C’est ce que j’ai fait, évidemment, puisqu’aucune des structures d’accueil pour femmes ne peut les héberger sans que l’appel passe par le 115.
Au 115, où une jeune femme attentionnée et attentive était d’accord avec moi que la situation de cette mère et de ses deux petites filles relevait de l’urgence absolue. Elle m’a demandé de lui accorder une vingtaine de minutes pour tenter de trouver un hébergement.
Pas d’hébergement possible, lui a-t-on répondu “vu la situation administrative de cette personne.”
Oui, après une foultitude d’autres appels téléphoniques, des amis se sont offerts à les héberger sans vérifier l’état de la paperasse les concernant. Oui, nous allons nous employer à rassurer et la mère et les enfants et leur fournir les besoins essentiels pour le corps et l’âme.
M’enfin, comme disait l’autre, une femme et ses deux enfants, en attente de régularisation de leur situation sur le territoire, doivent accepter d’être tabassées ou choisir la rue? Les particuliers doivent se substituer à l’État pour respecter et l’esprit et la lettre de ses lois dont s’enorgueillissent tous les frontons de la République ?
Fort, quand même. Pourquoi je n’arrive pas à m’y habituer, pourquoi chaque coup tordu du genre me fait le même effet? Allez savoir. (Je m’étonne surtout qu’il y en ait tant pour s’en accommoder, et même s’en féliciter).