12 avril 2026

Le rêve contenait tellement de références à divers moments d’un passé personnel. Le “thème”, pour ainsi dire, en étant la fabrication de boîtes en carton et où trouver l’argent pour ce faire, le tout se passait dans le logement d’une personne qui combinait des aspects de différentes personnes, amies d’enfance ou d’autres époques marquantes dans ma vie que je n’ai pas l’intention de détailler ici.

Les cartons, eux, étant clairement en rapport avec le projet de présentation des récits de L’Horloger des Brumes. Quelqu’un — dans ce curieux mode de “communication”, on ne connait jamais l’identité du “quelqu’un”, à moins qu’il ou elle ne laisse un commentaire — a consulté la chronique du 20 septembre 2024 que j’avais illustrée avec le “lièvre pensant” dont j’aurais volontiers fait l’acquisition s’il n’avait pas déjà été réservé par quelqu’un d’autre. En le recopiant, ce sont les mots “...and miles to go before I sleep” qui me viennent à l’esprit.

L’illustration du jour, elle, étant tout en lien avec L’Horloger des Brumes et le “personnage” du cucube-penseur dont l’intérieur semble “vide”, alors d’où provient la pensée ? Hier soir, j’ai eu envie de lire en anglais (en mettant de côté le livre d’Alessandro Pignocchi et Philippe Descola (j’y reviendrai). Dans la bibliothèque, c’est le livre de Peter Brook qui a retenu mon attention, en raison de son titre, The Empty Space,* puis, de l’image sur la couverture.

Comme tous les livres que j’aime, il est truffé de phrases que j’ai soulignées. Dont celle où il décrit différents moments dans les répétitions en vue d’une représentation. Oui, il faut des moments de discussion, d’improvisation, de recherches dans l’histoire et les documents, un temps pour les copinages, pour les excès — hurler, se rouler par terre — mais aussi un temps pour la discipline, le silence et la concentration intense.

Je pars en clinique cet après-midi où je serai sans doute pendant. une semaine. Une fois dissous les effets anesthésiants, temps de me concentrer, loin des réseaux sociaux.

Pour ce qui est du livre Ethnographies des mondes à venir **: le rappel, essentiel, urgent, que la conception du monde dans laquelle baigne l’Occident, de l’être humain transcendant pour qui “la nature” — minéraux, plantes, animaux, autres humains — existent pour son bénéfice et son enrichissement personnel — n’est pas une vérité “de nature”, justement, mais bel et bien une vue de l’esprit avec ses conséquences. Incluant aussi nos conceptions, non seulement des autres éléments vivants et non-vivants parmi lesquels nous évoluons, mais aussi, sans doute, ce que nous voulons dire lorsque nous parlons du “vide”.

Voilà. Bon, finalement, je vois qu’il me faut rajouter le livre de Peter Brook à ma “bibliothèque ambulante” m’accompagnant en clinique. Les lièvres pensant ou les esquisses de lièvres médiévaux, chevauchant des lévriers, souris au poing, devront attendre mon retour. Exceptionnellement ce matin, j’ai laissé le chat explorer dans ma chambre (où je garde des choses fragiles, tel que des plantes qu’elle pourrait détruire); finalement, elle s’est calée dans mon dos, sur le fauteuil. Elle sera sous bonne garde avec mon voisin, je le sais, mais, me dit-il, bien qu’elle le connaisse bien et passe régulièrement du temps dans son jardin, elle n’accepte pas ses caresses, me dit-il.

Allez.

*Peter Brook, The Empty Space, a Touchstone Book published by Simon & Schuster, 1968

**Philippe Descola et Alessandro Pignocchi, Ethnographies des mondes à venir, éditions du Seuil, 2022

*

The dream contained so many references to various moments in my personal past. The “theme”, so to speak, being the making of the cardboard boxes and where to find money for them, all this occurring in the apartment of someone combining aspects of various people, friends from childhood or from other significant times in my life I don’t intend to bring up in detail here.

The boxes clearly being related to the project of the presentation for the tales in L’Horloger des Brumes. Someone — in this odd mode of “communication”, one never knows the identity of the “someone” unless he or she leaves a comment — consulted a column from September 20th 2024 that I had illustrated with the “thinking hare” I would have gladly acquired had it not already been reserved by someone else. In copying it, the words”…and miles to go before I sleep” come to mind. ,

Today’s illustration is linked to L’Horloger des Brumes and the “character” of the thinking cube known as cucube whose interior appears to be “empty” so where is the “thinking” occurring ? Last night, I felt like reading in English (setting aside Alessandro Pignocchi and Philippe Descola’s book (I’ll get back to it). In the library, Peter Brook’s book caught my attention because of its title The Empty Space,* folled by the illustration on the cover.

As with all the books I love, it is filled with underlined sentences. Including the one where he describes the various moments during the rehearsals for a play. Yes, there is need of times for discussion, improvisation, historical research in documents, times for chumminess, times for excess – howling, rolling on the floor — but also times for discipline, for silence and intense concentration.

I’ll be leaving for the clinic this afternoon, where I’ll probably be staying for a week. Once dissolved the effects of anaesthetics, a time to concentrate, far from social media.

As for the book Ethnographies des mondes à venir (Ethnographies of Worlds to Come): the essential, urgent, reminder that the concept of the world infusing the Western world, that of the transcendental human being for whom “nature” — minerals, plants, animals, other humans — exist solely for his benefit and personal enrichment — is precisely not a “natural” truth. but a view of the mind with its consequences. Including also our concepts, not only about other living and non-living elements in which we evolve, but also no doubt, what we mean when we speak of “emptiness”.

Voilà. Well, I guess I’ll have to add Peter Brook’s book to my “travelling library” coming with me to the clinic. Thinking hares or drawings of medieval onrd riding greyhounds with a mouse on their fist will have to wait for my return. Exceptionally this morning, I let the cat into my room (where I keep fragile things such as plants she might destroy); in the end, she settled in my back on the chair. She will be under good care from my neighbour, I know, but although she knows him well and spends long periods in his garden, he tells me she doesn’t let him pet her.

Onward

*Peter Brook, The Empty Space, a Touchstone book published by Simon & Schuster, 1968

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