
Hier, durant une pause de révision (mot à mot, ligne par ligne, corriger, éliminer longueurs, redites…), j’ai lu ce qui suit au sujet d’un roman (qui est peut-être excellent, j’en sais rien), la question n’est pas là:
« Je ne me sens pas très bien » tremble XY confrontée à cette brutale apparition.» Nous, si: on veut rester à YZ vivre longtemps parmi les monstres, les manigances et les fables mystérieuses de cet imposant (et très addictif) roman-feuilleton, tandis qu’en arrière-plan le monde réel poursuit sa course si tristement banale. » (sic)
Vous avez lu? « Sa course si tristement banale. » Mais… à part des guerres, des pandémies, des canicules hors-saison, des inondations, des glaciers qui s’effondrent, la disparition des espèces et les incendies incontrôlables, qu’est-ce qu’il te faut de plus, mon coco? Réponse : apparemment, un monstre inexistant fera très bien l’affaire. À quatre ans, cinq ans, peut-être, mais à l’âge dit ‘adulte’?
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“La vie intime de mes collaborateurs, c’est du management » – paroles mémorables d’un avocat parisien réputé, dont les talents ‘managériaux’ étaient suffisamment connues pour faire partie d’une blagounette sur vidéo par les connaisseurs. Il est présentement mis en examen (avec présomption d’innocence jusqu’à preuve du contraire) et la barreau a suspendu son droit de pratique.
Ah oui, on en aura connu d’autres, de « managers » du même type. Un ancien patron, notamment, aux appétits de “management” englobant le personnel au complet, hommes et femmes (sauf pour le comptable dont le physique lui déplaisait.) Est-ce par dépit, par indignation, ou en raison de sa dévotion à la tâche, le comptable fut celui qui découvrit l’utilisation par la patron d’une carte de crédit professionnelle pour des séances de détente en après-midi chez des péripatéticiennes acceptant les paiements par carte et travaillant sous un nom commercial neutre, genre BSP1540. On n’arrête pas le progrès.)
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Le clou dans le monde du au-delà du minable hier: le spectacle du premier ministre Boris Johnson devant le comité de son parti sur l’intégrité politique. Les 32 de ces ministres qui on démissionné durant son audition étaient pas mal non plus au chapitre du minable, découvrant soudainement la voix de leur honneur claironnant qu’il leur fallait quitter le navire avant qu’il ne coule complètement. Mais pour en revenir à Boris: lui, démissionner ? Alors que le peuple compte sur lui et qu’il est de son devoir d’ignorer les attaques infâmes dont il est la victime?????
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JAMAIS !!!!!!!!
(femme et enfants doivent avoir intérêt à se faire petit, quand un homme comme celui-là rentre à la maison.)
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Pour ce qui est des décisions pourries, le Parlement européen a promu l’énergie nucléaire au rang “d’énergie verte de transition” à être subventionnée dans tous les cas où le fournisseur promettait de se débarrasser des déchets radioactifs. (Balancées dans l’espace, peut-être? Pourquoi se contenter de souiller notre propre nid?)
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Les glaciers s’effondrent. Pendant ce temps, en lisant au sujet de la répression des opinions contraires en Russie, me reviennent en mémoire des passages des souvenirs de Nadejda Mandelstam, notamment celui où, à deux doigts d’être arrêtée, elle est sauvée par des ouvriers de l’usine textile de la petite ville de Strounino qui se cotisèrent pour la mettre à bord du premier train. “C’est ainsi que j’échappai à la catastrophe, grâce à des gens qui n’avaient pas encore appris à être indifférents.“*
Grâce toujours agissante chez certains et certaines, ici comme là-bas.
*Nadejda Mandelstam, Contre tout espoir, souvenirs, traduit du russe par Maya Minoustchine, tel gallimard 1972
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During a break from revision yesterday (word by word, line by line, correcting mistakes, deleting repetitions, useless material…)I read the following about a novel (that may be excellent, how should I know), that’s not the point:
« I don’t feel so good”, quakes XY confronted by this brutal apparition. But we do: we want to stay in YZ to live a long time among the monsters, the scheming and the mysterious fables of this imposing (and very addictive) long novel, while in the background, the real world carries on its so sadly humdrum progression.” (sic)
Did you read that? «Its so sadly humdrum progression”. Uh…except for wars, pandemics, out-of-season heatwaves, floods, collapsing glaciers, species dies-offs and uncontrollable fires, what more do you need, little buddy? Answer: a non-existent monster will turn the trick, apparently. When you’re four or five years old, maybe, but when you reach what is called ‘adulthood’?
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“My collaborators’ intimate life is a part of management” – these memorable words being those of an influential Parisian lawyer whose managerial propensities were apparently sufficiently well-known to be part of a video skit among the cognoscenti . He’s facing charges of sexual harassment ( presumed innocent until proven otherwise) and has been suspended from the Bar for the time being.
Ah yes, we’ve known other “managers” of this type. Including a former boss whose “management” appetites included the entire staff, men and women both (except for the accountant whose appearance he disliked.) Was it out of spite, indignation or devotion to the job, the accountant was the one who discovered the use by the boss of a professional card for relaxing afternoon sessions with peripateticians accepting payment with credit cards, and working under a nondescript commercial logo, something like BSP1540. (There’s no stopping progress.)
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The top number in yesterday’s world of beyond the pathetic: the spectacle of Prime Minister Boris Johnson before his Party’s committee on integrity in politics. The 32 ministers who resigned during his audition weren’t too shabby either, hearing as they did the clarion call from their honor advising them to leave the boat before it sunk completely. But getting back to Boris: resign? him? When the good people are counting on him and his duty beckons him to ignore the vile attacks to which he is subjected????
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NEVER !!!!!!!!
(It’s a long way to Tipperary, lads ! “We few, we happy few, we band of brothers...”)
(Woman and children are best to lay low when such a man comes home…)
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And as for rotten decisions, the European Parliament has promoted nuclear energy to the rank of “transitioning green energy” to be subsidized in all cases where the provider promises to get rid of the radioactive waste products. (Shot off into space, maybe? Why be content with soiling our own nest?)
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Glaciers are collapsing. At the same time, as I read about the repression of contrarian opinions in Russia, I’m reminded of moments in Nadezhda Mandelstam’s memoir, notably the one when, under threat of imminent arrest, she was saved by the textile factory workers in the small town of Strunino who paid to get her aboard the first train. “ In this way I escaped a new disaster thanks to these people who had still not learned to be indifferent.” *
A blessing still active for some, both here and over there.
*Nadezhda Mandelstam, Hope Against Hope a Memoir, translated by Max Hayward, Penguin Books 1975