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Oui, oui, je poursuis mes exercices d’hygiène mentale en traduisant les élucubrations de la blatte archy et de sa copine, l’ineffable chatte de gouttière mehitabel (“toujours gaie, mon petit, toujours gaie“).

Mais, au vu du doublé électoral aujourd’hui (Grande-Bretagne et Algérie), il me faut bien dire tout le mal que je pense de l’état du processus dit de “démocratie représentative” et de son rituel essentiel : celui qui consiste à voter tous les cinq ou six ans pour ceux-celles qui vont se charger de faire ce que leur demandent les lobbys des puissants. En tant que  principe, il  ressemble à la génuflexion que doivent faire les fidèles devant l’urne, la statue ou la sainte relique représentant le dieu local.

Une fois le rituel accompli, s’il-vous-plait, rentrez chez vous et laissez le clergé des élus gérer les choses sérieuses avec l’aide des lobbyistes qui ont planché sur leurs agendas législatifs.

Aux Etats-Unis, c’est encore mieux: le candidat à la présidence a beau perdre le vote populaire, s’il remporte celui de la poignée des “grands électeurs”, le tour est joué. En Turquie, c’est pas mal non plus: si l’élu déplait au président, ma foi, qu’on le démette (et en prison, c’est encore plus sûr.) Je ne ferai pas le tour des pratiques folkloriques concernant ce grand moment de la démocratie. Au royaume des baudruches, il semblerait que les plus grosses soient encore les plus efficaces.

Non pas que la plupart des électeurs y croient vraiment. C’est plutôt le contraire. Comme dit cet homme en Algérie: “Les gens se demandent qui leur donnera 30 000 dinars de salaire (150 euros) une fois qu’ils auront perdu leur emploi pour ne pas avoir voté…” 

Il y a même des pays où le vote est obligatoire. Tu as le choix entre le boeuf ou l’âne de la crèche?  Choisis quand même, sinon… C’est le cas en Australie, en Belgique, en Bolivie, au Brésil, en Grèce, en Italie, au Luxembourg, au Pays-Bas, en Suisse.

Il y a donc la démocratie représentative, qui représentent ceux qui se font élire, et la démocratie électorale obligatoire. Dans les deux cas, on vote qu’on aime ou non les choix présentés. C’est pas merveilleux ?

(Oui, oui mehitabel, j’arrive, j’arrive. “toujours gaie, toujours gaie”, je sais.)

Illustration: de temps en temps, je m’amuse à faire des collages. Celui-ci reprend des éléments du photographe Gilbert Garcin dans son livre de photos intitulé Tout peut arriver, et une lessive anonyme par un photographe dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom.

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Yes, yes, I’m maintaining my mental hygiene exercises by translating the ramblings of archy the cockroach and his buddy, the one and only mehitabel the alley cat (“toujours gay, my friend, toujours gay“).

But considering the electoral double whammy today (Great Britain and Algeria), I can’t help but say all the bad things on my brain considering the state of the process called “representative democracy” and its essential ritual: the one that consist in voting every five or six years for those who will be responsible for executing the orders of the most powerful lobbies. As a principle, it resembles the genuflection the faithful must perform before the urn, the statue or the holy relic representing the local god.

Once the ritual is accomplished, please, go home and let the clergy of elected ones manage the serious business with the help of the lobbyists who devised the legislative agenda.

Things are even better in the United States of America: a candidate may lose the popular vote, but if he wins the vote of the handful of Great Electors, he’s home free. In Turkey, the process isn’t bad either: if the elected one does not suit the President, well heck, he’s barred from the post (and in jail, as an extra precaution). I won’t cover all the folkloric practices around this great moment of democracy. In the kingdom of hot air balloons, the biggest are the most efficient.

Not that most electors truly believe in it. Rather the opposite. As this man in Algeria says: “People wonder who will give them the 30 000 dinar salary (150 euros) once they’ll have lost their job because they didn’t vote…”   

There are even countries where voting is mandatory. You must choose between the bull and the ass in the Christmas nativity scene? Choose anyway, or else…This is the case in Australia, in Belgium, in Bolivia, in Brazil, in Greece, in Italy, in Luxemburg, in The Netherlands, in Switzerland.

So we have the democracy representing those who got elected, and mandatory democracy. In either case, you must vote whether you like the choices or not. Ain’t life wonderful?

(Yes, yes, mehitabel, I’m coming, I’m coming, “toujours gay, toujours gay“, I know.)

Illustration: sometimes, I amuse myself doing collage. This one uses elements from photographer Gilbert Garcin and his book of photos titled Tout peut arriver (Anything can happen) and an anonymous layout of laundry by a photographer whose name I unfortunately omitted noting.

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