8 avril 2026

(Esquisse de Sergueï Eisenstein pour une mise en scène du Roi Famine de Léonid Andreïev, Petrograd 1921 *)

C’est immonde. Inacceptable. Et pourtant, tout le monde accepte de voir la réalité transformée en spectacle pour série télé par une bande de dangereux voyous malades mentaux. “90 minutes avant l’expiration de l’ultimatum…“” et bla et bla jusqu’à ce que ça pète pour de bon dans une crise de nerf généralisée. Le président des Etats-Unis menace l’Iran de génocide et les commentateurs américains de se demander si ça n’est pas “qu’une stratégie”. Ben voyons, je te menace d’effacer les moyens de subsistance de quelques 96 millions de personnes et d’en tuer un maximum au passage, ah ça, c’est l’art de la négo en menaçant de génocide, n’est-ce pas ? Qu’ils se satisfassent de chouiner parce qu’ils ont élu un fou furieux, le reste de la planète doit faire avec ??? “Tuer les tous, Dieu reconnaîtra les siens”, comme disait Simon de Montfort à Bézier.

Et ces imbécile en ont seulement pour le marché boursier : ah, il s’effondre ! Non, il remonte en flèche ! Ah mon Dieu ! (Et ils sont combien, président compris, à avoir jouer leurs jetons au casino boursier frauduleux, dans les minutes précédant les “90 minutes avant l’expiration de…”)”Faites vos jeux, rien de va plus…” qu’est-ce qu’on s’amuse !

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Dans le rêve, une nouvelle se composait autour d’un groupe d’amis réunis dans une station de skis, l’histoire s’organisait autour d’une série de tableaux peints par l’une des personnes, des abstractions réalisées après un contact avec chacune des personnes dans le groupe, dont un de formes imprécises dans un champ de gris, comme ce qu’on peut percevoir dans une tempête de neige, un autre dans des teintes de bleu, comme une variation sur un tableau de Paul Klee (son inspirateur s’appelant Paul, d’ailleurs.)

Je m’éveille sur le souvenir d’Antony, le gamin déscolarisé; comme son oncle, il savait écrire son nom et cela lui suffisait.

3h44. Dormir encore un peu, quand même ?

Non, je suis trop dégoûtée pour dormir. J’ouvre au hasard, je lis une dinguerie de 1933 par Daniil Harms : “Cette fleur-ci, ça ferait joli…” avant l’arrivée du tonton qui fout un bordel intégral. Un visionnaire, ce Harms.**

Puis je pense à la femme de JD Vance. Difficile de savoir si elle profite de la croisière en jouant à la bonne petite épouse, ou si elle est la Lady Macbeth de son imbécile de mari prenant la pose à côté d’Orban qui ressemble de plus en plus à un crapaud constipé (il y en a que la méchanceté dessèche, lui c’est le contraire.) Et pendant que JD joue à l’homme d’état, son patron le met de côté dans les négociations concernant l’Iran. Vous avez du travail devant vous, Madame Vance.

Et nous, alors.

*Illustrations tirées de Léonid Andreïv, Le Roi Famine, traduction et présentation d’André Markowicé, illustrations d’Evguéni Lanceray et Sergueï Eisenstein, Editions Mesures 2023

** Daniil Harms, Poèmes et Proses, traduction, préface et notes d’André Markowicz, Editions Mesures 2020

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It’s disgusting. Unacceptable. And yet, everyone is accepting seeing reality transformed by a bunch of dangerous mentally ill goons into a show for a tv series. “90 minutes before the end of the ultimatum...” and yakity yak, until it will all blow up in a generalized hissy fit. The President of the United States threatens Iran of genocide and American commentators wonder if this isn’t “just a strategy”. That’s right, I threaten to obliterate the means of subsistance of some 96 million people while killing a maximum of them in passing, hey wow, the art of the deal through threats of genocide, right ? That they be satisfied with kvetching over the fact they elected a madman, the rest of the planet just has to live with that ??? “Kill them all, God will recognize his own,” as Simon de Montfort said in Bézier. And those fools are only interested by their dumb stock market : oh, it’s collapsing! No, it’s shooting up! Oh my God! And how many of them, President included, played their chips at the rigged stock market casino, prior to the “90 minutes before the expiry of…”Place your bets, nothing goes”, such fun we’re having!

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In the dream, a short story was taking shape around a group of friends gathered in a ski resort, the story revolved around a series of works painted by one of them, abstractions done after a contact with each of the people in the group, one of them was vague forms in a field a grey, such as one can make out in a snowstorm, another all in shades of blue, like a variation on a work by Paul Klee (the inspiration for which was called Paul, as a matter of fact.)

I wake up on the memory of Antony, the de-scolarized kid; like his uncle, he knew how to write his name and that was good enough for him.

3:44 am. A bit more sleep, maybe ?

No, I’m simply too disgusted to sleep. I open at random and read a piece of zaniness written in 1933 by Daniil Harms; “This flower would be pretty here...” before the uncle arrives who throws everything into a total mess. That Harms was a visionary.

Vance’s wife. Hard to tell if she’s enjoying the ride by playing at good little wifey or if she’s the idiot’s Lady Macbeth, while he stands looking like the proudest of fools next to Orban who’s looking more and more like a constipated bullfrog (some are dried up by evil, on him, it’s acting in the opposite direction.) While Vance plays at statesman, his boss leaves him hanging high and dry on the Iran negotiations. You’ve got your work cut out for you, Madame Vance.

As do we.

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