiel en 2014: “Le capitalisme et la compétition sont des antagonistes. Le capitalisme repose sur le principe de l’accumulation du capital, mais sous une concurrence parfaite, tous les profits se perdent à la compétition. La leçon pour les entrepreneurs est claire …la concurrence, c’est pour les perdants.” Et la liberté (d’accumuler pour soi-même) et la démocratie, bien sûr, ne peuvent pas se concilier.
Ce qui n’est pas faux, en réalité. Mais alors, la solution ? Le socialisme ? Mais il est aussi fondé sur la notion que le capitalisme constitue le moteur de l’économie et veut simplement obtenir une part plus importante du gâteau pour les petits. Mais les gros sont tout à fait opposés à cela, et c’est eux qui on la main sur les leviers.
Comme on est à même de le constater avec chaque coup de matraque, chaque main de gamin arrachée et chaque oeil de gamine éborgnée.
Hier soir, l’administratrice du cirque m’a envoyé copie du mail adressé par le maire de notre commune à toutes les associations, les conviant à la mairie pour témoigner de leur solidarité avec les commerçants ayant subi des saccages par les casseurs, et leur soutien au gouvernement. Des mutilés ? pas un mot. Des motifs des manifestants pacifiques nassés et tabassés ? Pas un mot non plus. Une de nos connaissances a mis une perruque rose fluo et un costume dans les mêmes teintes et s’est rendue à la rencontre. Il y avait une soixantaine de personnes, d’après elle, toutes bien remontées et répétant comme des perroquets le message du gouvernement. Elle exprima son désaccord avec la violence venue masquée les revendications fondées des profs et des élèves. Il va sans dire qu’elle fut le baudet de l’assemblée, elle s’y attendait, mais elle tenait à semer un peu d ‘inconfort dans le poulailler. Pas besoin d’y être pour imaginer les visages et entendre les commentaires.
C’est un monde bien bordélique, et qui le devient de plus en plus. Et il est toujours frappant d’observer à quel moment dans le processus l’indignation s’empare de celui-ci ou de celui-là et au diable les raisons sous-jacentes à tout cela !
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I open my eyes: it’s 8:30…about two hours later than usual. Apparently, I was very busy in dreamland where an artist had brought me a pile of reproductions of his works I was to put into sets for postal mailing, he didn’t specifiy how many works in each set — 3 ? 7 ? — whi h didn’t make the sorting any simpler for the assembling.
I spent most of the day yesterday reading Crashed through the tortures imposed on the people of Greece, Ireland, Spain. Read about how the banks were saved thanks to the creation of “bad banks” who cleaned out their balance sheets of all those crazy junk bonds and subprime debt which they dumped on the governments according to the principle that said “privatize the benefits, socialize the losses”, of which we are now experiencing the consequences with each cut in “social servics” too expensive and that must be dropped so as not to risk a drop in their standing with the rating agencies.We are now living some of the fall-out from that basic antagonism between government by and for the people and the basic tenet by which the current set of capitalists operate.
Or as one Peter Thiel “decreed” in 2014 : “Capitalism and and competition are opposites. Capitalism is premised on the accumulation of capital, but under perfect competition, all profits get competed awayThe lesson for entrepreneurs is clear…competition is for losers.” And freedom (to accumulate for yourself) and democracy, of course, simply can’t go together.
Which isn’t false, in a way. But then, what’s the solution ? Socialism ? It’s also based on the premise that capitalism is the motor to the economy, and simply wants a bigger share of the pie for the little people. But the big people are very much opposed to that and they are the ones with their hands on the levers.
Last night, the circus administrator sent me a copy of the email sent by our town’s mayor to all the associations, inviting them to City Hall to express their solidariiy with the shop owners whose shops were destroyed by hooligans (in other towns, all was quiet here), and support for the government. Of the mutilated ? Not a word. Of the reasons for the kettling and beating of peaceful demonstrators? Not a word either. One of our acquaintances donnent à fluorescent pink whig and an outfit in the same colors and went to the meeting. There were some sixty people there, she says, all of them fired up and parroting the government’s message. She expressed her disapproal for the violence that hid the well-grounded demands of the profs and the students. It goes without saying that she was the donkey at the assembly, she had expected it but had wanted to sow a bit of discomfort in the chicken coop. No need to be there in order to imagine the faces and to hear the comments.
It’s a messy, messy world, and getting messier. And it’s always striking to observe at one point in the process this one or that one feels outraged and to hell with the underlying motives to it all!