
Il y a des rêves qui sont comme la remontée d’une écharde qu’on croyait dissoute tant elle s’était enfoncée profondément dans les chairs. Et pourtant, la voilà, entière, et se révèle alors la raison pour laquelle certains gestes sont impardonnables, quand bien même on aurait la possibilité du pardon. On ne peut pas pardonner le mal fait à quelqu’un d’autre.
Nul besoin de noter ce rêve ici, je l’ai déjà fait en long et en large dans l’un de mes cahiers personnels.
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En France, le 11 novembre est journée de commémoration de l’armistice signée en 1918, clôturant la 1ere guerre mondiale. Les ‘plumitifs’ des diverses personnalités auront produit leur meilleure collection de poncifs pour l’occasion. Personnellement, je crois que les discours les plus utiles feraient le point sur la guerre se déroulant présentement en Europe, mais il ne faut pas trop y compter. Sur une photo prise depuis les airs et publiée par quelqu’un sur facebook, on voit toujours la cicatrice profonde dans les champs des tranchées creusées entre 1914 et 1918. Pendant combien de temps les Ukrainiens devront-ils débarrasser leurs terres des diverses mines et missiles non explosés, je ne sais pas. Leurs routes, champs et forêts en sont truffés. Leur mémoire le sera aussi pour longtemps.
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Relu hier soir les quatre chapitres consacrés à l’automne dans le Marcovaldo d’Italo Calvino*. Celui sur le jardin des chats obstinés demeure mon préféré. (Ma copie de poche sur papier jaunissant et friable de la collection 10 18 date de 1979. Des autres livres achetés ce jour-là dans un vide-grenier, je n’ai plus les quatre contes congolais, copie prêtée à un jeune Guinéen qui ne l’a jamais rendue. J’espère qu’il en fait bon usage.)
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Ecriture sur cahiers ou sur écran, aujourd’hui. Demain, une amie m’invite à l’accompagner à une séance de signature de son dernier-né, dans une librairie de la région. Elle insiste encore et encore pour que je soumette mes propres textes à l’édition, mais le temps qui serait consacré de cette façon serait du temps volé à l’écriture actuelle où se trouve ma priorité, ces jours-ci.
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Some dreams are like the re-emergence of a splinter you thought had dissolved, so deeply embedded was it in the flesh. And yet, there it is, whole, and the reason then becomes apparent why some actions are unforgivable, even if the possibility existed for their forgiveness. You can’t forgive the evil done to someone else.
No need to note this dream here, I’ve already done so at length in one of my personal notebooks.
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In France, November 11 is a day of commemoration for the armistice signed in 1918, putting an end to the First World War. The “pens” of the various personalities will have produced their best collection of clichés for the occasion. Personally, I consider the most useful speeches would be updates on the war currently taking place in Europe, but I don’t really count on it. On a photo taken from the air and published by someone on facebook, you can still see the deep scar in the fields of the trenches dug between 1914 and 1918. For how long will Ukrainians have to rid their lands of the various mines and unexploded missiles, I don’t know. Their roads, fields and forest are riddled with them. They memories will remain so for a long time.
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Last night, I read through the four chapters devoted to autumn in Italo Calvino’s Marcovaldo. The one about the garden of obstinate cats remains my favorite. (My copy on yellowing and fragile paper in the French pocket book edition of 10 18 dates from 1979. Of the books I bought that day at a garage sale, I no longer own the four tales from the Congo. I lent my copy to a young man from Guinea who never brought it back. I hope he’s made good use of it.)
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Writing will take place on screen on in notebooks today. Tomorrow, a friend has invited me to accompany her to the book signing of her latest in one of the bookstores in the region. She keeps on insisting that I send my short stories to a publishing house, but the time spent on such a venture would be time stolen from current writing which is my priority these days.